CHAPITRE DIX-NEUVIEME
Suite el fin du règne de Souleïman El M os ta m Billab. — Dissolution du khalifat de Gordoue soui les khalifes ou prétcndans au kbaUfal dont les noms suivent : — Aly El Molawakkcl Billab T — Abu el Karman El Morladby Billab (iv«"du nom), — Kasbm El Mamoun, — Yaiiya El Molaly,— Kasbm El Mamoun ponrla deuxième fois; — Abu bl Rahman El Mosladbir Billab (Tmrdu nom d'Abd el Rahman),— Mohammed el Moslakfy Billab ( Mohammed 111), — Yauva El Molaly, pour la deuxième fois , — Hbschasi El Moiadd Billab ( Uescham 111), dix-neuvième et dernier khalife de Cordoue.
De 1013 à 1031.
Après avoir apaisé les troubles de Cordoue, Souleïman congédia ses auxiliaires; ils confirmèrent leurs arrangement, et ils retournèrent dans leurs provinces. Souléimau destitua beaucoup d'Alahmérys de leurs charges et de leurs gouvernemens, pour les donner aux scheiks et généraux de ses kabilehs africaines. Il fit venir à Cordoue son père El Hakem, qui avait été wali de Ceuta du temps d'Hescham, et vivait retiré du monde, dans une solitude. Il donna le gouvernement de Séville à son propre frère Abdel Rahman, et celui d'Elbira au Berber El Mansour Abou Mozni Zawyy ben Zeïri ben Ménâd de Sanhadjah. 11 fit des largesses aux officiers de son parti, et accorda aux principaux des fiefs militaires à titre héréditaire. C'est ainsi qu'il donna au général Abou Djafar Ahmed ben Saïd la ville de Sainte-Marie d'Algarbe, port d'OLsonoba, sur la côte de l'Océan occidental. U donna aussi un certain nombre de villages aux scheiks des six kabilehs africaines dévouées à son service. Ces aliénations perpétuelles du gouvernement des cités et des revenus des provinces restreignaient singulièrement la souveraineté, et
donnèrent naissance à la division des forces musulmanes, et par suite à l'espèce de régime féodal qui surgit des ruines du khalifat de Gordoue, à l'agonie duquel nous assistons.
Le vainqueur, cependant, poursuivait partout les factions contraires à la sienne. Les chefs slaves et les Àlahméridcs fuyaient les pays où s'étendait son pouvoir. Ebn Bazyn quitta son petit empire d'El Sahlah, et alla se mettre en sûreté dans ses domaines de Sainte-Marie d'Orient, qui, de son nom, fut appelée, comme nous l'avons dit, Sainte-Marie de Aben Razyn (Albarracin). Baschid ben Ibrahim de Gordoue, homme instruit et puissant autrefois, l'un des meilleurs prédicateurs de la mosquée Laïth, se dirigea vers le nord pour fuir les Berbers, mais il fut assassiné en route. Le Slave Hhayran, guéri de ses blessures, sortit secrètement de Gordoue et se réfugia à Orihuela, chez ses partisans et amis; et, à l'aide des troupes et des richesses qu'ils lui fournirent, parvint à rentrer dans sa ville d' Almérie, dont le nouveau wali défendit l Alcaçar pendant vingt jours; les habitans le prirent, et jetèrent à la mer le malheureux général et ses enfans. Hhayran employa un peu plus d'un an à relever secrètement son parti dans r Espagne méridionale, et, en 405, se rendit par mer d Almérie à Geuta, dont était gouverneur Aly ben Hammoud l'édrisite. L'objet du voyage était de persuader à Aly de venir en Espagne, où, réuni à lui et à son frère Kasem ben Hammoud, wali d'Algésiras, et aidé des alcaydes des forteresses de la partie méridionale de l'Espagne, il lui serait facile de chasser de Gordoue Souleïman ben el Hakem, qui y régnait contre la volonté des Andalous. Il lui parla du malheureux khalife Hescham et des lettres qu'il avait écrites aux deux frères pour les appeler à son secours, et par lesquelles il les instituait ses héritiers. Hhayran avait appris tout cela dans les anciennes fonctions de sa charge; il était possesseur des lettres d' Hescham aux Bény Hammoud, et il leur parla de l'ancien khalife comme d'un infortuné détenu dans une étroite et