‹ Histoire d'Espagne, 5Chapitre 268 sur 282 · CHAPITRE VINGT- SEPTIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE VINGT- SEPTIÈME

Quant à cette antre Elisabeth qae la plupart des historiens espagnols mettent parmi les épouses d'Alfonse, fille, disentils, de Louis, roi de France, sur la foi d'un passage de Lucas de Toy,et d'une épitaphe de Léon, rapportée par Sandoyal*, il fant la rejeter formellement, et nous n'hésitons pas à déclarer le passage et lépitnphe dont on s'autorise apocryphes et sans nulle valeur historique. J'ai peine à conceroir, pour ma part, comment ce passage et cette épitaphe ont pu arrêter un instant les critiqnes espagnols ; comment, un instant, ils n'ont pas tu que l'un et l'autre ne pouvaient être qu'une invention de faussaire. L'impossibilité matérielle du fait coupe court à toutes les objections; et il ne faut que savoir la chronologie des rois de France pour constater cette impossibilité. Philippe 1er de France en effet, qui succéda à son père en 1060 à peine âgé de huit ans, n'épousa Berthe, fille de Florent, comte de Frise, sa première femme, qu'en 1071; il n'en eut qu'en 1081 un fils, qui reçut au baptême le nom de Louis (depuis Louis VI, dit le Gros). Louis n'avait que dix-huit ans lorsqu'il fut désigné par son père, en 1099, aux états d'Orléans, comme* son associé à la royauté ; il en avait vingt-sept lorsqu'il succéda à son père l'an 1 1 08 et fut sacré à Orléans, le 3 d'août, par Daïmbert, archevêque de Sens, un an avant la mort d'Alfonse de Cas tille. À quel âge veut-on qu'irait eu l'Elisabeth qu'on donne pour épouse à ce dernier, et de qui Faurait-il eue ? L'an 1115 seulement Louis épousa la

qui est plus logique et Ta bien avec cœgeru$Uys.n lieu de quoique lentni, et enfin le mot scies absolument nécessaire poor compléter le vers et la période, nous semblent répondre ici à la fois anx exigences du sens et a celles de la raclure et de la rime. — c SI ta veux savoir le temps de ma mort , fait-on diro à Ximena, die trente années, et pois encore quatre autres par-dessus celles-là, de roillo deux cents, et lu sauras quelle en fut Père.» Elle mourut «Vaprèa cela dans père H 66, c'est-à-dire en 1128, dix-neuf ans après Alfonse.

1 Nous rapporterons ici l'un et Paulre : — Doxit (rex Aldefonsus) postbae, dit Lucas de Tuy, Elisabeth, filia Ludovic! régis Francise. L'épilapbe de Léon, recueillie par Sandoval, fol. 96, porte : — H. R. regioa Elisabeth, filia Ludovic! régis Francie, uxor régis AUonsi, qui cepit Toletum. OWJt era 1143 (1107).

reso

première et unique femme qu'il eut jamais, Alix ou Adélaïde, fille de Humbert II, comte de Maurienne ou de Savoie, et de Gilles de Bourgogne : l'époque de ce mariage est fixée par une charte de Louis, donnée l'an 1 122, la quatorzième année de son règne, et la septième de celui de la reine Adélaïde. Louis laissa en mourant (le 1er août 1 137) six fils et une fille, au rapport universel des chroniques de France : Louis, qui lui succéda; Henri, qui fut moine de Qairvaux, ensuite évoque de Beauvais, et enfin archevêque d&Beims ; Bobert, chef de la branche royale de Dreux; Philippe de Gourtenai, qui a eu des descendans mâles jusque vers le milieu du dixhoitième siècle; Philippe, archidiacre de l'église de Paris, qui céda à Pierre Lombard l'évèché de Paris, auquel il avait été nommé ; Hugues, dont l'histoire ne nous apprend rien ; et Constance, qui épousa Eustache, comte de Boulogne, en premières noces, et en secondes noces , Raymond V, comte de Toulouse, duc de Narbonne. Quelque temps après la mort de Louis, la reine Adélaïde se remaria à Matthieu de Montmorency, connétable de France1.

Il n'y a donc sur ce point ni mystère ni ombre, et les autres raisons qu'on pourrait alléguer, comme, que ni Pelage d'Oviédo, écrivain contemporain , ni Boderich de Tolède, qui parlent avec détail des femmes d'Alfonse, ni aucun autre chroniqueur de ce côté-ci ou de l'autre côté des Pyrénées, à l'exception de Lucas de Tuy , ne fait mention de cette alliance d'une fille de la maison de France avec un des plus glorieux rois du temps, alliance qui valait, ce semble, la peine d'être notée ; ou bien encore, qu'en aucun des nombreux actes dans lesquels intervient le nom de la reine Elisabeth il n'est fait la moindre espèce d'allusion à cette parenté honorable; toutes ces raisons, disons-nous, devien-

» Voyei le recueil dei Qiitorieni originaux de France, dans D. Bouquet, ad son. UQ8, |i<*,elc.

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