‹ Histoire d'Espagne, 5Chapitre 43 sur 282 · CHAPITRE VINGTIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE VINGTIÈME

possession et si orgueilleux de sa puissance, qu'il méprisa les lettres de Djchwar, et choisit le moment où il les reçut pour faire déclarer et reconnaître pour son successeur, à Badajoz, où il tenait sa cour, son fils Abou Bckr Mohammed cl Modhaffer, l'historien, qui s'est acquis plus d'un titre à notre reconnaissance par son histoire universelle en cinquante volumes, intitulée la mémoire des événeraens1. Le degré de parenté parait avoir été fort proche entre Abdallah ben Moslémah et les walis de Saragosse et d'Huesca, El Mondhir et Mohammed, tous deux fils de Yahya; il est probable que Moslémah et Yahya étaient frères, et que, par conséquent, Abdallah était cousin d'El Mondhir et de Mohammed. Dans son voisinage, les villes de Wclba, de Libla et de Djézirah- Schaltis1 étaient au pouvoir des Yabyyns Yohsébys, membres de la môme famille, et dont le père, Ahmed, s'était rendu maître du pays en 410 (1019). Ayoub,wali et cadhi de Cordoue du temps d'El Mansour, et dont celui-ci avait soupçonné la fidélité dans une négociation avec Bcrmude le Goutteux, était de cette famille, laquelle s'était piquée, jusqu'à ces derniers temps, de demeurer fidèle aux Ommyadcs, et n'avait commencé à affecter l'indépendance que sous Hesebam III, le dernier des khalifes de cette race. De tout 1A1-Gharb d'Espagne, une partie seulement appartenait à une famille non dévouée aux Ahmérydcs : c'était le territoire et les dépendances de Santa-Maria d'Al-Gharb, dont la capitale était l'ancien port phénicien d'Oksonoba, sur l'océan occidental, aujourd'hui Faro, gouvernement comprenant tout le territoire situé entre le cap Saint- Vincent et l'embouchure du Guadiana, au sud de la Sierra de Monchique, et par conséquent Silves, Villanova do Portimào, Loulé, Faro, le cap et les îles de Sainte-Marie, Tavira et

I Voyez Casiri, t. il, 1. c.

3 Duelva, Kiebla et Pcsula Salteras.

Gastro-Marin. Ce territoire, ou, si I on veut, cette principauté, était dans la dépendance du wazir Ahmed ben Saïd Abou Djafar, ancien katcb et créature du khalife Souleïman el Mostaïn Billah; il le possédait à titre héréditaire, avec son gendre Saïd ben Haaroun Abou Othman de Mérida, qui ne tarda pas à lui succéder.

Pareillement, le territoire d'Almérie et toute la partie méridionale de l'Espagne, ainsi que les îles Ivices et les Baléares étaient au pouvoir des Ahmérys, qui en avaient eu le gouvernement du temps d'£l Mansour et de ses fils Abd cl Mclck et Abd el Rahman. Nous avons vu Moudjéhid ben Abdallah Abou Djaïsch el Mowâfek se faire, de sa pleine autorité, émir de Maïorque et de Minorque, ainsi que d'Ivice et de Formentère, dès 1016, sous le premier khalifat de Souleïman, puis venir reprendre possession, vers la fin du règne d'Hescham el Motadd, de Dénia, dont il avait laissé le gouvernement à l'Ommyade Abdallah el Jtfoaïty, à son départ pour la conquête des Baléares. Lorsque Hhayran el Sékléby el Ahméry eut été vaincu par le khalife Aly ben Uammoud, qui lui ôta la vie de sa propre main,Zohaïr, parent de Hhayran, et comme lui Ahméry et Sékléby (Dalmatc ou Esclavon de naissance, disent quelques historiens), accourut de ses domaines héréditaires de Castellon (Castillon delaPlana), et, soutenu par les autres Ahmérydes, se rendit maître, par la force des armes, de la ville d'Alméria, qu'il enleva au cadhi Mohammed ben Kasem Zobeïdy el Karouany. Zobeïdy en avait été nommé wali par Kasem ben Hammoud, sur la recommandation de son ami Mohammed ben Ismayl ben Abéd, de Séville, dans le même temps que celui-ci recevait le titre de wali et d'amel de sa ville natale et de ses dépendances. Zobeïdy mourut en combattant pour la défense de la place, qu'emporta d'assaut Zohaïr. De ce moment Almérie ne sortit des mains de Zohaïr que pour passer dans celles d'Abd cl Aziz ben Abd el Rahman ben El Mansour, l'émir de Valence,

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