‹ Histoire d'Espagne, 5Chapitre 199 sur 282 · CHAPITRE VIKGT-SIXIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIKGT-SIXIEME

que Youssouf fut éloigné de Fèz, et que ses armes se trouvèrent occupées à d'autres conquêtes , les fils de Moansir, fils dHammad, s'en approchèrent, s'y introduisirent par surprise, et Témim, l'ainé d'entre eux, s'y fit proclamer par la violence. En cette môme année entra dans l'obéissance des Morabits El Mahdy ben Youssouf El Keznany,saheb de la province de Meknèsah ; Youssouf ben Taschfyn le confirma dans son gouvernement, et lui ordonna de marcher à son avantgarde (al mokadéma) contre les tribus du Maghreb encore ennemies, suivant son système de placer là les nouveaux convertis, derrière lesquels il marchait lui-même avec ses fidèles Morabits de Lamtounah , comme pour les contenir et les forcer à bien combattre pour sa cause, jusqu'à ce que celle-ci fût devenue la leur. El Mahdy obéit, et vint de la \ille d'Awsidjah incorporer ses troupes à cellès qui formaient l'ai mokadéma de Youssouf. Témim ben Moansir el Maghrawy , que nous venons de voir se faire souverain dans Fêz, instruit de ce mouvement et craignant que ce renfort ne rendit les Morabits trop formidables , marcha aussitôt contre El Mahdy à la tête des plus braves Maghrawys et d'une partie des Zénètes; l'ayant rencontré dans un étroit chemin, ils en vinrent aux mains, et il y eut entre eux un combat terrible , dans lequel El Mahdy ben Youssouf fut tué et ses troupes dispersées. Témim ben Moansir envoya sa tète à Sakarah le Bargawate, saheb de Ceuta, et qui était son beaupère. En apprenant la mort de leur émir, les habitans des villes de Meknèsah se donnèrent à Youssouf et lui livrèrent leur pays. 11 envoya un de ses lieutenans prendre possession de la ville de Meknèsah , bâtie, comme son homonyme d'Espagne, dans la plus agréable exposition. Ebn Sain dit 1 que

I Dam Àboul'féda, descript. du Maghreb. — Ebn Said, fréquemment cité par Aboarféda,est connu dans la littérature arabe par un ouvrage d'histoire en quinae -volumes dont parle Uadji Khalfa.Voyez Sil v. de Sacy, Chrestomathie arabe, t. 1 p. 2lj etCasiri, t. ii,p. 10— Le nom entier d'Ebn Said était, suivant Hadji Khalfa,

Mekiiêsah forme deux villes situées sur une colline blanche et séparées par un espace équivalent à une course de cheval. Meknèsah est à une station de Féz. Quelques-uns distinguent les deux Meknèsah en Meknèsah el Otik (Meknèsah la vieille), et Meknèsah el Hadtsah (Meknèsah la neuve). Entre elles coule une rivière appelée Felfel , au sujet de laquelle un poète a dit :

« Regarde* fers Meknèsah aux oliviers, entre les marais et les moo-

» tagnes de Djoun; • Au milieu d'elles , semblable à une épee aigue , le Felfel roule ses

• eaux, tantôt calmes et tantôt agitées. »

Youssouf tourna ensuite ses armes contre Témim ben Moansir, maître de Fèz et de son territoire, et qui s'y intitulait émir des fidèles-, clétait au temps de la plus rude oppression exercée par les princes de la dynastie de Zeyri ; ils prenaient toutes choses aux peuples, et ne laissaient pas même aux fidèles, au dire d'un auteur arabe, la libre disposition d'un fellous1. Youssouf en ravagea le territoire, jusqu'à ce que Témim ben Moansir, estimant sa situation désespérée s'il ne teutait quelque coup de main hardi pour relever sa fortune, rassembla tout ce qu'il lui fut possible d'hommes en état de porter les armes des tribus de Maghrawa et des Bény Yafroun, et marcha à leur tète contre Tannée des Morabits; Témim ayant été mis en déroute et tué avec un nombre im-

qul place sa mort en l'an 675 de l'hégire (1275 de J.-C), Nonr-Eddin Abou et Hassan Aly el G ha mat y ban Saïd. Proprement donc le Dis de Saïd (Ebn Saïd) s'appelait Aly et était de Grenade. Il avait de plus les surnoms de père de Hassan (Abouel Hassan) el de lumière de la religion (Nour-Eddin).

i Le nom de celto potile monnaio de cuivre co usage dans les proTinccs barbaresqnei où on récrit felloos on folloos, par un fa avec un dhcanma, nn lam surmonté d'un tesehdyd, un »o« et un stn, parait une corruption de l'obole grecque ôCo>ôc, ou mien peut-être de cette espèce d'obole que les Grecs eux-mêmes appelaient folleii dans leurs siècles barbares : Il y a des oboles, dit Suidas, que l'on appelle des folUit : iCoxoi i*<ri» iç Mxoûn aèxAuc. Au singulier powuir,*;** •t quelquefois ç>ox*.

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