CHAPITRE DIX-NEUVIEME
l'ami, avec empressement et bienveillance, et loi donna'pour habiiation nn fort appelé £1 Kouellah (Acvela dans Eoderich de Tolède, Alzuhela), peut-être Almezan, petite ville située non loin de Lérida. Hescbam y vécut tranquille avec sa famille et ses amis jusqu'à sa mort, arrivée en safar 428 (novembre ou décembre 1036)1. En lui finit la dynastie des Ommyades d'Espagne , qui avait commencé à Abd el Rahman ben Moawia, en 138, et se termina à ce Hescbam III el Motadd, en 422. La dynastie des Ommyades avait duré deux cent quatre-vingt-quatre années musulmanes, ou deux cent soixante-seize années solaires. L'histoire de Féz, qui la fait finir à l'avènement d'Aly ben Hammoud, ne lui donne de durée que deux cent soixante-neuf ans et quarante-trois jours ; ce qui est exact, en effet, à compter du 10 de djoulhcdjah 138 au 23 moharrcm 407».
On raconte qu'après la déposition d'Hcscham el Motadd, un jeune prince de sa race,Ommyah, éleva des prétentions à la succession de ses ancêtres ; mais que ni le diwan ni le peuple ne voulurent le choisir pour khalife, et le rejetèrent, tout en ayant pitié de sa jeunesse et de sa noble origine, résolus qu'ils étaient à repousser tout membre d'une famille à laquelle il était évident que la fortune avait tourné le dos. Mais l'Ommyade s'obstinant : « Nommez-moi khalife aujourd'hui, dit-il, et tuez-moi demain, si mon étoile le veut ainsi ! » Ses vœux, remarque un historien, ne furent exaucés qu'en
i Iaen amena ivil ad quoddam castrum, quod in montant* Cordub» crat
situât. Cordubenses terô caslrum post modicum temporia obaedorunt, cl Iscn captum custodis tradiderunt : aod Inde subjogall >ehieulo noctu logions , Zuleman Abenhut regem CaMirau;',usix in auxilium sui periculi prœeloglt, qui, suscipiens liberalilcr et bénigne, dédit ci castrum qood dicilnr Acvela (Alzuhela daos quelques éditions), in quo degit, quoad TÎxil (Roder. Tolel., c. 46).— Conde, c. 117.
* Voyez El Karlas el Sagbir, c. 28. — Le règne d'Hcscham III fut en tout de quatre ans sept mois el douze Jours.— Régnât il Cordub» annis duobus, diebus quatuor : in Fronlarla outero, annif duohns, meniibua teplem, diebus ocio (Roder. Tolet., c. W).
partie; il ne régna point, et disparut le même jour sans qu'on ait jamais su ce qu'il était devenu. Ainsi s'évanouirent leur puissance et leur fortune, ajoute l'écrivain musulman, comme si elle n'avait point existé. Heureux celui qui a bien vécu, et que toujours soit loué celui dont le règne ne finira jamais! .