CHAPITRE VTB6T- CINQUIEME
déjà la « petite Tille » prise en Tan 192 avant J.-C. par Marcus Fulvius. Le préteur, en effet, ne faisait balte et n'élevait son tribunal que là où les populations abondaient , afin de tailler plus aisément de la besogne aux bourreaux, et que les dieux fussent contens.
À l'arrivée des barbares au cinquième siècle tout fat désordre et désolation dans la Péninsule. Effrayés eux-mêmes de leur propre ouvrage , lorsqu'après l'avoir bouleversée et dévastée , pour y apporter quelque ordre autant qu'il était en eux , ils en tirèrent au sort les provinces, en 411 , la Carthaginoise et par conséquent Tolède échurent aux Àlains, qui la gardèrent jusqu'en 418, époque où les Goths la leur enlevèrent, après les avoir mis en déroute et disperses.
Depuis Wallia jusqu'à Leuwigild, les Goths n'eurent ni résidence ni capitale fixe en Espagne , s'arrêtant avec leur roi là où le besoin des temps le requérait. Athanagild le premier s'établit à Tolède, à demeure fixe, et y mourut; c'est, à propos de sa mort , la première mention qu'on trouve de Tolède dans 1 histoire des Goths f. Tous les rois goths, depuis Leuwigild , successeur d' Athanagild , jusqu'à Rodericb, y tinrent depuis leur cour, et y assemblèrent les conciles, les certes du temps. Elle ne dut être toutefois , à ce qu'il semble , tenue de fait, ou par déclaration expresse , pour capitale des états gothiques, y compris la Narbonnaise, que vers l'année 579, la onzième du règne de Leuwigild-, dans laquelle ayant solidement assis la domination gothique de l'un et de l'autre coté des Pyrénées , et marié son fils Herménégild avec la fille de Sigisbert, roi des Franks d'outre-Loire, il l'appela à régner avec lui, et lui céda la province de Clique, gardant pour soi la Carthaginoise, avec Tolède pour capitale. Le premier concile tenu à Tolède sous les Goths, le
i Decewii autem Atbanagildoa Toleti propria morte (laid. Hiapal., Eifl
Golfe.,?. 4M».
fut par ce roi, Tannée suivante (580), la douzième de son règne, et fut un concile arien. Les actes en ont été détruits depuis par un excès de zèle orthodoxe, au grand préjudice de l'histoire.
De ce moment la ville reçut le titre de royale (regia) : là étaient élus les rois; là ils étaient couronnés; là ils régnaient et étaient inhumés. Et c'est à bon droit qu'un écrivain ancien l'appelle « la mère et la gloire de l'empire gothique en Hespérie. »
L'accroissement matériel que reçut Tolède sous les rois goths fut considérable, à ce qu'il semble; mais les documens font faute pour le spécialiser. Wamba est le seul dont on nous dise formellement qu'il agrandit et embellit Tolède. Isidore de Beja dit qu'il la renouvela par des constructions admirables et élégantes x. La plupart, induits en erreur sans doute par une faute. d'impression (à ce que tout porte à croire) de Rodericus Toletanus, veulent que Wamba ait porté les limites de la ville et son mur d'environnement à la place même où il est aujourd'hui; mais il n'existe aucun témoignage valable qui autorise cette assertion. Quelques vestiges d'un ancien mur de clôture prouvent, il est vrai , que la ville a eu, dans un certain temps, un plus petit périmètre ; ces vestiges, qui subsistent encore de nos jours au dedans de l'enceinte actuelle, courent depuis l'Alcazar par les portes de la Sangre et del Hierro (sous les Arabes Bab-el-Dem et Bab-el-Hadid, la porte du Sang et la porte de Fer), jusqu'au pont Saint-Martin, en passant par Santo Domingo el Real. Mais c'est en vain qu'on soutient que c'était là le mur d'enveloppement de la ville immédiatement antérieur à Wamba. L'examen de la partie de ce mur qui a échappé aux outrages du temps entre la porte
l Miro et eleganli labore rénovât, bld. Pacens. Chr. — Roderich de Tolède dit, de son côté : Muro et exquiiito opère renoyaTit. Mail il faut lire, je) croit : miro et exquitito op*r§.