‹ Histoire d'Espagne, 5Chapitre 53 sur 282 · CHAPITRE VWGT-ENIÈMJÏ · texte numérisé non relu

CHAPITRE VWGT-ENIÈMJÏ

comte Menendus Gundisalvi, et la comtesse Domna May or, sa femme, pendant la minorité d'Alfonse, et aussi que la reinemère Domna Gclvira prenait part au gouvernement; ce qui ne peut se nier à la vue des documens de cette époque. Car, outre les actes qu'on trouve dans les archives de Samos de l'année 1001 , époque à laquelle la reine présida à Boveda, village de la vallée de Lemos, une assemblée de juges et de seniorcs , il existe dans les archives de Léon un acte de Tannée précédente (1000), dans lequel elle donne, en qualité de régente, à 1 évoque Froïla et à son église, la lande (paramo) de Veremundus Uzzariz, et l'acte commence par ces mots : Ego Geluira regina simul cum filio meo Adefonso rex adeptus in regnum paîris suis, tibi enim Froilani Ep. in Duo Deo plenissimam salutem. La date est exprimée comme il suit : Facta séries testamenti secundo idus novembris in era terdena octava post millesimam. Parmi les signatures il en est deux dignes de remarque, celle de la mère du roi ainsi conçue : Gelvira regina prolis Garseani et Avœ;ce qui prouve surabondamment que Domna Gelvira n'était pas fille du roi de Navarre Garcia le Trcmbleur, comme l'ont prétendu quelques auteurs, mais bien du comte Garcia Fcrnandez, dont la femme s'appelait Ava , comme il appert de plusieurs documens et privilèges; et celle du chroniqueur Sampirus,qui signe: Sampirus Prbr. qui et Majordomus Rcgis. On voit encore, après la signature de Gudcstcus, évoque d'Astorga, la suscription suivante , caractéristique de ce temps : Monachos, qui sunt in palalio Régis. Les moines ne se nomment point.

En la môme année 1000, l'évoque de Léon Froïla confirma le privilège d'Alfonse V en donnant à l'église d'Oviédo de grandes propriétés dans la ville de Todox, entre Barayo et Navia. Ces biens avaient été coufisqués à Analsus et à sa femme, pour avoir attenté à la vie d'Alfonse enfant, du vivant de son père Bermude. En 1002, Sinduara, abbesse du monastère de Saint-Jacques , fit don au saint apôtre et aux

martyrs dont les reliques sont vénérées dans cette maison , de grandes possessions quelle avait achetées à différentes personnes qu'elle nomme. Cet acte de donation est en date du 2 des ides de mars de l'ère 1040, et il est signé par l'évèque Froïla en ces termes : Sub Christi nomine Froilani Dei gratia episcopus.

Froïla qui, sous le règne de Bermude, avait donné tant de preuves de sa grande dévotion aux saints martyrs Facund et Primitif et de sa vénération pour les moines qui les desservaient, en leur donnant le monastère de Saint-Pierre de Grémènes et d'autres églises, fit son testament dans l'ère 1 040, en l'honneur de Dieu et de la Vierge Marie, sous l'invocation de laquelle était l'église cathédrale de Léon où se trouvaient déposées les reliques de saint Gyprien, évèque, de saint Thomas, apôtre, et de plusieurs autres saints. Les dons de ce prélat furent d'une si grande valeur qu'ils suffirent à l'entretion de son église, même dans les temps calamiteux des incursions d'£l Mansour et d'Abd cl Melek. Il donna d'abord sa propre maison, qu'il avait mit construire, comme il dit, labore perftclOy ainsi que plusieurs édifices qui en dépendaient, son or, son argent, ses vétemens, et plusieurs objets d'une utilité personnelle. Puis il donna quelques villages dans les montagnes de Léon, près du rio Torio, lesquels avaient autrefois appartenu aux religieuses de Mataplana et dont il avait été mis en possession par l'autorité canonique et sur Tordre du roi Bermude, de glorieuse mémoire; puis une ville dans le pays de Gastrello, avec ses maisons, ses terres, ses vignes, ses moulins, ses prés, ses marais, ses montagnes, ses aqueducs, et tous ses revenus; une autre ville, dans la vallée d'Oncina, et scmblablemcnt tout ce qu'il possédait dans cette juridiction (similitercum omniaquibus in eajure possideo) ;une autre dans la lande (in paramo), que lui avait donnée la reine Domna Gelvira, femme du roi Bermude; un héritage dans la vallée d'Àsiloncia (aujourd'hui Ezlonza), qui lui venait d'un prêtre

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