‹ Histoire d'Espagne, 5Chapitre 166 sur 282 · CHAPITRE VINGT-CINQUIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE VINGT-CINQUIÈME

la seconde , Constance , dont il ent une fille appelée Urraca, qui fat femme du comte Raymond, et de laquelle celui-ci eut une fille nommée Sancha et un fils du nom d'Àlfouse qui fut dans la suite empereur (c'est-à-dire décoré de ce titre en Espagne); la troisième, Berta, originaire de la Toscane; la quatrième , Elisabeth , de laquelle il eut Sancha , qui fut femme du comte Roderich, et Elvire, qu'il donna à Boger, roi de Sicile. Ce Roger était frère de Robert Guiscard et fils de Tancrède de Hauteville , qui, Tenu de la Normandie, occupa la Sicile , l'Apuiie , la Calabre et Capoue ; la cinquième, Béatrix, Tenue du pays des Gaulois; il eut aussi une autre femme, appelée d'abord Ceida et ensuite Marie; et de plus, deux nobles concubines, dont une appelée Ximena Mufioz, de laquelle il eut Elvire, qui fut femme de Raymond, comte de Toulouse, et qui de ce comte eut Alfonse Jourdain , ainsi appelé de ce qu'il fut baptisé dans le fleure Jourdain, sa mère ayant suivi son mari en Syrie au temps qu'une grande armée y passa des Gaules; ce Raymond, comte, général, et toujours en avant arec l'évoque du Puy son ami, était parmi les chrétiens qui prirent Jérusalem, Tripoli et Antioche, à la Toix du pape Urbain, qui, le premier, prêchant de sa personne dans les Gaules et en Italie, engagea les pèlerins allant au secours de la Terre-Sainte a prendre la croix sur l'épaule droite * ; il eut de la même Scemena Munionis une autre fille qui fut appelée Tharasia , qu'il donna au comte Henri de Besançon, frère congermain du comte Raymond de Bourgogne, père de l'empereur (Alfonse vn), et de laquelle ce même Henri eut Alfonse, qui fut depuis roi de Portugal ». Et maintenant, dit Roderich, revenons au commencement

1 Raymond de Toulouse te faisait grand honneur do cette alliance: dans une donation faite à l'égtfee du Puy, il mentionne son fils et sa femme :-Hanc igitur donationem donanl,ot laudant B. fiiius meus, et nxormea Aldephonsl régis fllia; verom et ego boe donum confirme, et slabilio aaclorilale Patris,)et Filii cl Splritus Saneti. Voy. Calel, Hist. des comtes de Tolose, p. 131.

2 Voir le texte de Roderich aux appendices de ce Tolume,

de Thistoire d' Alfonse. Il était, je laisse parier le digne archevêque, d'un noble et grand courage, d'une vertu hante, illustre et glorieux; la justice abonda sous son règne , et la servitude y prit fin; sous lui les malheureux trouvèrent des consolations, la foi s'accrut, la patrie s'agrandit, le peuple redevint audacieux, l'ennemi fut confondu, le glaive vainquit, l'Arabe fut contenu , l'Africain trembla ; les pleurs et les lamentations de l'Espagne cessèrent; sa dextre fut l'appui et la défense de la patrie; il protégea les pauvres et soutint les magnats. Son grand cœur, se sentant oppressé et à l'étroit dans les anciennes limites asturiennes, il choisit le travail pour compagnon inséparable de sa vie; il trouvait des délice* dans les fatigues et les hasards de la guerre, et considérait comme perdu le temps qu'il n'y employait pas. Roi agrandisseur, roi brillant comme l'or, le magnanime Alfonse s'assit dans sa force, cherchant son appui dans le Seigneur, et trouva grâce aux yeux de son créateur, dont il exalta le saint nom, multipliant les églises, restaurant les choses saintes, et restituant toutes choses au mieux '.Ainsi que nous l'avons dit, il était hé par un traité à £1 Mamoun et à son fils aîné; conformément à ce traité, il leur vint en aide à tous deux tant qu'il vécut. Et comme le roi de Gordoue (Usez l'émir de Séville maître de Gordoue) tenta vers ce temps d'envahir le royaume d El Mâmoun, le roi Alfonse, suivant ce qu'il s'était engagé à faire pour lui, marcha contre l'agresseur. En apprenant toutefois l'arrivée du roi chrétien, El Mamoun ne put se défendre de quelque crainte, et appréhenda qu'il ne vint pour son dommage. Mais Alfonse lui fit dire qu'il lui venait en aide, à cause du pacte que jadis ils avaient conclu entre eux. Snr quoi El Mamoun accourut au-devant de lui avec des actions de grâces, et tous deux, entrant sur les terres de Gordoue, y

l Pour tout ceci Toir, je le répète, le texte de Roderich, aux appendice* de ce wlume. Pre»que partout |e me borne à traduire.

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