CHAPITRE DIX -HUITIÈME . 4J
maison Àbou Salémah el Zahydy, imam de la mosquée Ain Tarr, ainsi que le savant Ayoub Rousch Baoni : Saïd ben Mondhir, fils du cadhi de l'Aljama, fut écartelé et traîné par les rues; Mohammed ben Abi Schyar, Slave de la garde d'Hescham, périt aussi, mis en pièces dans sa maison. Abdallah ben Housseïn , -appelé El Gharbaly, savant architecte de Cordoue, qui y avait construit plusieurs édifices royaux et un grand nombre de monumens d'utilité publique, eut le même sort; les Berbers le massacrèrent dans cette horrible prise de Cordoue, le lundi 6 deschawal de l'année 403 (20 avril 101 3). El Bathalyosy raconte qu'il demeura trois jours sans sépulture, qu'enfin on le transporta à la Macbora de Omm Salémah, et qu'on l'enterra sans le laver, sans l'ensevelir, et sans prières, par suite de la confusion et de l'affliction du peuple, qui, dans ces trois jours de désolation, eut à souffrir des maux et des violences de toute espèce.
La nuit même de son entrée Souléiman s'empara de l'Alcaçar, aux portes duquel était tombé blessé le hadjeb Hhayran el Ahméry, qui y resta entouré d'autres braves et nobles cavaliers, et tenu pour mort. Hhayran revint à lui pendant l'obscurité de la nuit; les troupes, entièrement livrées au pillage, ne purent l'embarrasser ; il chercha la maison de quelque habitant qui pùt le recueillir, évitant les soldats qui couraient en troupes par la ville; il fut recueilli chez un pauvre et honnête habitant, et là, inconnu, il guérit de ses blessures. Souléiman, qui déjà portait le titre. d' El Mostaïn Billah, fat proclamé de nouveau sous celui d'El Dhafer bé Hhaoul Ellah (vainqueur par la puissance de Dieu). Les Slaves et autres loyaux serviteurs du khalife déchu supplièrent Souléiman de l'épargner. Ce qu'on fit de lui , on l'ignore, dit l'historien suivi par Conde, car il ne reparut plus jamais, ni mort ni vivant , et il ne laissa point de postérité autre que les calamités et les discordes civiles1. Les Berbers assassinèrent
i Conde, c. 106.— Le carnage dura trois jours, dit un autre historien, pendant
dans leurs maisons plusieurs nobles scheiks, entre antres le Slave Mohammed ben Zeyad qui avait été favori dn khalife; ils violèrent les harems des principaux habitans de Cordoue, ce qui les rendit plus odieux que toutes leurs cruautés. On cite encore, parmi ceux qui furent tués par les Berbers en cette occasion, Abou el Walid Abdallah" ben Mohammed bcn el Faradj de Cordoue, auteur d une histoire des hommes illustres par leur science qui ont fleuri en Espagne, d une Bibliothèque des poètes arabes de ce pays, et d'un Dictionnaire historique et critique des auteurs arabes avec leurs noms, prénoms, surnoms, etc., tout au long rapportés, et qui sert surtout à redresser ces noms tronqués et altérés chez les écrivains espagnols1.
Hescham ben El Hakem bcn Abd el Rahman el Nassr, dont l'histoire n'aura plus à s'occuper, n'était âgé, lors de la prise de Cordoue par Souleïman et de sa disparition, que d'un peu plus de quarante-sept ans. Inauguré khalife le 5 de safar 366 (3 oct. 976), sous la tutelle de sa mère Sohbeya, n'ayant pas encore atteint onze ans, son premier règne ne fut qu'une longue minorité de trente-trois ans et cinq mois , pendant laquelle la puissance souveraine fut réellement exercée à Cordoue par El Mansour et ses deux fils Abd el Melek et Abd el Rahman : son second règne, après sa délivrance par W adhah, fut, d'après notre chronologie restituée, d'un peu moins de onze mois, du 22 juin 1012 au 20 avril 1013, jour de sa disparition1.
lesquels disparut Hescham , sans qu'on ait jamais su depuis ce qu'il était devenu, soit qu'on l'ait mis à mort, soit qu'il ail péri en combattant.
1 VoyezCasiri, t. ai, p. 142.
2 Voy. ci-do t., p, 30 et 31, et p. 32, note i.