‹ Histoire d'Espagne, 5Chapitre 42 sur 282 · CHAPITRE VINGTIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE VINGTIÈME

vait craindre de voir s'allier avec le nouveau souverain de Cordoue.

Quant à Saragosse, elle était, à l'avénement de Djehwar, toujours gouvernée par le brave Abou el Hakem el Mondhir ben Yahya ben Hosseïn,que sa valeur et ses exploits contre les chrétiens avaient fait surnommer El Mansour. On l'appelait aussi El Tadjiby, à cause de la tribu arabe dont il tirait son origine. C'est à tort que Conde le classe dans la famille des Bény Houd. La dynastie des Houdites fut fondée plus tard, omme nous le dirons tout à l'heure, par ce Soulcïman ben Mohammed ben Houd el Djézamy, saheb de Lérida, près de qui nous venons de voir se retirer le dernier des khalifes ommyades, Hescham cl Motadd Billah. La famille d'El Mondhir ben Yahya, que le chroniqueur appelle un des quatre principaux émirs qui aspir aient à la souveraineté de l'Espagne, était d'ailleurs très puissante non-seulement dans le Scharkyah, mais encore dans le Gharb de la Péninsule. C'est ainsi qu'un Tadjibite, et, selon toute apparence, le frère môme d'El Mondhir, Mohammed ben Yahya Maan ben el Tadjiby, était wali d'Huesca et de ses dépendances, tandis qu'un membre de la même famille l'était de Tortose. Une étroite alliance unissait* ce Mohammed ben Yahya d'Huesca avec le maître de Valence Abou el Hassan Abd el Aziz ben Abd el Bahman ben el Mansour, qui n'était antre que le petit-fils du héros de ce nom. Après la mort tragique de son père, Abd el Aziz s'était réfugié , avec sa sœur Boriyah, près d'El Mondhir, qu'El Mansour avait fait wali de Saragosse : par reconnaissance et vieille amitié El Mondhir soutint la cause des Ommyades et des Ahmérydes jusqu'au bout : c'est ainsi que nous l'avons vu, sur l'appel de Hhayran, venir jusqu'en Andalousie au secours d'Abd el Babman el Mortadhy. Abd el Aziz ben Abd el Bahman, en cette occasion, ou plus vraisemblablement sous le second khalifat d Hescham el Mouwayyad, et par la fa-

Veur du hadjcb Wadhah el Ahméry, avait obtenu le gouvernement de Valence, et n'avait pas tardé à s'y rendre indépendant, soit qu'il eût refusé toute soumission à Gordoue à dater de la prise de cette ville par Souleïman cl Mostaïn, et par conséquent de la disparition d'Hcscham el Mouwayyad (1013), soit qu'il n'ait pris les titres d'émir et d'El Mansour que sous le kbalifat des Hammoudites, ou qu'après l'entrée au pouvoir de Djebwar (1031). Il était si adroit politique, dit la chronique arabe, qu'il gagna tous les Ahmérys, et surtout Zohaïr le Sékléby, qui s'était rendu maître d'Alméric et de ses dépendances : tous le regardaient comme leur prince ou leur suzerain. Léboun et Moubarik, deux Ahmerydes esclavons, tenaient pour lui Mourbiter et Schatibab (Murviédro, la grecque Sagonte,et Xativa, l'ancienne Saetabis, corrompue en Schatibab par les Arabes, et appelée maintenant San-Fclipe). Mohammed ben Yahya el Tadjiby,d'Huesca, était marié à la petite fille d'El Mansour, à Boriyab (Claire), sœur de cet Abd cl Aziz ben Abd el Bahman ben El Mansour ben Abdallah ben Aby Ahmcr. Pareillement les Bény El Afthâs étaient maîtres de la Lusitanie et du Gharb de l'Espagne depuis qu'Abdallah ben Moslémah el Tadjiby ebn El Afthas de Mékincs avait succédé au Persan Schabour, c'est-à-dire vers ce temps même . Schabour avait emmené avec lui à Bathalious , chef-lieu alors du gouvernement du Gharb, le jeune Abdallah ben Moslémah, et lui avait donné le gouvernement de Mérida. Abdallah avait été secrétaire de Schabour, et celui-ci l'estimait au point qu'il ne faisait rien sans le consulter et sans son assentiment. Il l'avait comblé d'honneurs et de distinctions ; en sorte qu'il était comme le wali ou l'amel souverain de cette amélya, l'une des plus considérables de l'ancien empire des khalifes. Schabour étant mort, selon toute apparence en 1030 ou 1031, Abdallah lui avait succédé, et, prenant le surnom d'El Mansour, s'était déclaré maître absolu de l'Al-Gharb. Il était tellement sûr de sa

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