‹ Histoire d'Espagne, 5Chapitre 40 sur 282 · CHAPITRE VINGTIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE VINGTIÈME

États qui te forment en Espagne après la distolnlion du khalifat de Cordoue. — Émirat de Cordoue, sous D}ebwar. — Formation des royaumes Indôpendans de Tolède, SéviUe, Saragosse, Badsjot, Valence, Alméric, Mure le, Dénia, Matorque, Albarracin, Sanla-Maria d'El Gharb, etc. — Histoire et caractérisalion des diverses dynasties maîtresses de ces royaumes : Djcwahrides, Tadjibites, Dioulnounides, Bondîtes, Ahmérides, Zeyrides, Uammoudiles, etc. — Récapitulation.

De 1012 a 1031.

La révolution par laquelle les Ommyades furent écartés du khalifat ût passer le pouvoir à Cordoue aux mains de Djchwar ben Mohammed Abou el Houzam, surnommé el Modhaffcr, homme sage et prudent qui comptait parmi ses ancêtres des hadjebs, des wazirs et des katebs des khalifes précédens. Luimôme avait été wazir sous les deux derniers, et l'un des hadjebs d'Hescham el Motadd. De tous les princes qui régnèrent en Espagne, après les Ommyades, Abou el Houzam Djchwar ben Mohammed ben Djehwar fut le seul, suivant la remarque d'un historien, qui n'usurpa point le pouvoir suprême. Élu au commandement et proclamé émir par les principaux scheiks réunis, par les alcaïds et les plus notables habitans, il voulut gouverner avec leur concours, et il établit une sorte de gouvernement aristocratique formé d'un diwan ou conseil réunissant les plus puissans chefs de tribu, et dont il ne se réserva que la présidence. Tout ce qui se réglait et s'ordonnait paraissait au nom de ce conseil : si on lui adressait en particulier quelque demande ou quelque plainte qui fût importante et dût influer sur l'ordre civil, il disait: « En ceci je ne puis, moi, refuser ni accorder; cela regarde Je v. 6

conseil, et je ne suis qu'un membre du diwan.» De cette manière il se concilia le peuple de Cordoue et gagna dès l'abord les esprits de tout le monde. Il refusa aussi par modération de quitter sa maison pour les aleaçars royaux ; et lorsqu'il se détermina à les habiter, il régla le service et l'économie du palais de manière qu'il y eut peu de différence avec le train et Tordre de sa maison particulière. Il fixa le nombre des domestiques et débarrassa les portes de l'Alcaçar de la quantité innombrable de valets qui les encombraient du temps des Ommyades. Il mit tant d'ordre et d'économie dans le nombre des gardes et des portiers, et dans les dépenses de la maison royale, qu'il en résulta de grandes épargnes. Parmi les mesures les plus louables de son règne, on cite l'abolition des délateurs qui vivaient de calomnies et des procès qu'ils faisaient naître, et il créa un petit nombre de procureurs salariés comme les juges, et chargés des accusations publiques. Il bannit les médecins empiriques, qui, sans expérience ni savoir, pratiquaient l'art de guérir, et il forma un collège de savans pour examiner ceux qui prétendraient exercer la médecine et servir dans les hôpitaux. Il prenait un soin particulier de l'approvisionnement des villes. Cordoue devint par ses soins le grenier de l'Espagne, et son marché attira des chalands de toutes les provinces.il établit des almoxarifs ou collecteurs d'impôts et des alcaldcs des halles, qui, chaque année, rendaient compte au diwan de leur administration ; créa des inspecteurs des places et des portes, chargés de veiller à la sûreté des citovens, et des vf azirs ou gardes de la ville, chargés d'en faire la police de jour et de nuit. Ceox-ci distribuaient des armes aux habitans notables de chaque quartier, pour faire la ronde dans leurs rues; les alcanas (allées garnies de boutiques) avaient des portes que l'on fermait à une certaine heure, et toutes les rues étaient termiuées par des barrières, afin d'éviter les désordres nocturnes et la fuite des malfaiteurs d'un quartier a l'autre, à l'approche des ron-

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