‹ Histoire d'Espagne, 5Chapitre 260 sur 282 · CHAPITRE VINGT-SÈPTIÈMB · texte numérisé non relu

CHAPITRE VINGT-SÈPTIÈMB

qui loi succéda , qui défendit Valence contre les Almoravides, etc. Elle le fut par les débris de» vieilles bandes du Cid, et par les troupes castillanes, au nom d'Alfonse. La ville prise, les Castillans emportèrent le corps de Bodrigue, fidèlement et vaillamment, à travers les insultes des Arabes, et l allèreut déposer au monastère de Saint-Pierre de Cardefia, où il fut inhumé En cette occasion revinrent à Valence beaucoup de scheiks et de savans , qui , lorsque les chrétiens y étaient entrés, avaient émigré à Liria , à Murcie et à Jaen. De ce nombre était 3Iohammed ben Yahya ben Aasy el Ansari dont parle El Kodbaï de Valence (mort en 1258). Mohammed ben Yahya était natif de Liria et un des principaux scheiks de sa patrie ; il s'était enfui à Jaen l'année de l'exécution d'Ahmed ben Djéhaf , et il y était demeuré environ sept années , livré à la culture des lettres , dans la compagnie d'Abou el Hedjadj el Kifiz et de Menvau ben Seradj. Il revint à Valence l'année qu'elle fut prise , et y fut mokri (lecteur) de la grande mosquée. C'est à Valence qu'il écrivit son fameux ouvrage critique sur les variantes du Koran. Dans la suite il se retira à Liria sa patrie , où il mourut le dimanche 6 de schawal 547 (1152). 11 fut enterré dans la Makbora des Bény Dzy el Noun de cette ville. Son frère Abou Mohammed fit la prière pour lui : il était né en 470 ( 1078). En 496 (1 103) mourut Abd el 'Melek Abôu Mervran, saheb d'Albarracin, qui avait renouvelé sa soumission à Youssouf un an auparavant. Son fils Yahya lui succéda, mais sous la dépendance directe du wali almoravide de Valence a.

Buy Diaz, le fameux Cid Campeador, n'est pas, comme on voit, dans les écrits des Arabes , tel que nous le voyons dans

1 Sed poatea mortuo Roderico Didjcl fait citilas iteram ab Arabibus occupata* Corpus aulem Roderici Didaci inter iosultua Arabum fuil à suis fideliter et sirenuè deportaluin ad tnooailerium S. Pétri de Cardigna, ubi hodiè eliaiii quiescil bumatum (Rod. Tolet., de Reb. Uisp., I. vi, c. 19).

2 Yahya, c. 22, et El Rodai daos Casiri, t. n, p. 121,

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les récits poétiques. Ici, humain autant que brave, il accueille le Sarrasin et le porte sur ses épaules : là, despote et cruel, il fait brûler tout vif, au mépris des traités, le gouverneur de Valence, Ahmed El Moaféry. Brave et vaillant'dailleurs,le Cid résume assez bien l'humeur et le génie castillans :

Grenade et l'Aragon tremblent quand ce fer brille !

C'est bien là ce qu'on appelle la jactance espagnole; noble jactance après tout, et qui nous rappelle le mot du muletier andalou Anselme, qui, ne pouvant souffrir qu'on mit la puissance de la France au-dessus de celle de l'Espagne, disait à l'étranger qui se permettait cette énormité, avec l'emphase de Pindare : — «Vous vous trompez, Monsieur, quand on nomme l'Espagne, toutes les nations tremblent. - Cuando se nombra Espafia, todas las naciones tiemblan.

En résumé, l'histoire du Cid ne saurait être recherchée hors des textes que nous avons employés pour la reconstruire dans le récit qui précède.C'est dire assez que ce qu'on raconte de lui, dans Mariana, par exemple, s'évanouit quand on l'examine1.

Telle était la situation de l'Espagne, lorsque Youssouî y

l Les romans et poèmes où il est question du Cid sont innombrable* en Espagne ; mais il faut surtout se défier du livre Intitulé : Historia Roderici Didacï Campidoctiy ante hac inedita, et novittitnc in anliquo codice Bibliulkeetr reijii coHvenlu* Sancti Itidori Legionensù reperta, publié par Kisco eu 1792, dans son ouvrage portant le litre pompeux de : La CastiUa y el masfamoio Caeiellano. — Le Chronicon Didaei Campidocti, et VUiHoria Cidi Roderici IHdaci, oui aussi la prétention de passer pour de l'histoire. Je ne parle pas du Cronicon del muy esfurzado Caballero Cid, etc., Brussel, i&Ut, extrait aniplilîé {de ce que dit du Cid la Cronica gênerai d'Alfonse, non pins que du Tratado brève de lo$ heckoe y balallae del Cid, SéviUa, 1488. Malgré la même prétention, l'un el l'autre ne font pas plus autorité en histoire que le Poema del Cid, dont nous avons précédemment parlé, ou que le Romancero del €id Ruy Diax de Yibar% de Juan de Escobar. Il faut dire la même choie des histoires allemandes du Cid par Jean de Muller cl Uuber (fieeehichte der Cid, etc. Bremen, 1829}, et des parties qui le concernent dans Schmidl (Geschichte der Aragonien, etc.).

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