CHAPITRE VINGT-SEPTIÈME
paraisse pas plus que le castillan dans les actes écrits. Il est donc plus que probable que, dès le temps même de Wiffred on Gniffred Pilosus, sixième comte de Barcelone, le peuple illettré du comté devait appeler ce seigneur, comme on le fait dans les manuscrits catalans du quatorzième siècle, Grifa Pelos. Ce n'est guère, sans doute, qu'à partir du dixième et du onzième siècles, qu'on trouve dans les chartes espagnoles des expressions où se découvre la première trace des dialectes catalan, portugais et castillan, telles que Cavallarios, Cavalcadas, Ingenialores, Parias, Castcllos , Forledas, Rocas, Puyos, Hcrmos, Burgos, Mercatos, Fevos, Placitos , Leudas, Censos, Mesnada, Betage , Pedage , Alberge, Hat «lia, Civada, Plata, Copa, Manso, Plumazos, Labratores , Solares populalos et per populare. — Volo rancorare et guerreiare. — De propter remedium de animas de nostros parentes. — Castellum dictum de Guarda-si- Yenen. — Faciant saber per tota terra. — Ego tenré et atienrè à te et no t'en foras farè. — Faciam ad benc et honore de Seniora. — Dabo tertia parte de opéra et de loger et de guarda. — Los métré in potestate de Guillclmo. — No H meta encombre ne ti fasa damnum. — Si ad Rengardis venia en talent que se sleguès. — Cedo omnes voces et detraticos. Mais il est probable que ces idiotismes et beaucoup d'autres semblables étaient d'un commun usage dans la langue parlée en Espagne, bien avant de passer de la langue parlée dans la langue écrite; et ce n'est pas en faire remonter trop haut l'emploi vulgaire, que de le placer, selon toutes les probabilités historiques, sous le règne du fils de Ferdinand.
Mais je reviens à mon Cid, et d'abord à ce titre arabe qui est devenu son nom, et qu'on a cru à tort lui avoir été donné d'une manière toute spéciale et comme par excellence. Dès le dixième siècle, c'était, au contraire, un titre latinisé et devenu commun, qu'on donnait aux principaux, aux seigneurs d'entre les chrétiens, et que nous trouvons accolé dans une
foule d'actes de ce siècle et des suivans, presque sous la forme purement arabe, aux noms d'un grand nombre d'entre les compagnons des rois de Léon, signataires de ces actes. C'est ainsi que la charte de Flora, Abbatissa1, est signée entre autres par Citi Arrianiz. Les Arabes ne désignent jamais d'ailleurs le Cid que sous la dénomination d'El Kambythour ou bien (avec un âha au lieu d'un 1ha) El Kambydhour, corruption de Campiductor.
Quant à l'existeuce même du Cid, de celui qui s'écrie dans le poème castillan : — Je suis le Cid Campeador de Vivar :
elle ne me parait pas, malgré tout, contestable, comme elle l'a paru à Masdeu. Emporté en effet par la colère que lui inspirent les mensonges débités sur le Cid par Mariana d'après la chronique d'Alfonsc-le-Sage , Masdeu va jusqu'à nier complètement le Cid dans les termes suivans, après avoir employé un volume entier (le vingtième de son Historia critica de Espafla) à convaincre de fausseté tout ce que l'on a jamais dit du héros castillan: « Il résulte (de tout ce qui précède, et c'est à la 370e page de sa réfutation que Masdeu dit cela), comme conséquence légitime, que nous n'avons du
i 11 est curieux de remarquer ici, eu passant, de quels noms cet acte eslsignc
(Espafia Sagrada, l. xxxv u).
Virtus Xpti. proteclus Nunus Dei Amor Arrianiz.
Soy cl Cid Campeador de Vivar !
Roderico Fredenandiz cf.
Fulgenlius presbiler ci.
Dorano Teosindo cf.
Doinno Juslo cf.
Tcodomirus Abba cf.
Pelagius Julianus cf.
Dorano Gralinno cf.
Gratia Eps. cf.
Orbita fraler ejus.
Coresci Arrianiz.
Gamil Arrianiz.
Juste Arrianiz.
Infante Arrianiz.
Maiori presbileri.
Orbita Maiorinu.
Xabe Julianiz.
Melliq Arrianiz.
Citi Arrianiz.
Ordonius presbiler.
Johannes Micbaellf.
Menendo presbiler.
Xabe presbiler.
Vercmudo VeUitiz. Joannez VelliUz.
Pelras - Pioluit.