CHAPITRE VINGT-UNIÈME
les sept.premiers, qui sont de discipline ecclésiastique, il est ordonné, entre antres choses , qne , dans tous les conciles qu'on célébrera à l'avenir, les causes ecclésiastiques seront traitées les premières, celles du roi ensuite, et en dernier lieu celles du peuple. Tous les autres canons sont de législation politique et civile, et entièrement relatifs aux choses temporelles. A la fin, et un peu avant les suscriptions du roi, des évèques et des grands, éclate lanathème accoutumé contre quiconque, fut-il de la propre race du roi, ou de race étrangère, tenterait de briser la constitution délibérée et votée par le concile : — « Qu'il ait, dit énergiquement le dernier canon, la main, le pied et la tète coupés, les yeux arraches, les entrailles ouvertes; qu'il soit frappé de la lèpre ensemble et du glaive de l'anathème, et souffre la peine due à son crime avec le diable et les anges rebelles, dans l'éternelle damnation1! »
On a loué à bon droit la brièveté de cette constitution, à la fois religieuse, politique et civile, la première depuis le Fuero-Juzgo des Goths dont les articles aient été conserves. Bien qu'elle fixe les lois à suivre dans toute l'étendue des domaines de la monarchie de Léon, c'est-à-dire aussi bien dans ce dernier pays que dans les Asturies et dans la Galice, plusieurs canons ont particulièrement pour objet la ville même de Léon; le vingtième, notamment: « Nous arrêtons aussi, y est-il dit, que la ville de Léon, qui a été dépeuplée, se repeuplera à la faveur et en vertu de ces réglemens écrits. Nous ordonnons, en conséquence, qu'aucun bourgeois, cabaretier ou mai* chand, qui viendrait pour s'établir ù Léon, n'en soit repoussé ni chassé a. »
i QoUqris ex noilra progenle, -?el extranea, hanc nottram conalllutionem sciene frangera lenlaveril ; fracla manu, pede et certice , eTulaia oculla, fusis iDieslinis, pcrcuMuj leprâ unà coin gladio analheinatif , in «lerna d amnalione cura diabolo et aogeUi ejus loat pcenas (c. 48).
1 ConsiUoimus eiiam , ut Legionensii civius quai depopulata fuit, repopu-
126 HISTOIRE D'ESPAGftE.
L'objet évident de cette loi était de rappeler les populations dans l'ancienne capitale dn royaume, et de lui rendre la splendeur et la prospérité dont les événemens l'avaient fait déchoir, en lui accordant des privilèges qui pussent engager à venir s'y établir.
Alfonse en fit d'ailleurs le siège du gouvernement, de l'ad* ministration et de la justice, lui rendit les prérogatives de conrentus dont elle avait joui sous les Romains, et toutes les attributions particulières aux capitales et aux séjours des rois.
C'est ainsi qu'entre autres privilèges il étendit la juridiction de Léon sur plusieurs circonscriptions territoriales importantes, qu'il dénomme dans le vingt-huitième canon, et voulut que tous les hommes des terres désignées dans ce canon fussent tenus de venir, en temps de guerre, garder les murs de la cité et les restaurer au besoin, comme les citoyen» mêmes de Léon, moyennant quoi ils sont déclarés exempts de tout droit d'entrée prélevé sur les denrées de tout genre qu'ils voudraient y venir vendre l.
Les dispositions qui suivent sont aussi particulières à la ville et aux habitans de Léon.
« Que tous les habitans, soit m/rd, soit extra mwros, est-il dit dans le vingt-neuvième chapitre, de la prédite ville, aient toujours et tiennent une assemblée; qu'ils se réunissent de fondation le premier jour du carême au chapitre de Sainte-
Iclor per boa forai scriptos. Mandamus igilor, ut nulloi junior, coparios, ac yendarius, adveniena Legionem ad morandum, indc (non) cxirahatur (c. SO).
* Omncs homtnes habitantes infrascriptos terminos por Sanctara Marlham, per Quintanellas de via de Ccja, per Cenlnra Fontes, per Villam Maaream, per Villam Felicem, cl per illas Nilierias, et per Ciscanlcs, per Villam VeUile, el per Villar Maiarefc, cl per Vallem do A r do no, cl per Sanclnm Julianum, propter conlcnliones quas habuerint contra Legionenses, ad Legionem vcnianl aceîpere, et facere judicium, et in temporo belii et guerres reniant ad Legionem vigilaro muros civilalis, cl restau rare illos , aient cires Legionis, et non dent porlatlcom de omnibus caosis quas ibi rondiderint (c. 28, p. 545).