CHAPITRE VINGT-UNIEME
ment l'évèque de Tny Lucas, les fils du comte Véla, dont il a été parlé ci-dessus (les mêmes qu'Alfonse avait honorablement accueillis dans ses états lors de leur exil de Castille par Sancho, père de Garsia), qui avaient gardé mémoire des maux que leur avait faits le duc Sancius, ayant assemblé une armée dans les montagnes, et marché pendant toute une nuit, entrèrent à Léon ; et le troisième jour, au lever de l'aube, tuèrent ce même infant Garsia à la porte de l'église de Saint- Jean- Baptiste (où il s'était rendu sans doute, dès le matin, pour y faire ses dévotions)1.» Roder ic us, que Lucas de Tuy appelle Didacus, qui, à ce qu'il parait, dans unt feinte réconciliation des fils de Véla avec Sancho, avait tenu Garsia sur les fonts baptismaux, fut celui qui lui porta le coup mortel ; ce qui constituait de soi, aux yeux de l'église, un énorme sacrilège. Un assez grand nombre de Castillans et de Léonais accourus à la défense du jeune comte furent tués à Ja même place par les hommes des Vêlas, qui, voyant la multitude s'émouvoir et s'accroître pour venger la mort de Garsia, jugèrent, prudent de prendre la fuite, et se réfugièrent dans le château de Monzon. L'enfant, suivant Lucas de Tuy, n'avait pas plus de treize ans, lorsqu'il fut ainsi tué. Mais nous croyons que c'est une erreur de copiste et que Sancho avait quelques années de plus. Suivant les mémoires d'Ofia, le fait eut lieu le 13 de mai, et il doit être placé, d'après nos calculs, au mardi 13 mai 1029. Sancha manifesta, dit-on, une grande douleur de la mort de son fiancé, (fecit planctum magnum super ducem Garsiam), et le fit enterrer honorablement près du roi Alfonse son père, dans
si Dm nobiles coin comité suo infante Garsia in^ Legionem proponentes ire Ovetnm, tom causa orationis , lum ul loquerenlur eu m rege de matrimonio conlrahendo, el régis noralne Garsia daci obtinendo (Ibid., 1. c).
i Sed filii Veto comilis supradicll, aggregantes exercitns in submonlanis, memores malorura quœ sibi fecerat dax Sancius, ambulantes per tolam noctem intraveront Legionem : el terlia ferla illnccscenle die occideront ipsora, in. fantem Garseam in porta ecclesto Sancti Joannis Baptiste,
l'église de Saint-Jean-Baptiste de Léon, aujourd'hui de San- Isidro x. Le fait est rappelé dans un acte du mois d'avril 103 1 , par lequel domna Toda donne tous ses biens au monastère de Sahagun. Elle y dit qu'elle fait cette donation pour le repos de l ame de son père et de sa mère, domnus Garsia et domna Àva, de celle de son frère Sancius et de son neveu Garsia, quetn occiderunt in Legione
La mort de Garsia fut l'occasion , avons-nous dit, de toute une série de révolutions qui aboutirent à changer la face des choses en Espagne, et à y faire passer dans une seule famille, et presque «dans une seule main, la puissance souveraine. Outre la Cas tille et Léon, la Péninsule comptait à cette époque, au premier rang des royaumes chrétiens, le royaume de Navarre, sous son vieux roi Sancho, parvenu , lors de la mort d'AlSonse, à la soixantième année de son règne. Sancho de Navarre était gendre de feu Sancho de Castille, et, par sa femme , pouvait prétendre à la souveraineté du comté. 11 n'eut garde de s'en faire faute. Il entra avec une armée en Castille et en prit possession comme de son bien propre. Les Vêlas s'étaient, ainsi que nous l'avons dit , réfugiés dans le fort de Monzon, situé sur la frontière même de la Castille, et bâti aux bords du Carrion, au sommet de la colline qui domine, du côté du sud, la ville actuelle, appelée Monzon de Campos, dans l'évèché de Palencia , près de Nueve-Villas. Sancho les y assiégea, prit la forteresse d'assaut , et en lit passer au fil de l'épée tous les défenseurs, à l'exception des
1 Morales (Coronica, 1. xtii, c. 48) el Ycpci (I. v, fol. 152), rapportent ion «uitauhe, telle qu'on la toil encore n Léon dans l'église de Sainl-lsidore.
D. B. D0MI5T8 GARSIA Qtl VBNIT IN LEGI05EM
VT ACCIPBRET RBGÎUM
ET ISTBRFECTVS EST A F1LIIS VBLB COMtTtf.
2 Eacalona, HUtoria de Sahogim, appendicei, p. 419.