CHAPITRE VINGT-CINQUIÈME
Obsedît secura suum CasteUa Tolelum Castra sibi septena paraas, adilumque recludens. Rupibus alta licet, amploquc situ populosa, Circumdantc Tago, rerum virtute rcfcrta : Victu victa carens, invicto se dédit hosti. Hinc Medina Gœlim, Talavcra, Conimbria piaudaot, Abula, Secobia, Salruantica, Publica-Seplem , Cauria, Cauca, Colar, L>car, Medina Canales, Ulmus et Ulwetum, Magerit, Atcntia, Ripa, Osoma cum Fluvio-Lapidum , Vaieraïuca, Maura, Ascalona, Fita, Consocra, Maquc!atButracutti, Victori sine fine suo moduiantur ovantes. Ildefonsc tuis resonent super agira triumphi *.
Quoi qu'il en soit, ce n'en fut pas moins là un triomphe capital, et, suivant Alcocer, auteur d une histoire particulière de Tolède, c'est à tort que les Tolédans n'ont pas mis au rang des fêtes nationales et solennelles le jour qui rendit leur ville à la chrétienté. Du jour que les Arabes l'eurent perdue, ils perdirent en effet avec elle leur citadelle et leur principal point d'appui, et leur puissance déclina. Au contraire les chrétiens prirent avec elle cette attitude menaçante qui changea la face des affaires. Appuyés sur Tolède, ,ils prirent une puissante offensive, et purent peu-
les fille» dont nous tenons de rapporter les noms: — Vi obsedil cUHatcs Sarracenornm, dit-il, et ceplt cas, et CasteUa. SimilHer copit Tolelom, Talaverani, Saacla-Eulaliaro , Maquedam, Alfamin , Arganzam , Mageril , Olmos, Canales, Casalatifam , Talamancam, Czcdara , Guadalfajaram , Fitam, Ribas, Caraquey (seo Caracoyam), Moram , Alarcon , Alvende , Consocraro, Ccles , Masatrico , Conchain, ALniudovar, Alaclh, Yaleranicam, et alla parte Caurîam, Olisbonam, Syntriam, Sancia-lrem. Populavit eliaœ (rex Adcfonsus) tolaui Extrematuram (alii Strematurain), CasteUa (in Luc. Tud. et totam Castellam), et cmtates et TiUas, quarum nomina haec tant, id est, 6almantica, Abula, Coca, Arevalo, 01medo, Medina, Secobia, Iscar et Colar (Felag. 0?et. Chr., Dura. 11. Vid. etiara Lac. Tud., p. 100 et seq.). — Les historiens plus modernes ont simplement copié Pelage <TOriedo,mais au lien de : Simililer' cepit Toletum, etc., ils ont d'abord mentionné à part Tolède, puis ils ont ajouté : Pvst hœb cepit Talaeeram, etc., de là l'erreur.
l Rod. Tolet., de Reb. flisp., I. vi, c. 25.
plcr, assurer et conserver toute la terre qui s'étend depuis les villes d'Atienza et de Berlanga, et depuis les villes de Siguença et d'Osina, jusqu'aux villes de Coria, de Placencia, de Salamanca, de Ciudad-Rodrigo, d'Avila et de Ségovie; ils purent peupler et conserver toutes ces villes et toutes les terres intermédiaires ; ce qu'ils n'avaient pu faire jusque-là. Auparavant en effet si, comme nous l'avons vu, ces villes tombèrent parfois aux mains des rois chrétiens, elles ne purent y rester, et demeurèrent désertes ou ne tardèrent pas à retomber entre les mains des Arabes : dès que Tolède fut aux chrétiens, tout pour eux changea de face; elle ne fut pas seulement leur mère, pour parler comme Pedro d'Alcocer, mais encore leur citadelle, leur sauvegarde et leur bouclier1.
La chute de Tolède est généralement attribuée par les auteurs musulmans aux traités conclus par les négociations d'Ebn Omar. Il n'était pas possible, dit l'un d'eux, qae l'auteur de ces disgrâces jouît avec tranquillité du fruit de ses perfides négociations. Tous les alcaydes d'Espagne l'abhorraient et cherchaient sa perte. Ebn Raschik l'accusa d'avoir rempli les châteaux et les forteresses des frontières d' alcaydes de sa famille ou vendus à ses intérêts, et, qui pis est, aux intérêts des chrétiens; et, comme cette charge était fondée, Ebn Abéd changea tout-à-coup de sentimens à l'égard de son ancien favori, et donna l'ordre de l'arrèter.Mais Ebn Omar,avlrtide cette détermination par ses amis, s'enfuit de Murcie, passa à Valence, où il n'osa s'arrêter, et de là partit pour Tolède où était le roi de Galice Aladfouns ben Eerdeland. Le roi chrétien l'accueillit à merveille, et résolut de se servir encore de lui pour ses conquêtes; mais Ebn Raschik et d'autres alcaydes ses ennemis remplirent Alfonse de défiance pour ses services, si bien que ce roi lui dit un jour en sa langue: « 0 Ebn Omar,
tu ressembles au voleur qui, ayant fait un vol, le garde j usqu'à
i Pedro de Alcoeer, Hiit. de Toledo**