‹ Histoire d'Espagne, 5Chapitre 246 sur 282 · CHAPITRE VIRGT-SEPTLÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIRGT-SEPTLÈME

Il avait pour mère une chrétienne du nom de Ramra. Youssouf fit rendre les derniers honneurs aux restes d'Abou Bekr, et se transporta ensuite à Marok, où il demeura jusqu'en l'année 480 (1087).

Avant de quitter l'Espagne, Youssouf avait donné le commandement des troupes almoravides à Schy r ben Abou Bekr, un de ses meilleurs caïds. L'armée africaine courut les frontières de la Galice , sous les ordres de ce général , reprenant les villes et les forteresses que les chrétiens avaient occupées. L'émir de Badajoz, Omar ben El Afthas, l'accompagnait avec un corps de fidèles à cheval, équipés et nourris à ses frais. L'émir de Séville Ebn Abêd, qui comprenait mieux que les autres ce qu'exigeaient les circonstances, voulut en profiter pour son avantage, et, à la tête d'un camp volant de cavalerie, il envahit en courant le pays de Tolède, et reprit une à une les villes et les forteresses qu'Alfonse avait eues par suite de leurs précédens traités. Il recouvra ainsi les forteresses d Uclès, de Huete, de Cuenca, de Consewra (Consuegra), et quelques autres 1 . 11 tourna ensuite vers le pays de Murcie. Près de Lorca vinrent à sa rencontre certaines compagnies de chevaliers chrétiens qui combattirent contre lui et le taillèrent en pièces : c'étaient les alcaydes de frontière qu'avait par là le tyran Alfonse. Ebn Abêd se réfugia à Lorca, où il fut bien reçu par le gouverneur Mohammed ben Léboun, fils dlssa, qui tenait pour lui cette ville et avait servi et combattu en brave à la bataille de Zallaka. Avec lui était son vaillant ami Hossein ben

1 Ces quatre villes faisaient partie de la dot de Zayda. — Hic auditis magnatibus Aldefoosi, licet son visum, vehemenli tamen desiderio adaroavil, adeo ut fidem Cbristi susciperet, et castra qu» sibi paler dederat, régi* Aldefonsi dorolnio uandparel. Castra au le m, que yiro dédit, sunt ista, Caracuei, Atarcuris, Consocra, Mora, Occania, Aurélia, Vclesium, Opta, Amaaaairigo et Coucha, et suscepit ex ea filium, qui Sancius vocabalur, qaem comili Garais de Capra dederat nulriendum, et de ronsilio soceri Arenhabet voeavit ab Aphrica Almora- ▼ldes,qui in génie Arabum tenebant tune temporis principatum,ut eorum auxl-

Uo nleretur contra Arabea cismarinos. Sed in conlrarium res eveoit. Nam etc.

(Bod. Tolet. de Reb. Hisp., 1. c. SI).

496 HISTOIRE D'ESPaGHE.

Serâdj, cehii qui fit reproche à Abou Bekr ben El Kabotorna de ce qu'étant un très braire chevalier, il était resté à Badajoz pendant la bataille deZallaka. L'incursion d'Ebn Abèd au pays de Murcie, en cette occasion, fit peu d'effet, parce que les chrétiens s'étaient emparés de la forteresse d' Alid ou Lebit, à douze milles1 de Lorca, prodigieusement forte, et placée eu un rocher inaccessible, sur une montagne haute et escarpée. Ces chrétiens étaient conduits par le Cid, et c'est à cette époque, sans doute , qu'il se raccommoda avec Alfonse. Alfonse , en effet, dès qu'il eut eu avis de cette prise de possession du château de Lebit, limitrophe aux domaines d'El Motamed, par de hardis chevaliers ne prenant conseil que d'eux-mêmes, se hâta de leur envoyer des secours ; il remplit Lebit de chevaux, d'hommes ei d'archers, auxquels il ordonna de îi lire des iucursions sur les frontières des pays de la juridiction d'El Motamed, plutôt que sur tous les autres domaines des princes arabes d'Espagne, parce qu'El Motamed était celui qui avait déterminé le passage de l'émir des Musulmans Youssouf ; en sorte que de ce château sortaient une infinité de cavaliers et de gens de pied qui tuaient et emmenaient en captivité tous les jours plusieurs centaines de fidèles ; et il leur en fit un devoir quotidien, et pour ainsi dire une obligation religieuse , assez semblable à celles que s'imposèrent plus tard les ordres de chevalerie. El Motamed s'affligea de la constance des chrétiens à ravager ses terres; et, voyant leur opiniâtreté à continuer ces courses, il écrivit à l'émir el Moslémyn pour loi donner avis des invasions et du dégât que les chrétiens faisaient sur les terres des Musulmans , tant dans la partie orientale qu'au midi de l'Espagne ; il lui parlait surtout des algarades d'El Kambythour3, émir chrétien qui infestait les frontières de Valence. Il lui disait que les Almora vides n'étaient commandes ni conduits comme et où il convenait; que

• A une dorai- journée de chemin, dit Vthyn.

* Le Cid Campeador.

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