‹ Histoire d'Espagne, 5Chapitre 197 sur 282 · CHAPITRE VIïï GÎ-SIXIEMB · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIïï GÎ-SIXIEMB

partagèrent alors l'armée des Morabits, réunis à Sedjelmessah au nombre d'environ quatre-vingt mille. Une moitié passa dans le Maghreb à la suite de Yougsouf ben Taschfyn, tandis qu'Abou Bekr ben Omar passait avec l'autre moitié aux campagnes sablonneusesdu Sahar (djoulkadah 453— novembre ou décembre 1061). Youssouf, arrivé à la rivière de Molouya, passa la revue de ses troupes et en fit faire le dénombrement. Elles se composaient de plus de quarante mille Morabits. Il choisit quatre caïds entre les plus illustres, savoir : Mohammed ben Témim el Djédaly , Omar (ou Omràn) ben Souleïman el Massoufy, Madrek el Talkaty, et Syr ben Abou Bekr el Lamtouni, à chacun desquels il donna le commandement de cinq mille hommes de sa tribu. Il les envoya en avant pour aplanir toutes choses devant lui, et soumettre par les armes ce qu'il y avait encore de tribus non subjuguées dans le Maghreb, mais surtout les deux plus rebelles, dont étaient sortis les souverains actuels du pays,Maghrav?a et Bény-Yafroun. Il marcha derrière eux avec le reste des forces des Morabits, gagnant le pays, province à province, et recevant en son obéissance les villes et les tribus. Il se soumit ainsi en peu de temps tout le Maghreb el Aksah, et poursuivit sa marche victorieuse jusqu'à ce qu'il entra dans la ville d'Aghmat, dont Abou Bekr avait fait son centre d'opérations dans cette partie du Maghreb. C'était, suivant Ebn Saïd, une ville ancienne , et la plus considérable de la contrée. El Edris dit qu'elle est assise dans un lieu tout parfumé par l'odeur des herbes et des plantes qui couvrent le sol, et arrosée à droite et à gauche par des eaux vives ; qu'elle est entourée de vergers clos de murs, de jardins et d'arbres touffus; qu'elle est agréable à habiter ; que l'air y est sain, et qu'elle a une rivière peu considérable, entrant par le midi et sortant par le nord , qui la c oupe en deux parties. Souvent, dans l'hiver, la rivière gèle, au point que les enfans la traversent sur la glace. Ceci, dit-il, est un fait qu« nous avons observé plus d'une fois

nous-mêmes. Aghmat est surnommée comme beaucoup de villes arabes Ouraïkah '.Youssouf y établit d'abord le siège de son empire, jusqu'à ce qu'il eut tracé et bati Marrakesch ; et , après le temps prescrit, il y épousa Zeynab, séparée d'avec son cousin paternel Abou Bekr, fils d'Omar. Ce fut là le commencement de sa haute fortune. Zeynab s'unit à lui en Tan 45 i (IOG2),et ne cessa de le bien inspirer dans tout ce qu'il entreprit pendant ouze années qu'elle vécut avec lui ; elle prit part au gouvernement ; elle fut l ame de ses conseils -, et Ebu Abd el Halim va jusqu'à dire que ce fut elle qui gouverna le royaume de Youssouf , qui en administra les affaires et en étendit les limites jusqu'à ce qu'elle mourut en 464 (107*2) 2.

, De ce moment, Youssouf, resté seul maître dans le Maghreb, n'y marcha plus que de triomphes eu triomphes, et tandis qu'Abou Bekr rétablissait la paix et la tranquillité dans le Sahra et y faisait heureusement la guerre sainte aux Nègr» non musulmans, se rendant maître de leur pays jusqu'à l'étendue de trois mois de chemin, Youssouf ben Taschfyn s'emparait de la plus grande partie de la Mauritanie, et y fondait sa grandeur sur l'obéissance générale.

L'année même qu'il épousa Zeynab, suivant tous les auteurs arabes, il acheta la place où est maintenant la ville de Mar-

1 Ebn SaiJ el Moghreby, dans Aboul'fedah , description du Maghreb, an mol Aghmai.

2 Ebn Abd el Halim, c. 5tf. — On ne saurait asiet s'étonner de voir Con Je, qui , dans sa prérace, annonce qu'il tirera l'Histoire des Almoravides et des Almohades de l'Histoire de Fêi, laquelle n'est autre que le petit Karlaaeh d'Ebn Abd el Halim, Taire de Zeynab (c. 10) non la femme répudiée d'Abou Bekr, mais sa sœur; snr quoi M. Aschbach (qui poovait et devait consulter, ce semble, la traduction allemande d'Ebn Abd el Halim par M. de Dombay), de nous dire : — « Sa politique ne visait pas seulement à fonder sa puissance par des exploits guerriers. Il avait longtemps aimé ou du moins aspiré à épouser la belle Zainab, sœur d'Abou Bi kr. Mais la crainte d'essuyer un refus de l'orgueilleux cbef de sa famille lui avait fait dissimuler sa passion. Maintenant il dédaigna même de demander le consentement de ce chef; il épousa la princesse et poursuivit avec une nouvelle hardiesse ses projets ambitieux. » i>U «tl assurément fort éléf ant ; il n'y manque que d'être Tf*!,

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