‹ Histoire d'Espagne, 5Chapitre 75 sur 282 · CHAPITRE VINGT-UNIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE VINGT-UNIÈME

Garsia, mais c'était en réalité Ferdinand, au moins pour l'avenir, au cas que Bermude vint à mourir sans enfans, héritier qu'il était, du chef de sa femme, des royaumes de Léon, des Asturies et de la Galice.

La mort de Sancho le Grand, qui eut^l^u, comme nous l avons dit plus haut, dans le mois de février 1035 x, fut presque aussitôt suivie d'une guerre civile entre ses fils. Ramire, premier roi d'Aragon, dont les états situés dans les Pyrénées mêmes, ultra Alpes roscidœvallis, ne se composaient guère que des vallées supérieures de l' Aragon, de l'Ara et de la Ginca, et ne comptaient qu'un petit nombre de villes pauvres et peuplées de rudes montagnards, dont les principales étaient, de la Cinca à l'Iraci, Ainsa, Larcda, Jacca, Canfranc, Verdun, Aciz et Sanguesa, mécontent de son partage, prit les armes le premier contre son frère Garsia de Navarre, que son père avait envoyé en pèlerinage ou en ambassade à Rome près du pape, et qui était absent d'Espagne à la mort de Sancho. Ramire, pour s'emparer du royaume de son frère, n'avait pas assez de ses propres forces, et il appela à l'aider dans son entreprise les émirs musulmans de Saragossc, d'Huesca et de Tudèle, avec les états desquels ses états confinaient. Fort de leur alliance et des secours qu'ils lui prêtèrent, il put se mettre

dam scmotim regni sal partlculam,scilicet ne fratribus eo quod malerno génère impar érat, quasi bereditarlus regnl videretur (Monach. Sllens. Chr., tram. 7tt). — On trooie, sur les fila de Sancho, lea renseignement aoivana dana POrdo nunerum Regum Parapilonenaium : — Sancliaa rex ex aneilla qoadam nobiliasima •4 pulcberrima, que fuit de Aybari, genuit Runimirum regem cognomento Curvum.quem regni particule, id eal A r agoni, perfecit. Deinde aceepit uxorem légitimant reginam Urracam filiam comilia Sanaio de Caslella, ex qua genuil Forrardom, prius comilem Caatelle, posloa regem LcglonU, et ci ea genuit regem Gaxsiam Navarre.

» Kra mlxxiii (lOBtf) obiit Sanciua res Abarca ( Chr. Burgenw, p. 508) ; ▼id. ihîd. Ann. Complut., p. 313. — Regnavit annia h%.wt dit formellement l'Ordo numerum Regum Pampiloncnsium, et obit era hlxxui. — Le règne de Sancho, intronisé enfant , fut un des ploa longs règnes connus : il dora 64 ans et 8 mois, depois le jnols de Juin 970, jusqu'au mois de février |0W. Voyea ci-dey., t. iy, p. -104 et seq.

en campagne, et fit dresser ses tentes autour de la ville de Tafalia, entre l'Arga et l' Aragon, dont il lui importait avant tout de se rendre maître Les prétentions de Bamire à l'ancien héritage paternel ont fait concevoir à quelques-uns la pensée qu'il était légitime, et l'ainé des fils de Sancho, à qui celui-ci pou vait# voir fait injustice pour condescendre aux prières de sa seconde femme, qui, naturellement plus portée pour ses enfans que pour un enfant du premier lit, et ayant contribué si largement à l'agrandissement de la Navarre, par l'apport du comté de Castille, pouvait parler haut et méritait que son mari la contentât3. Mais ni les raisons, ni les armes, en supposant que le bon droit fût de son côté, ne valurent à Ramire. Garsia s'était hâté, sur la nouvelle de la mort de son père, de revenir dans ses états, et il approchait de Pampelune, lorsqu'il apprit les préparatifs de son frère. Il rassembla en toute hâte une armée de Pampelunois 3, et se jeta sur le camp de Tafalia avec tant de rapidité et de bonheur, qu'il tua dans l'action la meilleure part des troupes ennemies, more pecudum, dit le chroniqueur, et mit l'autre en fuite. Le roi d'Aragon lui-même, dans la hâte avec laquelle il dut prendre la fuite pour éviter de tomber dans les mains de son frère, monta, déchaux et presque sans vêtement, un cheval sans selle et n'ayant au cou qu'une corde au lieu de brides; ce qui fait supposer qu'il avait été attaqué à r improviste ou nuitamment. Arabes et chrétiens abandonnèrent à l'ennemi leurs tentes, leurs trésors et tout ce que renfermait leur camp. Boderich de Tolède ajoute que le vainqueur, poursuivant le vaincu au-delà des limites de la Navarre, lui

l Qui nimirum Ramlrus, ad hoc facinos perpetrandam Illexerat slbi quosdam affines Maurorum regea, ei Cssaraugustanum acilicet, et Oscensem , pariter et regem de Todela, quorum prseldio magia quam de ae frelua, poailia castria super oppidum Tafaia bellum fralri indigne comminabatur (Monaco. Silens. Cbr., uum. 76).

* Telle est l'opinion do Maadeu, t. m.

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