CHAPITRE VINGT-SIXIÈME
mense des siens, El Kasem ben Mohammed beo Abd el Rahman ben Ibrahim ben Moussa ben Abou Laf ya el Zénéty lui fut donné pour successeur à Fèz. £1 Kasem fut plus heureux d'abord que son prédécesseur; il appela à son tour les tribus zcnètes à le suivre contre les Morabits , marcha contre eux et les défit en plusieurs rencontres. Les choses se maintinrent ainsi à Fez, tandis que Youssouf soumettait les autres parties de la Mauritanie césarienne qui n'avaient pas encore reconnu sa souveraineté. Nous ne suivrons pas Youssouf dans toutes les conquêtes qu'il fit dans le Maghreb de 1061 à 1072; il nous suffira d'indiquer ici les principales , d'après notre
Il marcha en 456 (1063) contre les Bény Morassan, dont était prince pour lors Yaly ben Youssouf, qu'il vainquit et subjugua; il s'empara en 458 (1065) du pays de Fend-el- Ewah et de Warghat ; en 460 (1 067) il conquit tout le pays de Ghomérah avec les montagnes de Byf jusque vers Tanger; en 462 (1069) il se porta de nouveau sur Fèz, devant laquelle il s'établit avec toute son armée. Il l'assiégea cette fois avec toutes ses forces réunies, s'en empara d'assaut, et y fit tuer un si grand nombre d'hommes des tribus de Maghrawa, IJény- Yafrouu, Meknèsah et Zénétah, que les rues et les places étaient jonchées de cadavres. On poursuivit les malheureux vaincus jusque dans les mosquées des deux quartiers el-Karawyyn et el-Àndalousyyn.Plus de trois mille hommes tombèrent en cette occasion sous le fer des Morabits. Ce fut là la seconde prise de Fèz par Youssouf, à six ans environ de distance, le jeudi 2 de djoumadah-el-akher 462(18 mars 1 070 1 . Fèz fut considérablement embellie par Youssouf. Dès qu'il y
t Le traducteur portugais du petit Kartasch reprend ici Tort vivement, cl avec toute raison , Condo : — Veja-ae o quo dlz Condo no tom. h, p. 9.~, dit-il, p. 1K4, e combine -»e com o que flea aqui expendido. No lomo u,p. 04 do dito Coude ha tat confusAo na difirto desies goterno», que parère incrhrel fer obra de 15© garnie sabio.
fut entré il la fit fortifier sur un plan nouveau; il fit démolir la muraille qui traversait et divisait les deux quartiers des Andalous et des Karawyyns, afin de n'en former qu'une seule et même ville; il y fit bâtir des mosquées, élever des faubourgs; lorsque, dans une rue, il ne voyait pas de mosquée, il en réprimandait les habitans et les forçait à en construire. 11 construisit des bains, des hôpitaux, des écoles. Féz prit sous lui la physionomie qu'elle a conservée depuis. On sait que Féz forme, à proprement parler, deux villes séparées parle cours d'une rivière. Elle a quantité de sources d'eau courante, et les deux villes ensemble ont treize portes. Les eaux coulent dans les marchés, les maisons, les bains, de sorte que, suivant Aboul'féda, soit en occident, soit en orient, elle n'a pas sa pareille sous ce rapport. Fàs, ajoute cet auteur, est une ville moderne, bâtie par les Musulmans, et Ebn Saïd rapporte, d'après El Hcdjàzy, que lorsque ceux-ci commencèrent à creuser la terre pour en jeter les fondemens, ils trouvèrent un fer de hache (Fàs) dans le lieu où ils creusaient, de sorte qu'elle fut appelée du nom de cet instrument1. On dit qu'il y avait dès ce temps, sur les différons cours d'eau qui coulent à l'intérieur de la ville, environ six cents meules de moulins tournant continuellement. Dans le lieu le plus éminent s'élevait une forteresse qui existe encore, au milieu de laquelle passe une rivière ; il y avait aussi trois mosquées où l'on récitait la khothba, c'est-à-dire trois mosquées principales, de premier ordre, ou métropolitaines; car on sait que ce n'est que dans les mosquées de ce genre que se dit la khothba, ou prière pour le souverain, le jour de l'assemblée (djouma), qui est le vendredi. La khothba, le lecteur le sait, est moins une prière, à proprement parler, qu'une sorte de prône sacramen-
1 Suivant Léon l'Africain (p. 31 verso), Fez est ainai nommée parce que le premier jour que l'on jeta ses fondement, on trouva uoe certaine quantité d'or qui en arabe se dit Féz (non so cbo quantita di oro, eue neila lingua araba è detto Fèz). A quoi il ajoute : e qaosta, al giudizio mio,c la vera dérivation del nome.