CHAPITRE VÎISGT-StXliME
mouche, se ranima à cette nouvelle; il parcourutaussitot à cheval toutes ses troupes, et se réjouit de les voir en cet instant si bien disposées à combattre. Àlfonse fit donner le signal d'une attaque générale, et marcha, avec la division qu'il commandait en personne, contre l'émir des Musulmans ; il se rencontra d'abord avec l'avant-garde commandée par le caïd Dawd ben Aïscha ; les Morabits soutinrent le choc avec la plus grande fermeté. Mais le maudit les accabla encore par la multitude de ses soldats, et peu s'en fallut qu'il ne les défit entièrement/Au milieu des cris, des insultes et des menaces, les guerriers combattirent corps à corps, dans une mêlée confuse ; les épées brisées, les lances rompues couvrirent la terre de leurs débris. Le second corps de l'armée du maudit, commandé par Albar Hanesch et par Ebn Radrair, marcha contre l'armée d'El Motamed ben Abèd, qu'il enfonça1. La déroute des princes arabes andalousiens dura jusqu'à leur quartier, situé au bord de la rivière de Bathaliousch ; car aucun ne tint ferme, à l'exception d'El Motamed fils d'Abèd et de son escadron .Seul cet escadron soutint sans tourner le dos le choc des* chrétiens, tandis que les autres émirs d'Andalousie fuyaient en désordre vers Badajoz.
Y oussouf, averti de la déroute des troupes des princes ara-
I Je ne saurais dire au juste quel était cet Albar Iïancsch on Alber nanès dont il eal fait plusieurs fois mention dans le récit d'Bbn Abd el Ilalim. Moura, qni récrit Albarhanax, veut que ce soit Sancbo, roi de Navarre ; mais c'est une erreur qui no sonffro pas l'examen. J'ai cru on moment que ce pouvait être le comte Bérenger de Barcelone, dont le nom pouvait être facilement altéré par les Arabea en Alberanesch. Mais je crois plus Juste de penser que c'était seulement un général ou un comte illustre de la cour d'Alfonse, et probablement le même dont les Arabes noua ont parlé déjà sont le nom d'El Barban a propos de l'ambassade d'Alfonse à Séville. — Albar Uaunezpriaô Cnenca de Morosen el mes de julio eraaiCLi (1113), noua disent les Ann. Toled. leros (p. 387), et un peu plus loin : Los de Segovia, despnes de las octaves de Pascua mayor, mataron à Albar Bannei era mclii (1114). Qnent à Ebn BadmJr, c'était Sancbo, fils do fiamire, roi d'Aragon depuis 1067, et de Navarre depuis 1076, qui, mettant en oubli tout esprit de rivalité, avait joint tes forcée à cellei du roi de Cutllte pou? repooitcr lei Almorarides,
bes et de la fermeté d'El Motamed et de Dawd, Hls d'Aïscha, qui soutenaient seuls le combat sans lâcher pied, envoya son caïd Syr ben Abou Bekr à la tète des tribus arabes de Zénétah, de Mossamédah et de Ghoméra avec toutes les tribus de Berbers qui étaient dans son camp, au secours de Dawd, fils d'Aïscha et du fils d'Abèd, et il marcha luimôme à la tète des troupes de Lamtouna et des tribus morabites de Sanbadjab vers les quartiers et les tentes d'Alfonse, qu'il attaqua, pendant qu'Alfonse était occupé à combattre Dawd, fils d'Aïscha. Il y pénétra sans trouver beaucoup de résistance, renversant et tuant les soldats et les officiers qu'Alfonse y avait laissés pour les garder et les défendre, et y fit mettre le feu de toutes parts. Ceux qui échappèrent à ses coups s'enfuirent en déroute vers Al l'on se. qui vit arriver à lui de son camp ses cavaliers fugitifs, aux trousses desquels était Youssouf qui les poursuivait avec son arrière-garde, tambours battans et enseignes déployées.
Al ion se était au plus ardent de la bataille, et il avait déjà vaincu et mis en déroute ceux d'Ebn Aïscha, dont les troupes fuyaient en désordre devant lui , lorsque les fugitifs de son camp arrivèrent près de sa personne. Il apprit par eux l'incendie et le pillage de ses tentes et de ses richesses, le massacre des défenseurs du camp, et la captivité des femmes qui l'avaient suivi à cette guerre. Alfonse fit faire aussitôt volte-face à ses soldats, et se porta contre Youssouf, qui, de son côté, se mit en devoir d'abattre l'orgueil des chrétieus ; en sorte que le combat s'enflamma entre eux, et fut tel qu'on n'en avait vu encore de mémoire d'homme. L'émir des Musulmans, monté sur une cavale, courait entre les rangs des Musulmans, les excitant et les encourageant à combattre pour la religion et à tenir pied ferme dans la voie de Dieu , leur disant : « 0 compagnies de Musulmans , allons ! courage ! comportez- vous vaillamment dans ce combat et ce saint eldjihed ; Dieu a déjà diminué le nombre des