‹ Histoire d'Espagne, 5Chapitre 177 sur 282 · CHAPITRE VINGT-CINQUIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE VINGT-CINQUIÈME

traité, fait quadruple en arabe et en latin, fat signé de la main d'Alfonse et des principaux officiers ecclésiastiques, civils et militaires, qui se trouvaient dans son camp ; et Àlfonse ben Ferdeland, dit la chronique musulmane, entra à Tolède lavant-dernier jour de la lune de moharrem 478 ( 25 mai 1085). L'émir Yahya et ses principaux officiers sortirent de la ville et s'en allèrent à Valence, emportant avec eux leurs plus précieux trésors. Ainsi fut perdue cette illustre cité, et finit le royaume de Tolède, au grand préjudice de l'islam. En cette fatale année 478 , ajoute notre auteur , mourut à Zaragoce l'émir Youssouf el Mouthémyn, l'illustre défenseur de l'islam ; il eut pour successeur son fils Ahmed Abou Djafar Ebn Houd, qui fut surnommé £1 Mostaïn Billah, doué d'une grande vertu et de beaucoup de politique1.

Alfonse demeura en personne à la garde de la ville, non sans s'exposer par là, suivant Roderich, à un grand péril. Il fit cette glorieuse conquête le jour de la fête de saint Urbain, pape et martyr, le 8 des calendes de juin (25 mai), dans la vingtième année de *on règne , en comptant de la mort de son père Ferdinand; et parce que, dit l'évêque historien, il y avait doute sur ses intentions , les fidèles remirent à plus tard l'élection d'un évêque.Le roi établit son séjour dans ses quartiers, hors de la ville ; c'est-à-dire qu'il demeura sous la tente, jusqu'à ce qu'il eût tout réglé et rassuré la population musulmane sur ses intentions , et pût se prévaloir de la faveur populaire: il alla alors habiter l'Alcaçar avec toute sa cour.n gouverna de là désormais , et Tolède devint la capitale de l'empire chrétien en Espagne, après avoir appartenu aux Arabes l'espace de trois cent soixante-quatorze aas accomplis, depuis les derniers mois de 71 1 ou les premiers de l'année suivante , que s'en empara le Berbère Thareq ben Zeyad el Sadfy, jusqu'au dimanche 25 mai, fête de la saint Ur-

i Coude, m* part., c 8.

bain, de l'année 1085, époque de la prise de la ville par Alfonse VI, au rapport unanime des documens historiques arabes et chrétiens *.

Suivant la plupart des historiens , la prise de Tolède fut suivie de celle d on grand nombre de villes importantes. « Le 8 des calendes de juin de l'ère 1 123, dit la chronique Lusitane,ie roi don Alfonse prit la vilk de Tolède, et ensuite Talavera, et tous les châteaux situes en Carpétanie, dans la province de Cartilage, et dépendant de la ville royale de Tolède, qui en est la métropole a. »— Quelques-uns rapportent les noms de trente-sept de ces villes ou châteaux. C'étaient , d'une part, Talavera, Santa-Olalla , Maqueda, Alfamin, Arganza , Madrid , Olmos , Canales , Casataiifa , Talainanca , Uzeda, Guadalajara, Fïta, fiibas, Caracoya , Mora, Alarcon, Al vende, Consuegra, Ucles, Masatrigo, Cuenca , Almodovar, Alahejos, Valera, et, de l'autre, Gauria, Lisbonne, Cintra, Santarem. Il peupla, d'après la même version, on dirait incontinent, toute l'Estramadoure et toute la CastiUe, et les villes dont les noms suivent, savoir : Salamanque, Avila, Cauca , Olmedo , Medina, Ségovie , Iscar et Guellar. Mais de ces villes , nous l'avons dit plus haut , plusieurs furent prises avant la reddition de Tolède , et quelques-unes ne le furent qu'après : de ce nombre sont certainement Lisbonne, Cintra et Santarem. L'erreur des historiens est venue, ce semble, de ce qu'ils ont pris trop à la lettre les vers suivans, où l'archevêque Roderich a consacré, dans un sens poétique et général , le souvenir des nobles conquêtes d* Alfonse 3 :

1 Voyez Conde, 1. c; — Casiri, t. h, p. ISS , 210, etc.; — Roder. Tolei., ibld., I. n, c. 25 ; — Lac. Tud., p. 100 ; etc.

2 Mra 1123 (1086) octavo calend. junii (28 mai) rcx Donnai Alionjas cepit civilalem Toletam, postca Talaviram, cunctaque Castetta qaœ sunt in Cerpelania proTincia Carthoçinls subjaecntia Refiai Urbl Toleti quai eat metropolis (Cbr. Lusit., p. 408).

* Pelaço d'Oriédo, parlant d'une manière générale de* conquêtes d' Alfonse, a pu donner lieu aussi i cette fausse interprétation. C'est loi qui nomme en gros

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