‹ Histoire d'Espagne, 5Chapitre 175 sur 282 · CHAPITRE VINGT-CINQUIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE VINGT-CINQUIEME

Cambtfon et la puerta Visagra , et qui porte des traces évidentes d'architecture romaine et gothique, mêlée à des constructions arabes, démontre suffisamment que c'est là une erreur, née, selon toute apparence, de la faute du copiste qui a substitué muro à mtro dans Roderich de Tolède . Les travaux d'embellissement exécutés sous Wamba furent tels cependant que le distique suivant fut gravé sur le marbre pour en perpétuer la mémoire :

EREXIT FACTORE DEO REX INCLVTVS VRBEM WABfBA SVjE CELEBREM PHOTENDENS GEMIS HONOREM.

Il n'est point dit là que Wamba étendit, mais qu'il érigea de nouveau la ville (erexit); ce qui ne saurait signifier qu'il fonda une ville là où il n'en existait pas; mais seulement qu'il la renouvela et l'embellit en tant d'endroits qu'on put dire, par hyperbole, comme il arrive, qu'il la reconstruisit à nouveau. Entre les parties qu'il restaura ou renouvela, il faut sans doute compter le mur d'environnement dont il reste encore une notable partie, comme nous venons de le dire, dans laquelle on remarque des vestiges de l'architecture à la mode à l'époque où régnait Wamba, mêlés à d'anciens fort beaux restes appartenant à deux architectures, l une antérieure et l'autre postérieure. Il fit aussi élever des statues à quelques saints, et plaça la ville sous leur protection ; c'est de quoi témoigne un second distique qu'il fit graver sur une plaque de marbre et sceller aux murailles :

VOS SANCTI DOMINI QUORVM HIC PR.«SE?ïTIA FVLGET HANC VRBEM ET PLEBEM SOLITO SERVATB FAVORE.

Ces saints étaient sans doute les patrons de la ville, ou les plus glorieux d'entre ses enfans canonisés, ceux à qui il avait fait ériger des statues, ou dont il avait restauré ou agrandi les temples ; mais dans tout cela n'apparaît pas le moindre indice v, 23

de l'élargissement, si l'on peot ainsi dire, de la couronne murale de Tolède , qu'on lui attibue à tort sur la faible autorité du passage altéré de Bodericus Toletanus dont nous avons précédemment parlé.

Renouvelée et embellie ainsi, Tolède continua d'être la capitale des rois goths jusqu'au dernier. Thàreq, vainqueur rapide, la trouvant en grande partie dépeuplée, et frappée de la terreur qu'avait partout répandue le bruit de la défaite des Éoths sur le Guadalète, la fit facilement capituler en 7 1 1 , et y planta la bannière blanche des khalifes omm yades de Damas. On sait ses fortunes diverses sous la domination musulmane et comment, au commencement du siècle qui nous occupe , les Bény Dzy el Noun s'y étaient faite rois indépendans. Sous le gouvernement du plus illustre d'entre eux, Yahyabeii Ismaël ben Abd cl Kahman bcn Ahmer ben Motharef ben Dzou el Noun , surnommé £1 Mamoun (le bien lamé), Tolède était devenue l'émule de Séville en toutes choses : des poètes, des savans, d'habiles architectes, de brillans écrivains en avaient fait le centre du luxe et des arts , et l'exagération orientale se plaisait à attribuer à £1 Màmoun des constructions dignes des génies. On disait, entre autres choses, qu'il avait fait élever sur le Tage un palais dont le toit était de cristal, et réfléchissait les mouvemens des poissons qui nageaient dans le fleuve.

C'est cette ville dont Alfonsc s'était promis de faire la conquête. Après trois années de dégâts continuels, il mit enfin le siège devant cette citadelle avancée de l'Islamisme. En arrivant devant la ville mosarabe, à la vue de ces murs où il avait reçu une hospitalité si généreuse, quelque émotion dut le pénétrer. Il dressa ses tentes et ses pavillons au nord de la ville, et l'investit dans toute la partie de ses murailles qui la couvre du côté du nord, de la porte Cambron à la puerta Yisagra. Il fit en même temps occuper te rive opposée du Tage, afin de lui fermer toutes les communications avec la cam-

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