‹ Histoire d'Espagne, 5Chapitre 263 sur 282 · CHAPITRE VINGT-SEPTIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE VINGT-SEPTIÈME

Lncena étaient extrêmement riches : le cadhy composa avec eux, et ils achetèrent de lui, au prix d'une forte somme de dinars d'or, l'assurance de ne pas être inquiétés lorsque serait venu l'an 500 de l'hégire; sur quoi défense fut faite de leur rappeler jamais la prétendue tradition, selon toute apparence inventée par Ebn Moscharra pour faire pièce aux Israélites andalous, dont, peut-être, il avait éprouvé la rapacité usurière. Telle était du reste la façon dont les Morabits, comme leurs prédécesseurs, entendaient la liberté des cultes. A part quelques tours de bonne guerre qu'on faisait aux hommes des autres religions, dans des circonstances extrêmement rares, du genre de celle-ci, les Juifs et les chrétiens professaient librement leurs croyances, à la seule condition de ne jamais parler ni écrire contre Mahomet x.

L'an 496, en djouelhedja ( du 4 septembre au 3 octobre 1 103), dit Ebn Àbd el Halim, l'émir des Musulmans Youssouf ben Taschfyn fit reconnaître son fils Aly émir à Cordoue, et ce prince reçut les sermens de tous les scheiks de Lamtouna, des magistrats des villes et des princes de la loi. Aly fut pour cela appelé de Geuta où il était né, et où il avait été élevé. A la fin de l'année 498 (septembre ou octobre 1105), l'émir des Musulmans, Youssouf ben Taschfyn, fut atteint à Marok de la maladie dont il mourut. Le mal ne cessa point de s'augmenter, et sa santé de diminuer, jusqu'à ce qu'il mourut (Dieu lui fasse miséricorde!), au croissant de la lune de moharrem 500 (le lundi 3 septembre 1 10G). Il avait atteint l'âge de cent ans. Son règne, depuis l'an 462, du jour qu'il entra à Fez, jusqu'à sa mort, fut de trente-huit ans, et depuis l'abdication d' Abou Bekr ben Omar d'environ quarante ans a.

• En ce caj, la loi portait, comme on sait, la peine de mort. Voyez cl-dctani, t. nr, p. ste.

2 Ebn Abd el HaHm,p.l04 de notre manuscrit.— Prima hujuace DynMliaj fundamenu fecU Josephw bea Taicbnbinuf , dit Kl Kbateb, prtnceps bellica Tirtale,

534 HISTOIRE d'bspagne.

Youssouf, étant près de mourir, fit appeler son fils Cid Aly, et loi renouvela les instructions qu'il lui avait données en Espagne, comme, de ne pas faire la guerre sans nécessité, de tâcher de ne la jamais faire aux habitant des montagnes de ,Daren (l'Atlas) ni aux Bfossamédabs, qui habitent derrière ces montagnes du côté du midi; de conserver toujours en Espagne l'amitié des Bény HouS, rois de* l' Aragon oriental; enfin, de traiter toujours avec distinction ou ménagement les Musulmans andalous et surtout ceux de Gordoue. D protesta ensuite de son désir constant de propager la loi de Dieu, conformément aux recommandations du Prophète. Youssouf reconnaissait, comme nous l'avons dit, la suzeraineté spirituelle des khalifes Abbassides de Bagdad. Ses monnaies portaient, sur l'aire : — « Il n'y a d'autre Dieu que Dieu. Mohammed est l'envoyé de Dieu.L'émir des Musulmans Youssouf ben Taschfyn. » Sur l'orle : — « Celui qui suit une autre foi que la foi musulmane, sa foi ne sera point reçue, et il sera dans l'autre vie au nombre des condamnes. » Au revers : — « L'imam Abdallah, émir des fidèles, l'Abbasside. « Et autour le lieu et l'année de la fabrication f.

Tel fut Youssouf ben Taschfvn le Berbère. Fondateur de Marrakescb, vainqueur de Zallaka, empereur temporel des Morabits, reconnaissant pour chef spirituel l'imam descendant d'Abbas qui régnait à Bagdad, il intronisa la race afri-

justilia et nmorc in litteras procslantlssimus. Isioclarescere cœpit an no Egira» 463; anno vero 470, Aipbonso pngnA saperalo, deTlcUsqae aUU HUpanic refibua,

Africa? et IJispaniœ imperatoria insignia induit. Obiit tandem feria 2, die 3mobarram, anno Egiras «00, in urbe Marocbo, ab ipio, ot referl Ebn kbalkanu» , anno 470 condila (ex Blbliotheca Ebn Alkbathibi, in Casiri,l. n,p. 210). — Anno 300 ( qni die 1 aept., ann. Chr. 1106 cœpit) obiit Iosef, Olius Te«hûni,dil Aboulféda, Emir-cl-Muslemin, Mauritanie et Hlspania; rex,*ir landabfUfl rit»... Idem' condidit urbem Marrakescb. Filins e)as, Ali, succedebat ipsi, et codent lilalo, quo pater, scillcet Emir-el-Muslemin , utebator (Abnlfeda, Annales Modemici, t. m, p. 586).

1 Josephns ben Tascbpbin mondain arabicam in Bispania signarlt bac insrripUone : Non est Deut preeter Deum; Mahometu* Dei apottolut; imprrator Motlemid Jo$eph ben Taichphin,- et ln illins circuitu ; Q* oiùtm prmter Maho-

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