‹ Histoire d'Espagne, 5Chapitre 63 sur 282 · CHAPITRE VIKGT-UîilÈMTE · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIKGT-UîilÈMTE

Marie pour y régler le poids et la taxe du pain, du vin et de la viande, le prix auquel devront s'élever les journées des ouvriers, et de quelle façon les citoyens maintiendront la justice parmi «u* pendant Tannée courante. Et quiconque ne se conformera point à ce qui aura été ainsi arrêté paiera cinq sous, monnaie royale, au majorinus du roi

Quiconque surfaisait dans la vente du pain ou du vin payait cinq sous d'amende au majorinus du roi a.

Les boulangers qui vendaient le pain à faux poids, la première fois étaient fouettés; la seconde, ils payaient cinq sous d'amende (la valeur à peu près de cinq louis d'or) au majorinus du roi 3.

Plusieurs choses sont à noter dans le texte de ces actes, entre autres l'emploi du mot behetrias sous la forme latine de benefactoriai ; ce qui dispense parfaitement de recourir au basque pour trouver l'origine du mot espagnol et celui des mots majorinus régis et saio. — Le premier servait à qualifier le juge supérieur, d'où vient le mot merino dont on se sert encore aujourd'hui ; le second se donnait au juge inférieur,

» Omnes habitantes iotra muros , et extra , prssdictss orbia, semper habcant etleneant naum forain; et reniant in prima dio Qnadragesime ad Capiiuliim Souri» Maria* de Régula, et constituant mensuras panîs,et vinf, et caroit, et preiium laborantium, qualiler omnis civilas teneat josticiam In illo anno. Et ai aliqais preceptum illud prssterierlt, quinquc solidos moneta regia> ano majorino Régis dcl(lbld.,c. 29).

2 Si quis mensuram panis et fini minoraverit , quinque aolidos peraolvat Majorino Régis (e. TA).

3 Panataria qua* pondai panti falsaveriot, in prima vice fla{;ellcntur; in seconda vero quinque aolidos persolvant Majorino Régis (c. M). — Plusieurs autres canons ne sont pas moins curieux (voy. Agulrre, t. m, p. 1S9).

« Behetrias Tiendrait de Bere-tiriuc, ville libre, selon les prétentions basqnes ; nais ils hésitent et ajoutent : ou do Bet-iriac, td est, urt>es inferioros, vel io locis demissis «ilas.— Behetrias tient et ne peut venir que du mot latin kemfaelorias, employé dans les actes du concile de Léon. — Behetrias veut dire, suivant Pedro Lopez de Ayala : « Qne celui qui leor fera du bien les gouverne » (Qoien bien los biciere que los tenga). L'avantage de la bebelria était, pour parler comme Morales, de pouvoir changer de seigneur par sa seule volonté en disant : « Avec celui qui me fera do bien , j'irai » (Con qulcn bien me biciere, con aquel meiré).

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à l'alguacil on exécuteur. Ou y voit aussi à plusieurs reprises le mot solar, si commun daus l'ancienne législation espagnole, dont on a fait vassallo solariego, équivalant à la dénomination plus moderne de : hidalgo de casa y solar conocido.

Les actes du concile Légionense sont devenus justement célèbres sous le nom de Foros, et figurent au nombre des premiers titres d'honneur mentionnés dans l'épitaphe d* Allonge Vr. Ces lois se sont maintenues en Espagne pendant plusieurs siècles. Pélage d'Oviédo, qui vivait dans le siècle suivant, nous apprend, dans son histoire des quatre villes de Tolède, Saragosse, Léon et Oviédo, qu'elles étaient en pleine vigueur de son temps, et ajoute qu'elles étaient destinées à être observées jusqu'à la fin du monde1. Elles étaient en vigueur encore au treizième siècle. L'archevêque Roderich Ximénez et l'évêque Lucas de Tuy en parlent de la manière suivante : — « Il rétablit les lois gothiques, dit le premier, et y en ajouta d'autres, qui encore aujourd'hui sont en vi-. gueur dans le royaume de Léon 3. » — «Il donna à Léon de bons Foros, dit le second, et les coutumes à suivre à perpétuité, tant dans la ville que dans toute l'étendue du royaume, depuis le fleuve Pisuerga jusqu'à la partie la plus reculée de la Galice 4.»

Le mot foros devint d'un commun usage depuis la promulgation de ces actes, sous cette forme de transition, avant d'arriver, par une altération nouvelle, au mot purement espagnol fueros. Les acceptions des mots forum, foro, foros, corrompu déjà du latin, furent nombreuses et diverses d'à-

1 II. jacet Rex Adefoosus qui populavit Legionem, post de* irucUoaem Alraanaorfs, el dédit ei bonos foros, etc.

2 Defnde dédit ( Alfonse V ) more» bonos Legioni roboratos , quos bodiè babct, et débet habere quousque ronndui ftniatar.

3 Loges gothicas repara vil et aliaa addidit, qoa in regoo Legionis etiam hodie observanlar (Rod. Tolet.,de Reb. HUp., I. c. 19).

* Dédit ci bonos foros et mores, quos débet habere tara cl ri ta s quam totom Legioneme regnnro, a domine PUorga usquc ad extrcmam Gallnciai partent In perpetuum (Luc. Tud, Chr.).

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