CHAPITRE VOWrT-SKPTIEME
chrétiens attaquèrent avec une telle impétuosité, qu'ils ouvrirent en masse et enfoncèrent les bataillons serrés de notre armée. Cette forteresse vivante une fois rompue, la confusion se mit dans les rangs; l'épée du vainqueur ne se détourna pas un instant de dessus les Musulmans jusqu'à l'arrivée de la nuit, et l'émir El Mostaïn Abou Djàfar el Saghir Ebn Uoud se réfugia avec les siens dans la ville d'Huesca]1.
Sancbo mit incontinent le siège devant Hnesca. Huesca avait pour vrali un vaillant guerrier nommé Abd el Rabman, auquel les chrétiens donnaient le nom de roi. On était sur les entrefaites mêmes de la prise de Valence, au mois de juillet. La ville était grande, riche, très peuplée, défendue par une garnison intrépide. Sancho avait mis son camp sur une colune qui la domine, et qu'on appelle encore de nos jours pour cela Puey de Sancho. Le 6 de juillet il sortit à la tète de quelques soldats pour reconnaître les murailles de la place, cherchant l'endroit le plus faible vers lequel il put diriger utilement l'effort de ses balistes et de ses béliers, afin de battre en brèche les murs de la ville. Comme il levait le bras pour désigner l'endroit qu'il croyait propre à ce dessein, un dard, parti du haut des murs, lui pénétra dans l'aisselle par l'échancrure de la cuirasse. La blessure était mortelle; mais le roi dissimula. Il fit appeler ses fils, Pierre et Alfonse, les grands et les prélats, leur fit prêter à tous serment de ne point lever le siège que la ville ne fût rendue, reçut les sacremens, puis se fit arracher la flèche et expira. Son corps fut déposé dans le monastère de Montar^gon, qu'il avait fondé ; mais ses obsèques n'eurent lieu qu'après la prise de Huesca. Il fut alors porté au monastère de San-Juan de la Pefia , où il fut mis dans un tombeau. Son fils aîné, Pierre, te premier des rois d'Aragon de ce nom, lui succéda2.
* Ebn Uoudzail, dans Ebn Hayan, p. 101.
2 Era mcxxxii Sancios rex (obiii) pridie non. Jul. (Annal* Compost., p. 321).
Après la mort de Sancho le'siége continua, mais, à ce qu'il parait, avec lenteur ; la ville pourtant fut tenue étroitement bloquée. Ahmed, que Sancho avait forcé de se renfermer dans Huesca, parvint à s'échapper, et se mit à la tête de nouvelles troupes. Cependant les émirs de Sainte-Marie de Ben Bazin, de Schatibah et de Dénia, appelés par l'émir de Saragosse, se déterminent à le secourir. Le Cid dut s'abstenir de prendre part à cette expédition. Il avait sans doute alors déjà fait sa paix avec Alfonse, et il était occupé à conserver Valence sous sa domination, un peu, ce semble, en dépit des habitans musulmans. Le comte Garsia Ordoôez (singulière et obscure existence sur laquelle on cherche en vain des renseignemens précis) faisait partie de l'armée musulmane. A la nouvelle de l'arrivée de ce secours, Pierre Ier, le digne fils et successeur de Sanche, lève le siège d'Huesca, et marche andevant des alliés. La rencontre eut lieu aux environs de la forteresse d'Aleoraz (Hisn-el-Korasch , peut-être Alcuezar). On se battit jusqu'à la nuit. Les Musulmans y éprouvèrent de grands dommages, de l'aveu de leurs historiens. Comme c'étaient des troupes diverses, dit Ebn Houdzaïl, les principaux chefs, se reprochant les uns aux autres cet échec, ne voulurent pas attendre au lendemain pour tenter le sort d'un nouveau combat. Ils se retirèrent dans la nuit, les uns d'nn côté, les autres de l'autre, laissant les montagnes et les vallées couvertes de morts et de blessés. El Mostaïn, ayant perdu l'espoir de conserver Huesca, se retira à Saragosse. Peu de jours après, Huesca se rendit aux chrétiens par capitulation. Quatre rois maures furent tués de la propre main de Pierre, au combat d'Aleoraz, suivant les modernes annales d'Ara-
— nie SancîasobsiditOscamelsagUta percosaos sensilse lsethaliier Talneraiom, el adjaraTil fil i os suos Petrnm el Ildefonsam ne vaquant ab obaidione recédèrent donec civilalcm caperettir, et ipso tllam ex tnlnere finiente» corpus ejw inhumalum Undln senraYernnt donec ciyUaa fait capta (Geata Cobùl Earcin.,
c.iO.)