‹ Histoire d'Espagne, 5Chapitre 2 sur 282 · CHAPITRE DIX -HUITIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIX -HUITIÈME

vre les traces de son père, résolut de faire comme lai chaque année deux incursions sur les terres des chrétiens. Dès la première campagne (en 1003), il obtint un succès que les Musulmans considèrent un peu à bon marché, ce semble, comme une revanche de Kalaat-al-Nossour; il défit les chrétiens, disent-ils , dans l'Espagne orientale, près de Lérida. Les Arabes sont les seuls à parler de ce succès, et l'on ne trouve rien là-dessus dans la chronique des comtes de Barcelone par le moine de Rippol. Dans le combat à la suite duquel, suivant ce récit, les chrétiens battus s'enfuirent dans leurs montagnes1, et qui ne saurait être révoqué en doute malgré le silence des chroniqueurs catalans, périt Ayoub ben Ahmer de Djésirah Schaltis (aujourd'hui Pesula Salteras), qui fut enterré dans la mosquée de cette ville. On se rappelle l'histoire d'Ayoob ben Ahmer : El Mansour l'avait fait incarcérer après l'expédition en Galice de l'année 385, sur des soupçons d'intelligence avec les Léonais; délivré par Abdel Melek, il avait voulu le suivre dans sa première expédition contre les chrétiens, et il s'y était fait tuer en combattant vaillamment, avec l'intrépidité ou plutôt l'abnégation chevaleresque d'un parfait dévot musulman, heureux délaver ainsi le soupçon sous le poids duquel il avait tristement vécu depuis son emprisonnement.

Abd el Melek revint à Cordoue, mais ne s'y reposa que peu de mois. Cette même année, dans l'automne, il rassembla plusieurs corps de cavalerie, et entra avec une grande armée sur les frontières de Galice. Les Arabes racontent qu'il vainquit les chrétiens près de Léon, se rendit maître de la ville et en rasa jusqu'au sol les murailles, que son père avait déjà détruites à moitié; mais on ne sait comment faire accorder cette relation avec ce que nous dit Boderich de Tolède de cette tentative d'Abd el Melek ». Il continua ses in-

i Abdo seqoeall (AraboD 3M), coin fuper Ugîooem exercilum coirçrega*-

corsions avec un grand succès,au rapport des Arabes, et il en revint toujours vainqueur et emmenant beaucoup de captifs et de troupeaux. En cette année % disent nos mémoires, apparut dans le ciel une étoile très vive,d'une grande dimension et fort éclatante. Pendant quatre années consécutives, El Modhaffer entra sur les terres de l'Espagne orientale et occidentale, détruisant pendant l'été les villes et les forteresses que les chrétiens réparaient pendant l'hiver. Une nouvelle comète, ou celle qui était apparue en 394, se remontra en 396. Une grande étoile, de celles qui suivent leur cours avec de grands tonnerres, disent les mêmes mémoires, apparut dans le ciel en cette année, et c'était une des douze remarquables qu'ont mentionnées les anciens : les savans l'observèrent avec beaucoup d'attention, et pensaient qu'un astre de cette espèce ne se montrait que lorsque le Dieu très haut, par une providence spéciale, a résolu de grands événemens dans le monde ; mais Dieu seul connaît ses secrets3.

En cette même année (1005), les vaisseaux d'une flotte musulmane, partie des ports d'Espagne, parvinrent jusqu'en Italie, firent une descente à Salerne, et mirent cette ville à contribution; mais, pendant que les Musulmans étaient sans précaution à attendre sur la plage qu'on leur portât l'argent convenu, ceux de la ville firent à 1 improviste une sortie contre eux ; les Musulmans parvinrent à se rembarquer, mais non sans avoir perdu leurs plus vaillans soldats dans la bagarre3.

Cependant , le hadjeb continuait en Espagne ses expéditions contre les chrétiens. Les Arabes racontent que, passant par Tolède en l'année 397, il visita le scheik Mohammed ben

•et i christiania turpiier effogalus, torpiter eit revenus (Roder. Tolet., Bist. Arabam, c. 32).

1 391 de l'hégire («la 30 oct. f 003 au 18 oct. 1001).

2 Conde, c. 103.

ï Ibid., I. c.

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