‹ Histoire d'Espagne, 5Chapitre 26 sur 282 · CHAPITRE 4>IX-NKUVl£ME · texte numérisé non relu

CHAPITRE 4>IX-NKUVl£ME

troupes à sa solde, s'embarqua avec elles, et alla s'emparer des iles Ivices et de Maïorqae, qu'il fit fortifier et où il établit sa résidence. Le wali qu'il laissa à Dénia, et qui s'y empara de la souveraineté, Abdallah ben Obcïdallah beu Walid ben Yousonf ben Abdallah ben Abd el Aziz ben Amrou ben Othman ben Mohammed ben Khaldy ben Okbab ben Aby Moaïty ben A ban ben Ahmer ben Ommyah ben Abd Sehcms, connu sons le nom d'El Moaïty de Cordoue, descendait, comme on voit,en ligne directe de l'ancêtre illustre dont les Ommyadcs s'honoraient de porter le nom, et il gouverna la principauté de Dénia jusqu'à ce que Moudjéhid el Ahméry vint l'en déposséder sous le règne d'Hescham III, le dernier des Ommyades,dont nous raconterons le règne tout à l'heure. Cet Abdallah el Moaïty était fort savant, disciple de Mohammed cl Bedji et d'un caractère fort affable. En considération de ses vertus et de sa noble race, les peuples de la juridiction de Dénia lui jurèrent obéissance , dirent la khothbah pour lui dans les chaires de leurs mosquées, et il batlit monnaie à son propre coin. Ebn Hayyan raconte que Mohammed el Bedji dit un jour à ce Moaïty, son disciple: ■ Ne cède point, ô Koraïseby, à tes passions; ne te laisse point éblouir par les prestiges du commandement et des vanités mondaines ; n'accepte auenne charge d'autorité qu'on veuille te confier ; qu'Allah te sauve des maux qu' elles traînent avec elles! - El Moaïty resta pensif et comme mécontent de ce que lui disait son maître, et il lui demanda : « Pourquoi me dis-tu cela, et d'où le saistu? Explique-moi clairement ce que tu veux dire, et que Dieu te protège. » Mohammed lui répondit: « Certainement que je le ferai avec clarté et sans détour, suivant la divine volonté ; je t'ai vu en songe, et j'ai rêvé qu'un feu ardent entourait une vigne fleurie et pleine de force; que ce feu la consumait lentement , et enfin je l'ai vue tout en cendres. J'entends par ce feu la discorde civile qui s'allume de plus en plus. La vigne fleurie, c'est ta maison à toi ; enfin Dieu le sait. » El Moaïty

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s'écria:» Que Dieu nous sauve de ces maux! » Le temps et les événemens, ajoute Ebn Hayyan, confirmèrent vingt-quatre ans après le songe et l'explication d'El Bedji ; c'est-à-dire qu El Moaïty fut détrôné par Moudjéhid, de retour des îles Baléares, au moment où s'accomplissait la ruine de la maison d'Ommyah. L'année suivante 407 (1016 — 1017) Moudjéhid, qui aspirait à dominer le bassin de la Méditerranée ou mer Romaine (Bahr el Roum), fit voile pour la Sardaigne (la grande île des chrétiens nommée Sardynya), dont il s'empara par la force des armes et conquit en peu de temps les principales forteresses ; mais l'insalubrité du climat de l'île, les murmures de ses soldats, qui demandaient hautement à retourner dans leur patrie ou du moins dans les iles Baléares, les reproches faits par eux à son ambitieuse avidité, et surtout l'arrivée d'une armée chrétienne soutenue par les vaisseaux des Pisans, déterminèrent Moudjéhid à se désister de ses projets d'occupation et à se rembarquer avec les richesses, les captifs et les troupeaux qu'il devait à la valeur de ses soldats. Désespérant de se maintenir dans l'île depuis l'arrivée des chrétiens, il fit embarquer ses hommes et ses trésors en un mauvais port de la cote occidentale, et donna l'ordre du départ à la nouvelle de l'approche de l'armée ennemie, contre l'avis d'Abou Scharoub, capitaine de ses vaisseaux, lequel, au rapport d'Abou Fath cl Tabit qui se trouvait présent, lui dit qu'il se préparait une grande tempête, et qu'il valait mieux attendre et combattre sur terre contre les chrétiens, que de lutter contre la tempête et la mer soulevée. L'émir n'écouta point son conseil, et on s'embarqua; mais presque à l'instant Dieu excita une affreuse tempête de vents impétueux et contraires. Les flots s'élevaient comme des montagnes; les vaisseaux montaient jusqu'aux nues, et s'abaissaient tout-à-coup jusqu'aux abîmes de la mer, qui apparaissait écumeuse et terrible à l'effrayante et fugitive lumière des éclairs, accompagnés d'épouvantables tonnerres, lesquels,

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