‹ Histoire d'Espagne, 5Chapitre 266 sur 282 · CHAPITRE VINGT-SEPTIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE VINGT-SEPTIÈME

dre du roi, d'Urraca, fille du roi, et femme du comte Raimond. On y lit en finissant : Dominus Sanccius in fans quod pater fecit confirmo. Notable mention, et la première qui soit faite de l'infant Sancho1.

Elisabeth est nommée de nouveau dans un acte en faveur du monastère de Ofia, du 23 mars de cette année (1 103). Dans un autre acte d'Astorga, du 15 août, le roi, dans son amour,va jusqu'à l'appeler divine9. L'année suivante (1 104), Alfonse et Zayda, étant à Burgos, y donnèrent un privilège au monastère de San Juan. Us passent de là à Astorga, où le roi, toujours avec sa femme la reine Elisabeth, en accorde un autre à l'église métropolitaine de la ville, le dernier jour de mars i 105. La mention d'Elisabeth, c'est-à-dire de Zayda, se continue en 1 106 et en 1 107 dans les actes du Becerro d'Astorga3. Dans un de ces actes, dont la date est ainsi exprimée : Era quatuordma centenà et quaterna post peraeta millesima, revenant à l'année 1 106, il est dit qu'en ce temps régnait sur toute l'Espagne, in iotius Hispani a, l'empereur domnus Aldefonsug avec la reine domna Elisabeth, et Sanccius proies régis Âldefonsi.

Zayda mourut, suivant nos calculs, le 1 2 de septembre 1 1 07 ; nous nous fondons sur son épitaphe de Sahagun, qui porte un plus grand caractère d'authenticité que celle de Léon :

VNA LVCK PRTVS SEPTEMBRIS QVVM FORET IDVS SAVCIA TRANSIVIT FERU, VI HORA TERTU ZAYDA REGIRA DOLEJfS PIPERIT.

Alfonse, à ce qu'il semble, n'avait nul goût pour le veuvage ; quelque vif et profond que fût son amour pour Zayda- Elisabeth, il se remaria peu de temps après sa mort, et dès

I Becerro de Astorga, nom. 79.

3 Com Elisabeth Regina dit in» (Becerro de Ailorga,l« c).

3 Ibid., fol. 17, 78, 80, etc.

l'ère 1146, sous la date du 28 mai S une charte nous apprend qu'il régnait avec sa femme la reine Domina Beatrix.

Un examen long et attentif des textes de tonte nature relatifs aux femmes d'Alfonse a levé tous nos doutes à l'égard de Zayda. Il est certain maintenant pour nous qu'elle ne mourut qu'en l'année que nous disons; il n'est pas moins certain qu'elle doit être comptée après Bertha, et fut la quatrième femme d'Alfonse en ne comptant pas Ximena M union is, la cinquième en comptant celle-ci entre les épouses légitimes du roi castillan. La confusion qui règne sur ce point dans tous les historiens d'Espagne, l'erreur grossière qui leur a fait adopter sans discussion comme avérée, sur la foi de deux autorites inadmissibles, l'existence d'une Elisabeth de France distincte de l'Elisabeth andalouse, nous ont dominé d'abord, et ce n'est qu'après avoir eu recours aux chroniques françaises que nous nous sommes irrévocablement arrêtés à ceci au sujet des femmes d'Alfonse (j e me résume) :

La première femme d'Alfonse fut Agnès , fille de Guido Guillaume, duc d'Aquitaine et comte de Poitou ; elle l'épousa vers 1074, et fut relicta en 1077». Vers la fin de cette année, ou au plus tard au commencement de la suivante, il prit sa cousine Ximena Muûoz, la mère de Theresa et d'Elvira, qui

1 Becerro de Aslorga, fol. 111.

* « Je ne trouve personne, dit Sandoval , qai m'apprenne de qui était fille Agnès, ni de quelle nation. Je sala qu'elle vécut peu d'années, et ne laissa point de postérité (Clnco Obispos, etc.). » Noos sommes pins heureux que le docte évêque j nous gâtons qu'elle était fille de Guillaume Guido, doc d'Aquitaine et de Poitou ; nous savons de plus qu'il se trompe en avançant qu'elle Técut peu d'années. Elle ne mourut point vers 1077, comme on le dit communément; elle fut répudiée par Alfonse; et ce sont encore les chroniques françaises qui nous apprennent cela, tout en ne nous disant pas les motifs de la répudiation- Le mariage d'Agnès est mentionné pour la première fois dans an privilège du monastère de Saint- Millau, dn lundi 16 juin 1074, et la menUon de son nom, accompagné dn titre de reine, persiste jusque dans l'ère 11 IV (1077). Yoy. le Becerro do Sahagun, fol. 182.— Il s'est glissé ci-devant, p. 868 et 56» de ce volume, deux fautes d'impression qoe je saisis l'occasion de corriger ici : Uses p. 868, i la dernière ligne de la note, tr*nLe-ieVt au lieu de trente-deux, et p. 86* ( sixième ligue, in Ane) 1077 an lien de 1078.

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