CHAPITRE VINGT- SEPTIEME
Suite du régne d'Alton» VI. — Ce que c'était que le Cid. — État de la langue, en Espagne au onzième siècle. — Événemens qui suivirent la bataille de Zallakn, — Démêlés des princes arabes aodalousiens. — Ils sont asservis tour à tour par les Almoravidea. — Dépossession d'Abdallah , de Grenade. — Ex.il d'Ebn Abcd et de sa famille à Aghmal. — Chute d'Omar el Motawakkel à Bëdajoz. — Mort de Sancho, roi d'Aragon, au siège d'Buesca. — Avènement de Pierre I", son fils. — Continuation du siège et prise d'Hoetca par les Aragonais. — Mort de Pierre. — Avènement de son frère Alfonse le B* tailleur. Prise de Valence par la Cld. — Sa mort. — Reconnaissance a Cordooe d'Aly ben Youssouf en qualité dn successeur de son pére Youssouf bon Tascbfyn. — Instructions qu'il reçoit de celui-ci relativement au gouvernement de l'Espagne et de l'Afrique. — Mort de Youssouf ben Tascbfyn à Marok. — Avènement de son fils Aly. — Expédition de Téraim ben Yonssonf en Espagne, par l'ordre de son frère l'émir-el-moslémyn Aly ben Youssouf. — Bataille d'Uclès. — Mort de l'infant Sancho , fils d' Alfonse de Csstille et de Zayda. — Pacte secret entre les comtes Raymond et Henri de Bourgogne contre l'événement de Sancho. — Mort d'Alfonse VI.
De la» a 1109.
Avant de poursuivre le récit des événemens du règne d'Alfonse VI, c'est ici, ce semble, le lieu de se demander ce que c'était que le Cid Gampeador Rodrigue de Bivar, dont l'histoire poétique a fait tant de bruit autour du grand nom historique d'Alfonse, fils de Ferdinand.
Le plus vieux monument de la poésie castillane est un récit en vers, suivant les traditions populaires, des aventures supposées de Rodrigue de Bivar. Ce poème, qui, suivant nous, a été écrit tout au plus tôt vers la fin du douzième siècle, cent ans environ après la mort du héros* contient l'ordre d'exil intimé au Gid par le roi Alfonse VI, le départ dn proscrit de Bivar, son passage par Burgos, ses expéditions, ses victoires, et enfin sa réconciliation avec le roi.— L'ouvrage est v. 3!
écrit avec une grande simplicité. Les vers ne «ont point aasujétis à un nombre déterminé de syllabes, et varient de dix a seize. La rime y est irrégulièrement observée. On y remarque parfois, durant une longue suite de vers, l'emploi du monorime, à la manière des Arabes.
Le poète peint de la manière suivante l'entrée du Cid, partant pour l'exil , à Burgos, et la douleur des Burgosiens en cette circonstance :
Mio Qd Ray Diaz por Burgos entraba.
En su compaûia lx pendones llebaba.
Exienlo ver mugi ères et varones,
Bungeses et Burgesas por las finiestras son puestas,
Llorando de los oyos tantp avien el dolor;
De las sus bocas todos dîcian una rason :
Dios que buen vassalo, si oviese buen seiior !
Convidar Le yen de grado, mas ninguno non osaba :
El rey D. Alfonso avie la grand1 saria.
Antes de la noche en Burgos dél entrd su carta,
Gon grand' recabdo e fuertemientre sellada :
Que a mio Cid Roy Diaz que nadi noP diessen possada;
E aquel que ge la dièse sopiese vera palabra
One perderie los avères e mas los oyos de la cara
E aun demas los euerpos e las aimas.
Grande duelo avien las ventes christianas :
Ascondense de mio Cid ca noK osan dedr nada.
C'est-à-dire :
« Mon Cid Ruy Diaz entra dans Burgos escorté de soixante bannières. Hommes et femmes étaient sortis pour le voir, et les fenêtres étaient remplies de Burgosiens et deBurgosiennes. Leur douleur était si grande, que les pleurs coulaient de leurs yeux, et qu'ils s'écriaient d'une commune voix : Dieu! la bon vassal , s'il avait un bon maître! Ils lui auraient vo-