‹ Histoire d'Espagne, 5Chapitre 265 sur 282 · CHAPITRE VITÏGT-SEPT · texte numérisé non relu

CHAPITRE VITÏGT-SEPT

pouille les Musulmans de ce qu'ils possédaient en Catalogne ; il leur prend Taira gone. Le pape Urbain II rendit en cette occasion, à l'église de Tarragone,la dignité de métropole de tous les évéchés qui en avaient été autrefois suffragans, sans égard à l'opposition de l'archevêque de Narbonne, qui avait exercé les droits de métropolitain sur ces évèchés depuis la conquête de la Catalogne par les Franks. En 1093 , le comte Raymond de Bourgogne épouse Urraca, fille d'Alfonse et de Constance (elle ne pouvait guère avoir plus de douze ans). Raymond prit de ce jour le titre de comte de Galice. Dans le même temps, Ségovie, Avila, Salamanque, Médina del Campo, Arevalo, Olmedo, Coca, Sepulveda, Osma, furent rétablies et peuplées par les soins d'Alfonse, en vertu de chartes de population ou fueros,dont l'analyse nous occupera ailleurs.

Vers 1093 Alfonse perdit sa femme Constance. Depuis environ neuf ans, Zayda, fille d'Ebn Abéd de Séville, avait été tenue pour épouse par le roi de Castille, avec permission spéciale, quasi tixorem, ut prœmissum est. Elle devait être extrêmement jeune lorsque l'émir son père l'avait accordée au roi chrétien, dans la première ferveur de leur alliance contre l'émir de Tolède, Yahya el Dhafer, vers 1084, avec les villes d'Uclès ,' d'Alarcos , de Mora , d'Ocana , de Consuegra, de Massa tri go et de Cuenca pour dot. Tout porte à croire que Zayda n'avait guère plus de douze à treize ans. Les grandes qualités et la renommée d'Alfonse avaient frappé l'imagination de la jeune Musulmane, qui avait désiré cette union d'un désir véhément. Alfonse était marié pour lors à Constance; mais Zayda, élevée dans la loi de Mahomet, pouvait n'avoir aucun parti pris encore pour ou contre la polygamie ; c'était pour elle un fait. Et quant à l'émir son père, zélé Musulman, puisque le roi chrétien pouvait être bigame par exception et avec dispense, aux yeux des siens , il ne pouvait avoir de répugnance à accorder sa fille à Alfonse, et il l avait fait avec empressement, au moment où Ebn

Omar en avait conçu la pensée, déterminé par l'ambition et par la raison d'état. À notre avis, ce qaasi-mariage autorisé ne dnt être d'abord que nominal ; rien n'indique an moins qu'Alfonse, dans sa position mixte, ait eu avec Zayda un commerce de nature à exciter le scandale : dans aucun document, par les épitres d'aucan pape, on ne le trouve blâmé ou réprimandé de ses rapports avec la fille d'Ebn Abèd. Le roi cependant l'aimait tendrement; et si, après la mort de Constance, il épousa Bertha, ce dut être, sans doute, parce que Zayda n'avait pas encore été touchée de la grâce du Christ, on qu'une promesse antérieure le liait à Bertha.Nous avons dit et prouvé que Bertha, d'origine toscane, était fille d'Othon, marquis d'Italie, et femme répudiée de Henri de Germanie. Selon toute apparence, elle était passée en Espagne avec les deux comtes bourguignons Baimond et Henri. Son mariage avec Alfonse dura deux ans. Libre enfin de tout en 2 a cernent, volontaire ou d'honneur, le roi épousa Zayda après qu'elle se fut faite chrétienne, et eut pris au baptême le nom de Marie-Elisabeth.

Le nom d' Elisabeth (le seul que le roi voulut lui donner habituellement, par respect pour la mère du Christ) commence à paraître dans des actes de Tannée 1095 '.On le trouve les années suivantes au bas de diverses chartes de donation9 : en 1101, au bas du privilège des Mosarabes de Tolède; en 1102, dans une charte des archives d'Astorga3. En 1 103, le 25 janvier, le roi, dans un privilège par lequel il exempte de tout tribut l'église et l'hospice fondé pour recevoir les pèlerins et les voyageurs sous l'invocation du Sauveur gur le mont îrago, donne à sa femme la reine Elisabeth les épithètes de très aimée et de très chérie, dilectimma, amatissima. Dans cet acte, après les signatures du roi et de la reine paraissent celles de Baimond, comte de toute la Galice, gen-

< Voy. SoU,p. NOS, et Tumbo de Aftorga, nom. S. 3 Ibid., I. ctetalll plur.

3 Becerro d' A»4orç*, qqŒi

Page 1