‹ Histoire d'Espagne, 5Chapitre 261 sur 282 · CHAPITRE VINGT-SEPTIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE VINGT-SEPTIÈME

vint pour la quatrième fois en 496 (1 103). Il amenait en sa compagnie ses deux fils Abou Thaher Témim et Abou el Hassan Aly. Bien que celui-ci fût plus jeune, il avait plus d'esprit et de valeur que son frère, et un poète andalou disait de lui :

« Quoique Aly soit le dernier en âge, sa valeur le met au premier » rang;

< De même que l'anneau le plus estimé se place au peut doigt »

Youssouf parcourut avec eux toutes les provinces, et se montra satisfait de la situation et de l'aspect du pays, qu'il comparait dans son ensemble à un aigle, dont Tolède était la tête, Calatraba le bec, Jaen le corps, Grenade les serres, l'Algharbial'aîle droite, et l'Ascharkia l'aile gauche. Sa visite terminée, il convoqua les scheiks et les principaux caïds almoravides, convint avec eux de déclarer futur successeur de ses états son fils Aly, qui était à Gordoue, et ordonna que tous lui jurassent obéissance et le reconnussent pour seigneur après sa mort. Cette reconnaissance fut célébrée avec beaucoup de solennité et avec le concours des plus nobles scheiks, imams et caïds de l'Afrique et de l'Espagne % et il ordonna à son w azir Abou Mohammed ben Abd el Gafir d'écrire la charte ou pacte de succession dans les termes sulvans : «Pacte de future succession et d'association à l'empire: Louange à Dieu, qui use de miséricorde envers ceux qui le servent, dans les héritages et successions, et qui a fait les rois chefs des états pour la paix.'et la concorde des peuples. L'émir el moslémyn Nassreddyn Abou Yakoub Youssouf ben

l El Kodaï dit qu'à cette reconnaissance vint le hadjeb Éroad-ed-DawJah Abou Merwan Abd el Melek, petit-fils d'El Moklader Dillah, roi do Zaragoee; que son père Penvoya atee un présent d'une rareté el d'une richesse remarquables , et que Youssouf en fil faire des kirats d'or, qu'il distribua au peuple de Cordouc le jour de bid-nihar.

HISTOIBE d'ESPAGKE.

Taschfyn, sachant et reconnaissant qnc Dieu la fait chef, gardien et défenseur de tant de peuples, qui servent Dieu et sont fidèles; considérant avec crainte que Dieu peut, dès demain, lui demander compte de ceux qu'il lui a confiés et donnés en garde, et trouver qu'il n'a pas cherché à laisser à sa place un successeur qui les protège comme roi, et les gouverne en paix et justice -, étant constant que Dieu, ayant ordonné de faire testament et de disposer de choses d'une moindre importance, à combien plus forte raison cette obligation scra-t-elle conforme à sa divine volonté dans les choses graves et d'une aussi grande importance que celles du gouvernement des peuples, qui touchent aux intérêts généraux et particuliers de tous, pauvres ou riches? En conséquence, l'émir des Musulmans, en ce qui le concerne, et particulièrement et spécialement en raison de ce que Dieu a commis à ses soins de veiller et de pourvoir à ce qui est convenable à ses peuples, tant pour les choses de ce monde qu'en ce qui intéresse le bien et la défense de la loi, ayant examiné les forces des deux extrémités de ses lances ainsi que la trempe et la finesse des fils tranchans de son épée, et trouvé, après y avoir mûrement réfléchi, que son fils cadet A boa el Hassan Aly est un jeune homme mieux disposé aux choses grandes et élevées, et par conséquent plus propre à porter sur ses épaules le poids de l'administration du royaume qu'aucun de ses frères, le désigne et le distingue, le nomme, proclame et élève au plus haut degré de l'empire, et le charge solennellement du gouvernement des Morabitset des peuples soumis, de sa pleine volonté, et après avoir préalablement pris l'avis des savans et des sages de toutes les contrées de cet empire , tant voisines qu'éloignées, qui tous, d'un commun accord avec les scheiks et les principaux des tribus, ont manifesté librement qu'ils acceptent et sont contens et satisfaits de cette déclaration de successeur, puisque son propre père en est content et satisfait ; et ils reconnaissent

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