CHAPITRE VINGT-SEPTIÈME
raine, et la fit prédominer en Afrique et en Espagne sur la race arabe. Il éleva la forteresse de sa grandeur sur la terre ferme de l'islamisme, comme dit un de ses biographes. On l'appela el Fadhl, l'excellent, el Kaffal, le serrurier, Nedjm-ed- Dyn, l'étoile de la religion, Sadyd-ed-Dawlah, celui qui suit le droit chemin de l'empire, mais par excellence Nassr-ed-dy n Allah, le défenseur de la loi de Dieu. Il commença à régner en son nom, après l'abdication d' A bou Bekr, l'an 465 de l'hégire (1073), et à prendre le gouvernement de l'Espagne et de l'Afrique l'an 479(1086). Youssouf était un émir lettré, grand protecteur des savans. Lui-même s'appliquait avec soin à remplir une des principales obligations du pouvoir souverain chez les Musulmans, celle d ei poser les motifs de ses actions, et d'enjoindre par écrit ses commandemens et se* défenses r.
Aly ben Youssouf fut immédiatement proclamé à Marok après la mort de son père. Il s'appelait Abou el Hassan. La mère qui l'avait enfanté était chrétienne, et s appelait Kamra; Youssouf avait coutume de la nommer Fadhl Khasné (excellent trésor); il était né à Ceuta en 477 (1084), il n'avait par conséquent que vingt-trois ans lorsqu'il succéda à son père. Il avait le teint blanc, les yeux bleus, le nez aquilin, peu de barbe aux joues, les cheveux longs et non crépus, la taille riche, lAisage large, les dents éloignées les unes des
tnetanam gequitur fidem, Deo placere neqult, atquê in altéra vita peribit. In advertB parte » Dux Abdalla Fidelium imptrator Abbaêsida; la circuito demum cuss monetœ local el lempus (Casiri, I. n, p. 171).
t II existe à PEscurîal an Codex arabe, soas le n° 833, m lettres koufiques, sans date, qui contient nn certain nombre de lettres entre legqnelles on en remarque deux de Youssouf, Tune adressée aux princes, imams ot docteurs de In ville de Valence , qu'il exhorte a l'observation de la paix et de la religion : — Conscrlpta à viro noblli et erudlto Abu Abdallah Dhiolvaxralin Abikhazal H\&pano, ilU, à secretis, cujua alibi meroi nim as; et l'autre adressée ou général Zobejr ben Amrou : — Ad su prémuni exercitui dacem Zobclrum «en Amrura data Cordoba?,— qui commence par ces mots: — Ab Imperalore Muslamanoram Tascbpbin ad Zobairum Ben Araron.
autres. Sa proclamation eut lieu à Marok dans la lune de moharrcm 500 (1 107). Il était surnommé Abou el Hassan (père du beau), non à cause d'un fils du nom d'Hassan, mais à cause de sa beauté. Son avènement ne trouva d'opposant que dans la personne de son neveu* Yahya, fils de son frère Abou Bekr, fils de Zeïnab, mort à Geuta sur les entrefaites de la bataille de Zallaka.Yabya ben Abou Bekr ben Youssouf avait été fait wali de Fêz par son grand-père l'émir des Musulmans. Nous ne suivrons pas Aly dans les premiers actes de son gouvernement en Afrique , pour revenir ici sur quelques faits particuliers du règne d'Alfonse.
Pendant le voyage que Bernard fit en France en 1088, il y fit une recrue d'bommes vertueux et savans pour sou église. Il amena de Bourges Pierre (depuis béatifié), qu'il fit archidiacre, et qui fut dans la suite évèque d'Osma ; du monastère de Moissac, saint Giralde, à qui il conféra la chantrerie de Tolède, et qui occupa depuis le siège archi-épiscopal de Braga; d'Agen, Bernard, qui fut créé par la suite premier évèque de Sigiiença, et Pierre, qui fut aussi premier évèque de Ségovie restaurée; de Salviate, Baimond, qui fat le second évèque d'Osma, et ensuite le propre successeur de Bernard au siège archiépiscopal de Tolède ; de Périgueux, Jérôme, qui fut évèque de Yalence et ensuite de Salamanune , et Bernard, qui fut premier évèque régulier de Zamora ; de Limoges, enfin, Maurice Burdin, qui fut évèque de Goïmbre, archevêque de Braga et anti-pape. S'étant fait dans les Gaules comme un cortège de ces hommes à divers titres éminens, Bernard les amena en quelque sorte à la conquête spirituelle delà Péninsule; et leur conféra à tous des prébendes et des possessions au retour dans son diocèse, d'où ils s'élevèrent successivement aux premières dignités de l'église hispano-romaine rétablie 1 .
En cette même année Bérenger II, comte de Barcelone, dé-
i Roder. Tolet., de Reb. HUp. 1. vi, c. S7.