CHAPITRE VINGT-UNIÈME
acte de 1016, en parlant de certaines possessions concédées, comme nous l'avons vu, à Petrus Ferdinandi, pour ses bons services, que, lui, Alfonse, les avait soustraites à la juridiction de son oncle et adversaire très infidèle, Sancho, qui , de jour et de nuit, ne recherchait que son mal1. Ailleurs il parle de ses ennemis, lesquels faisaient cause commune avec son très infidèle oncle le comte don Sancho'.Les fueros de Gastille durent naître au milieu même de ces dissensions, et, bien qu'on n'en ait point conservé le texte, le souvenir en demeura tel que Sancho ne fut plus désigné depuis que sous le nom de celui qui donna les bons faeros (el que dio las buenos fueros). Do 1017 jusqu'à la mort de Sancho, en 1021 3, la guerre dut continuer entre l'oncle et le neveu, ou au moins l'inimitié. On en a la preuve dans l'accueil qu' Alfonse fit aux fils de Yéla, qui devinrent de sa cour, et signèrent avec lui plusieurs actes à partir de cette époque, entre autres celui-là même de 1017 où il est parlé de$ terres enlevées par le roi à la juridiction de son oncle Sancho. Es signent dans cette pièce : Yeremudus Vegilaz, Nebutiano Yegilaz, Ruderico Yegilaz. En 1024, un acte porte seulement la souscription du premier' ; qui prend le titre de comte, et du dernier, de cette façon : Yeremudus Veiiaz Cornes, Rudericus Yeilaz. Enfin, dans un troisième diplôme, de 1026, Roderich Vcilaz signe Rudericus Veiiaz, qui et armiger régis. Ces monumens .fixent toutes les incertitudes sur les noms des fils de Vigila, mal rapportés par Roderich de Tolède et Lucas
i Et ebstulimus eas de jure iniidelissimo et adversario nostro Santioni lio nosiro, qui dio nocteque malum perpetrabat apnd nos (Ibid., 1. c, append. xu).
* Qoi erant cum inSdelissimo nostro et tio cornes domno Sanctio.
3 Oaelquea-uns mettent la mort de Sancbo, comte de Castille, en 1017, sur une erreur de copiste de la Chronique de Dargos. Les Annales d\Alcala, qui pLiceni sa mort en 1021 T sont en ceci plus croyables. Nous passons sur les fables débitées au sujet de la mort de Sancho. On peut les voir tout an long danj Mariana (I. tiii,c. 11).
|32 HISTOIRE D'ESPAGHK.
de Tay f. Les deux historiens nous apprennent d'ailleurs que les Vêlas, chassés ignominieusement de la Castille, par Sancho, duc de» Burgosiens, auquel il» ne voulaient point obéir, et s'étant réfugiés près d'Alfonse, celui-ci les reçut avec les plus grands honneurs, et leur donna de» terres, à ce qu'on peut comprendre, dans les hautes vallées du revers méridional des Asturies, pour les dédommager de celles dont les avait dépossédés Sancho a. Tels étaient le» rapports de la Castille avec Léon, lorsque Sancho vint à mourir en 1021. Il laissait un fils nommé Garsia, fort jeune encore, puisqu'il était né l'année même de l'eipédition de son père Sancho contre Cordoue en qualité d'allié de Souleïman 3. Garsia, beau-frère de Sancho le Grand, de Navarre, et qui succéda à son pere, selon toute apparence sous la tutelle du roi navarrais, était le seul héritier mâle de la race de Fernand Gonzalez ; et nous verrons tout-à-l'heure comment, sous la minorité du fils <£Alfonse, les Vêlas se vengèrent, par le meurtre de Garsia, de toutes les injures et injustices que le père, le grand-père, et le bisaïeul de celui-ci avaient fait subir à leur père et à eux-mêmes.
Mais je poursuivrai l'analyse de quelques chartes encore de la fin du règne d'Alfonse, propres à donner une idée des choses et de la manière dont se traitaient les affaires à cette époque.
En 1022 la ville de Gaderanes, située près de Cazanuecos,
1 Lo premier en mentionne trois , qu'il nomme Ruderleus, Ennecus et Didacus ; le second deux seulement, Didacus et Sy Wesler.
2 Vcla comité mortoo, duo Util ejus, Didacus et Sylrester, com Sancio duco Burgensium nollent obedire, à Caslclla, cum magno dedecore ejecli sunt ab ipso duce, li venîcnles ad Regem Adefonsum honorificé sunt ab eo recepti : et dedit ei terrain in submontanis ( Luc. Tud., 1. iv, p. 89. — Roder. Tolol., de Reb. HIsp., I. v, c. 19, p. 90).
3 Era mxlvii (1009) deslruxit cornes Sa ne lus Cordobam, et eodem anno natus est Infans Garsea (Cbr. Burg., p. 508). — C'est par erreur que les Annales d'Alcala le font naître en 1013 (p. S 12).