‹ Histoire d'Espagne, 5Chapitre 221 sur 282 · CHAPITRE VINGT-SIXIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE VINGT-SIXIEME

\i parla en vain: ces prudens discours ne furent point écoutés;

w on le traita de mauvais. Musulman, de confédéré d'Alfonse ;

ils l'excommunièrent comme ennemi de la loi, le maudirent a et le vouèrent à la mort.

a Telle était cette époque de fanatique grandeur. Entre deux

périls également grand», ils avaient choisi sans hésiter le plus

i grand peut-être , matériellement parlant, mais à coup sûr le

moindre selon leur foi. Ce n'avait pas été toutefois, ainsi que tous les documens historiques le témoignent, sans se bien ren-

dre compte du double péril de la situation; et il en est touché quelque chose jusque dans l'excellente histoire des choses mémorables qui se sont passées en Espagne, de RodericusToletanus, qui écrivait d'après des mémoires arabes maintenant perdus : — « Gomme les Andalous, dit- il, considéraient avec effroi leur puissance (la puissance des Almoravides), ils délibérèrent à l'envi sur ce qui valait le mieux , de garder les pourceaux des chrétiens ou les chameaux des Almoravides, et mus par le zèle de leur secte, ils préférèrent servir les Almoravides; dès-lors tous, tant ceux d'en deçà de la mer que ceux d'outre-mer, se mirent sous le commandement d'un seul roi1.» — L'assemblée nomma des ambassadeurs pour porter l'expression de ses vœux au roi de Marok ; et l'émir de Badajoz, Omar ben el Afthas, fut chargé en cette occasion d'écrire, au nom des émirs d'Espagne, au prince des Morabits, conformément aux décisions prises par la junte. Les émirs Ebn Abéd de Séville , Ebn Badys ben Habous de Grenade , Omar ebn el Afthas de Badajoz2, Ebn Dzy el Noun (Yahya ben el Mamoun el Dhafer el Kader bi Ellah), l'émir détrôné de Tolède , pour

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runt , quid easel gralius, aut Chrislianorum porcos, aut camelos Almora vidum

custodire, el iecta? su» zelo commoli servire Almoravidibus elegernnt. El ex tune ullra marini et clama ri ni tob uniu» régis regimine »er?ierunl (Rod. Tolet., de Reb. Hisp., 1. vi, c. 31).

* Propremenl ion nom dey rail s'écrire ; Ojnar ben Mohammed boa Abdallah Un El Allbas.

lors maître de Valence ; Mohammed bon Maan Moezz el Dawlah d'Almérie, le wali de Tadmir Abdallah hen Zéidoun et Ebn Taher , de la famille des Tahérides de Murcie , faisaient partie de l'assemblée ; il y eut jusqu'à treize émirs qui signèrent la lettre par laquelle ils priaient instamment Youssouf de les délivrer du puissant ennemi qui les opprimait.

Youssouf reçut l'ambassade des Andalous à Médina Fez. Après avoir lu et écouté les lettres et les discours des députés, il en fit part aux membres présens de son meschouar et à ceux de sa famille , et leur dit : « Que vous semble de ces demandes et de ces réclamations des Andalous ? » Ses compatriotes, nouveaux venus des déserts, qui entendaient pour la première fois nommer les chrétiens, lui dirent : « O émir des Musulmans , il nous semble qu'il est fort juste et très convenable que tout Musulman secoure son frère musulman qui croit en Dieu et en son prophète , et ce nous serait une chose honteuse et mal vue de Dieu, que de laisser un frère de notre loi, si peu éloigné qu'il n'y a entre nous et lui qu'un faible bras d'eau, seul et sans appui contre l'ennemi prêt à le dévorer d'une seule bouchée. Quoi qu'il en soit, fais, seigneur, ce qui te paraîtra le plus sage; car le pouvoir et le (commandement souverain appartiennent à Dieu et à toi. »

Youssouf consulta ensuite en particulier son kateb Abd el Rahmau ben Esbath, andalous d A hume, et le pria de lui dire son avis sur cette affaire. Le kateb lui répondit : « Seigneur, c'est à Dieu et à toi qu'il appartient de nous commander ; * il me semble donc à propos, non point de te donner conseil, mais de t'obéir comme il convient au plus humble de tes serviteurs.» — «Cependant, dit Youssouf , dis-moi ton avis et ce qu'il t'en semble, à toi. » — Le kateb répondit : «Il convient sans doute que tout Musulman secoure son frère musulman ; mais j'ai, moi, certaines raisons qui s'opposent à ce que tu fasses l'eldjihcd en Espagne. » — «Par ta vie, dit l'émir, quelles sont ces raisons? » — Et son kateb lui répondit ; a 0

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