‹ Histoire d'Espagne, 5Chapitre 259 sur 282 · CHAPITRE VINGT- SEPTIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE VINGT- SEPTIÈME

gon, et ce «ont les quatre têtes de ce» rois qui figurent au champ de l'écusson du royaume. Quatre émirs furent en effet battus par Pierre. Ier à Alcoraz. L'autre relation appartient aux romanceros. Le combat d' Alcoraz eut heu le 18 du mois de novembre 1096. Le 27 du même mois Pierre fit son entrée dans Huesca avec toutes ses troupes, les évêques et les grands de son royaume, et y fixa sa résidence. Ce fut la dernière résidence provisoire des rois d'AragpD, dont Saragosse devint, en 1118, la capitale définitive. Le 17 décembre la grande mosquée fut purifiée et consacrée à Jésus Nazaréen, à sa mère Marie et aux autres Saints de la patrie r.

Vers ce temps-là Schyr ben Abou Bekr, ayant assemblé une flotte considérable, soumit, sans coup férir, les Baléares à la domination des Almoravides. Ces îles, depuis cinquante-cinq ansa, étaient gouvernées, au nom des rois de Valence et de Dénia, par les Schoaïdes de Murcie, qui y maintenaient la paix et la justice, et dont le premier fut le wali Abou El Abbas Ahmed ben Raschikh, qui avait été secrétaire du fameux émir de Dénia, conquérant de la Sardaigne, Moudjéhid ben Abdallah Abou Djaysch £1 Ahméry. Les habitaus de ces îles, informés que toute l'Espagne musulmane obéissait à Youssouf ben Taschfyn, jurèrent volontairement fiiélité au monarque africain, et se mirent sous la protection de ses armes.

Le supplice d'Ebn Djéhaf , personnage aussi recommanda-

1 Era mcxxxiy (1096) foil arrancada do Osca, xrr kal. decembr. noto die m ferla (le 18 noTembre), et venit cornes Gaula Ordonà in adjutorio de Aimaiaen (El Mostam) cum Mauris et Sarraceois, et pugniverunl cum rege Domnus Petras (id est Petro). Annal. Complot. , p. 311. — Conique ad solvcndam obsidionem (Oses) mullitudo Arabum adrenisset, Pelais , qui inter filios major erat, et ibidem mortuo patre in regera fuerat elevalui, a monasterio Sancti Vietoriani martyris fecit afferi corpus, et ejus orationims se commendans cum Arabibns concer tarit, et martyris oraculo confortatus fugnœ ln$tiluil,<0eo quod et fugavit Arabes, et de eorum spoliis exercilui inopii laboranti copiam minisirarit, et inlerposltis paucis diebus, sic mitaient slréiuê inipugnavii, ut clvitatem sibi redderent, et se ejus dominio mancfpârenl (0»t.ComiUBarcin.,c.l9j. — Ebn Houdzaïl pour la partie arabe.

2 Depuis l'an 440 de l'hégire (1048 de J.-C).

ble par sa naissance que par ses talens (mai on jnin 1095), ayant, à ce qu'il semble, indisposé la plupart des citoyens de Valence contre le Cid , il crut devoir faire hommage de sa conquête à son ancien roi, et, avec l'évèque Jérôme de Visquius, Valence reçut, vers 1098, garnison castillane. Le Cid mourut à Valence en 1099, Tannée même de la prise de Jérusalem par les croisés *. Valence cependant resta aux chrétiens, au moins pour une part, et sous la suzeraineté directe d'Alfonse. Les choses demeurèrent en cet état jusqu'en 1 102. Vers ce temps, Schyr ben Abou Bekr (le roi Bucbar), qui venait de conquérir les Baléares , excité par le gouverneur d'Almérie, fils du malheureux cadhi Ahmed de Valence brûlé par le Cid, qui n'attendait qu'une occasion favorable de venger la mort de son père, vint avec toute sa flotte et de nombreuses troupes de débarquement, arabes et africaines, pour la surprendre et en faire le siège. Vivement pressés, les chrétiens et les Musulmans leurs alliés, voyant qu'ils ne pouvaient la conserver et qu'ils n'avaient pas de secours à espérer en tenais utile, l'abandonnèrent après un long siège, pendant lequel les deux partis se livrèrent de nombreux combats, avec des succès variés, jusqu'à ce qu'enfin, grâce à la constance des Almoravides, Dieu la rendit à l'Islam au mois de redjeb 495 (avril ou mai 1 102 )a. Aucun historien ne parle de Chimène ; ce ne fut donc point la veuve du Cid

1 La morl du Cid n'est pas autrement exprimée que ta naias auce dans lea Annales de Compostellc. )n y lit ( p. 321) • — Eraucxxxvu Rodericus Campiduclor (sous-entendu uiriil) : — Kra sicxxxyii obiil Rodericus Compidocior, dit non moins laconiquement le Chronicon Rurgense. — Elle est mentionnée comme il suit, et bien dignement, dans une Chronique de la France méridionale prejque conlemporane : — In flispania apud Valentiam Rodericus Cornes défend* est, de quo maiimus luctus Christianis fuit etgandiom inimiei* pagnnis (Cbr. S. ttaxenlii, vdgô diclum Mallcacense, I. c).

2 Du 20 avril au tOmai 1102, ce qui concorde parfaitement avec la seule date précise de l'événement que donnent les mémoires chrétiens, savoir les Annales do Tolède, p. 580 : — El rey D. Atfooso dexo déserta à Valençia en el mes de raajo, era mcti.

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