CHAPITRE VENGT-SEPTliME
épousèrent dans la suite, l'une le comte Baimond de Toulouse, l'antre le comte Henri de Besançon, et qui durent naître, selon toute probabilité, dans les années 1078 et 1079, intervalle présumé de ce mariage qui souleva les colères de Grégoire TH. En cette dernière année il se résout, non sans douleur, sur les remontrances du légat du pape, et avant même d'avoir reçu la sévère admonition de celui-ci sous la date de 1080, à se séparer d'elle, et à contracter mariage avec Constance, veuve d'Hugo, comte de Cbâlons, et fille de Robert. Alfonse eut de celle-ci, en 1080, Urraca, mariée depuis en premières noces (vers 1093) à Raymond de Bourgogne, comte de Galice, dont elle eut en 1104 Alfonse, qui fut depuis l'héritier des états de son grand-père (Alfonse VII, l'empereur); Urraca épousa en secondes noces, en 1 109, Alfonse-le- Batailleur, roi d'Aragon. Constance vécut jusqu'en 1092; d'anciens engagemens ou un amour, né on ne sait comment, lui firent peu après épouser Bertha, femme relicta de Henri IV, roi de Germanie, répudiée en 1069 x. Zayda vivait toujours cependant, et (c'est ma ferme conviction) dans un état de pureté entière, noblement et chastement aimée du roi, comme une pupille honorée, plutôt que comme une quasi-épouse, quoique son titre douteux ait pu donner à penser; peut-être même futce une condition de la permission ecclésiastique qu'il obtint de contracter ce double mariage, contrairement aux lois ordinaires, qu'il s'abstiendrait de le consommer. Quoi qu'il en soit, veuf de Bertha en 1095, et, en ce temps-là, les malheurs de la famille de Zayda et l'amour qu'elle avait pour Alfonse l'ayant portée à renoncer à la foi de Mahomet et à demander le baptême, le roi ne vit plus de raison de ne pas faire monter au rang des reines la belle Musulmane convertie, qui lui avait voué un amour d'exception, et qui venait de recevoir au baptême le nom de Marie-Elisabeth. Il eut d'elle en ce temps
I Voyei 1«» Chronique» de Franc*.
un fils, ce Sancho que nous avons déjà nommé, qui ajouta encore à la vive affection du roi pour Zayda; puis deux filles, Sancha et Elvira, qui furent mariées dans la suite, l'une à un comte Rodriguez, et l'autre à Roger, roi de Sicile. Elisabetk- Zavda enfin étant morte en 1107,1e roi, qui, comme nous l'avons dit, ne pouvait se passer de femme, épousa l'année suivante, quoique vieux et malade, une Béatrix, qui lui survécut, dont tous les historiens d'Espagne déclarent ignorer la famille sinon la patrie (Roderich dit qu elle était ex partibus Gallicanis), et sur laquelle je ne saurais jeter aucune lumière nouvelle, quelque effort que j'aie fait pour en découvrir l'origine et la destinée ultérieure. Après la mort d'Alfonse, Béatrix retourna dans sa patrie; c'est tout ce que les historiens nous apprennent d'elle ».
Les femmes d'Alfonse furent donc, au vrai, six à mon compte, savoir : Agnès, l'épouse répudiée, Ximena Munoz, dont on le sépara pour cause de consanguinité2, Constance de Bourgogne, Elisabeth-Zayda, et Béatrix.
t Qaa mortuo eo repedavft tn patciam suam (Pelag. Ovet. Cbr., son». 14).
1 Oifltà ceJlf-ei, longtemps après sa mort, à ce qu'il semble, une épiUpbr plaintive, marquée de seize incises rimées,ou on la fait parler elle-même comme tl suit :
QVAM DRV g A POEÏIA DEFENDIT DICTA SCEMBHA
ALFOH5I VIDVI BBGIS AMICA FVI COPIA FORMA G BUTS DOS MORVM CVLTVS AM£RVS MB RBGÎIATORIS PROSTITVBRB THOBtS MB SIMVL ET REGBM MORTI9 PERSOLYERE ( LEGEM )
FATÀ COEGERVRT QVAE FERA (QV.AQYB TERVRT) TBRDBNIS DEMPTIS 8TPER OABC DB MtLLB DVCEÎITI» QVATYOR BBIPIBS QVAE F VIT BBA (SCIBi).
Celle épitapbe existe encore aujourd'hui^raTée sur une pierre asseï gronde, non pins sot le tombeau m Orne où elle fut mise primitivement, mais scellée au haut du mur claustral du monastère de San- Andréa de Espinareda, dans le Blerzo, à trois lieues de Villafranca, de telle sorte qu'on ne saurait la lire sans échelle. Le temps en a effacé les mois que nous avons entourés de parenthèses. Sandotal, qui en avait fait prendre copie (Cinco Obispos, p. 108, verso), supplée mat aux deux premières lacunes par les mots lineam et quwque ttnent, qui ne satisfont point aux lois da vers léonin, et il ne remplit point le dernière. Legem au lieu de lineam, qui altère le sens, le vers et la consonnance ; qua-que tentnt,