CHAPITRE VTSGT- SEPTIEME
nent de tout point inutiles et superflues devant un fait matériel contre lequel aucun raisonnement ne saurait prescrire. Tout ce qui a été dit de cette Elisabeth de France, distincte de la fille d'Ebn Abèd, tombe donc de soi-même devant l'évidence j et, débarrassé de cette prétendue fille de Louis, roi de France, le problème des femmes d' Alfonse de Castille se trouve singulièrement simplifié. Ce point établi, en effet, tous les documens historiques où il est parlé d'Elisabeth doivent s'entendre, comme nous l'avons fait, de Zayda bent Ebn Abèd, la Sévillane, et non d'aucune autre Elisabeth ; nonobstant ce qu'en disent ceux des historiens espagnols modernes qui ont accueilli sans examen deux Elisabeth coup sur coup épousées par le roi castillan.
Jusque vers Tannée de la mort de Zayda, Alfonse n'eut point d'autre guerre avec les Arabes que les escarmouches ordinaires sur les frontières du royaume de Séville. Mais, cette année, Aly ben Youssouf ayant mis ordre à ses affaires en Mauritanie , et soumis son neveu Yahya qui avait refusé de le reconnaître à Fèz , résolut de reprendre en Espagne l'œuvre commencée par son père, et y envoya son frère Abou Thaher Témim , à la tète d'un corps nombreux de Lamtounes. Celui-ci eut ordre d'enlever, à l'ouverture de la campagne, le fort château d'Uclès. En l'an 502, dit Ebn Abd el Halim (du
10 août 1 108 au 29 juillet 1109), arriva la bataille d'Aklidj avec les chréUens.Les Arabes avaient pour général Témim, fils de Youssouf, fils de Taschfyn, gouverneur de Grenade , d'où
11 se mit en marche pour faire la guerre aux pays des chrétiens. Ayant mis le siège devant le château d'Aklidj, qui était défendu par une forte garnison d'infidèles , il les assiégea si vivement qu'il entra dans la ville à force ouverte. Les chrétiens se retranchèrent dans le château (la Kassbah). Alfonse, en ayant eu avis, quoique indisposé, se mit en état de partir pour secourir Aklidj ; mais sa femme l'en dissuada, et lui conseilla d'opposer à Témim, qui était né de l'illustre émir des
Arabes Youssouf ben Taschfyn,Schandja, son fils (fils do roi desRoums). En conséquence, Alfonse envoya contre les Arabes son fils Schandja à la tète de nombreuses troupes commandées par les principaux sahebs et par les plus braves d'entre les chrétiens; ils marchèrent jusqu'à ce qu'ils approchèrent d'Aklidj. On donna avis à Témim de sa venue.Témim voulait abandonner la ville et ne point donner combat aux chrétiens; mais Abdallah , fils de Mohammed , fils de Fathima, et Mohammed , fils d' Aïscha , ainsi que les autres généraux (caouad) lamtouniens, lui conseillèrent de ne point lever le camp, et de tenter le sort des armes ; ils l'encouragèrent, et lui firent voir la facilité qu'il y aurait à venir à bout des chrétiens. Témim persista dans le dessein de battre en retraite*, mais il ne trouva plus de voie pour le faire. En conséquence les caïds de Lamtouna se mirent eu devoir de tenir tète à l'ennemi. On en vint aux mains avec acharnement de part et d'autre; mais, après uu combat long et marqué par des prouesses inouies, Dieu mit en déroute les ennemis, et donna la victoire aux Musulmans ; le fils d'Alfonse fut tué et avec lui environ vingt-trois mille chrétiens. Les Musulmans entrèrent ensuite d assaut dans la Kassbah d'Ouklidj, non toutefois sans qu'il y périt un grand nombre d'entre eux (à qui Dieu fasse miséricorde !). Alfonse, ayant reçu cette nouvelle, s'affligea fort de la mort de son fils, de la prise de sa ville et de la perte de son armée; il tomba malade de rage et mourut peu après x.
Sancho était le seul enfant mâle qu'eût jamais en le roi; il n'était âgé que de onze ans. Alfonse 1 avait fait montera cheval, après l'avoir armé chevalier, et 1 avait mis, sous la conduite de son gouverneur le comte Cornez de Cabra , à la UHe des troupes amenées à l'effet de secourir Dclès par les plus puissans comtes du royaume. Roderich nous fait de la mort
1 EbD Abdel UaHm,P. 116.