‹ Histoire d'Espagne, 5Chapitre 38 sur 282 · CHAPITRE DIX-NEUVIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIX-NEUVIEME

nios, ben Manrik, ben Radmir, ben Garscbya, ben Schandja, ben Fortis, ben Galend, etc. r.

Restait à faire rentrer dans l'obéissance les walis dn dehors. Les lettres affectueuses et persuasives du khalife en ramenèrent quelques-uns; mais la plupart, sans méconnaître sou autorité d'imam, trouvèrent des prétextes pour ne lui envoyer ni troupes ni argent. Il résolut de réduire par la force des armes les plus voisins, et il chargea Obcïdallah ben Abd el Aziz el Yohséby de la réduction des Algarves, où commandaient partout des créatures de Yahya ben Aly ben Hammoud. Obeïdaïïah fit rentrer dans le devoir les alcaïds hammoudites de Lebla (îîiebla), Oksonoba (Ossonoba), Schilbès (Silves), etc. Mais les walis de Grenade, de Malaga, de Saragosse, de Dénia, d'Almérie, ne purent être même attaqués; ceux de Séville, de Garmone, de Sidonia, étaient en révolte ouverte; et le père d'Obeïdallah, Abd el Aziz, lui-même, à qui Hescham avait donné le gouvernement de Djézirah- Schaltis et de Huelba, s'érigea en seigneur indépendant de ce pays, par les suggestions, dit-on, de Mohammed ben Abêd, de Séville, qui s'en fit un allié puissant. Pendant près de deux ans Hescham fit faire en vain la guerre aux rebelles. Le sort des armes leur fut presque toujours favorable, et il fut réduit à terminer cette guerre désastreuse par un traité, qui lui fit perdre toute sa popularité à Gordoue. Les Gordouans traitèrent de faiblesse la modération du khalife, et imputèrent ù sa mauvaise étoile le peu de succès de ses armes contre Ebn Abêd. L'inquiétude et la turbulence étaient partout, et Hescham avait coutume de dire que cette génération ne savait ni se gouverner elle-même ni se laisser gouverner. Les murmures et le mécontentement s'accrurent enfin au point qu'une crise devint imminente. Djehwar en avertit le khalife et loi conseilla de se retirer à Zahra. Hescham, fort de sa conscience,

S Voyez Coude, c. 117.

78 HISTOIRE DESPAGÎfÉ.

crut pouvoir demeurer dans Cordoue; mais les séditieux s'attroupèrent dans la nuit du 1 1 au 1 2 de djoulhedjah (du 29 au 30 novembre 1031), et parcoururent les rues en demandant à grands cris la déposition et le bannissement d'Hescham. Djehwar fut le premier à lui annoncer la volonté du peuple, soit que le désir de régner indépendant lui fût venu à lui aussi, soit que ce fût le seul moyen de sauver la vie du khalife. Hescham s'écria sans s'émouvoir : « Grâces soient rendues à Dieu qui le veut ainsi 1 » Et il sortit du palais au point du jour, avec sa famille et une escorte de quelques centaines de cavaliers. Il se retira d'abord dans un château de la Sierra Moréna, appelé Hisn-Aby-Schéryf , château qu'il avait lui-môme fait construire. C'était tout ce qu'il voulait se réserver de l'empire de Cordoue. Il fut accompagné dans son exil par plusieurs écrivains, poètes et légistes distingués, dont les noms sont restés célèbres dans la littérature orientale, favoris et fidèles amis du khalife, jusqu'à la mort, pour nous servir d'une expression consacrée chez les écrivains musulmans, entre autres par Abd el Bar el Naaméry de Cordoue, doué d'un grand talent pour la poésie; par Mohammed el Rayyny, connu sous le nom d'Abou Abdallah el Hannat, également célèbre par ses beaux vers, et par l'érudit Ahmed ben Abd el Melek ben Schohaïd, auteur du Kitab Hanout el Atar. Son départ eut lieu en l'année 422 (1031). Mais cette retraite était encore trop voisine de Cordoue. Il causa peut-être par là quelque ombrage à celui qui s'était emparé de la succession des anciens khalifes, à ce môme Djehwar dont il vient d'être parlé, et dont il sera question encore tout à l'heure. Hescham fut assiégé et pris par les Cordouans à Hisn-Aby-Schéryf quelques jours après s'y être retiré; mais il s'échappa de leurs mains, et chercha un asile près de Souleïman ben Houd, wali de Lérida, et, plus tard, de Saragosse, où il fonda une dynastie au détriment de celle d El Mondhir. Souleïroan reçut le khalife déchu, dont il était

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