‹ Histoire d'Espagne, 5Chapitre 76 sur 282 · CHAPITRE VINGT-UNIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE VINGT-UNIÈME

prit tous ses états d'Aragon, moins ses domaines de Sobrarbe et de Ribagorza; mais, an cas que cela se soit en effet passé ainsi, la paix ne dut pas tarder à se faire entre les deux frères, et Ramire à recouvrer son royaume, puisqu'il est indubitable que depuis il le posséda paisiblement1.

Bermude, cependant, retiré en Galice, depuis l'envahissement de ses états par Sancbo, où il occupait son ardeur à guerroyer contre les Maures, et où il fit même un de leurs rois prisonnier, au rapport de la chronique de Coïmbre3, résolut de mettre à profit la discorde des fils de Sancho pour recouvrer les terres dont l'avait expulsé celui-ci, et, si faire se pouvait, celles qu'il avait cédées par contrainte à son beaufrère Ferdinand, entre le Pisuerga et la Cea. Bermude, parvenu à un âge déjà viril lorsque Sancho expira, dit le moine de Silos, se prépara à revendiquer le royaume paternel3. L'entreprise était d'autant plus facile que les esprits étaient dans les meilleures dispositions. Les peuples souffraient impatiemment le joug de l'étranger et désiraient rentrer sous la domination du descendant de leurs anciens rois. Les faits prouvent avec quelle facilité Bermude se réeropara de tout le territoire conquis par Sancho. Nous avons vu, en effet, que ce dernier était encore maître de Léon le 4 février 1035, et nous trouvons que Bermude en avait déjà repris possession, ou au moins ses comtes en son nom, le 16 du même mois de la même année*. Une autre preuve du peu de résistance

i Monach. Silens., nom. 76; Lucas Todens.,p. 9i ; Roder. Tolet., de Reb. Bi*p.,l. Tl, C 7.

> Era ml xxin (105») kaleod. aprilis, fecit rex Veremundue arrancadas saper Maaros, cepilqae ibi regera illorum Cimeiannem in vUlaCetarl, territorio Castell! Sa net* Mari» prorineia Porlngalenai (Chr. Conimbr., p. 557).

* Porrô Veremundas, adulta jam «laie ubi Sanciaa rex spiravit, paleroum régnant vindicare disposuit (num. 77).

4 Le fait résallo d'an acte (f° 247 du Chartolaire de Léon) portant vente par Ferdinanduf, abbé de Saint Corne, & Félix, abbé du monastère de Saint- Micfaef, d'une terre à Trobajo, dont la date est ainsi conçue : — Quarto decimo fcal. mari, era lxxiii auper ai. régnante Veremnndo rcx in Legione, et Serrando episcopo.

qu'opposèrent à sa réintégration dans cette partie de son royaume les partisans de la maison de Navarre se trouve dans une charte qu'il fit, le 17 du même mois, pour la restauration de la ville de Palencia et de son siège. Sancho avait donné le même privilège; mais Bermude voulut en donner un nouveau qui annulât celui de son compétiteur Sancho, comme émané d'un pouvoir illégitime, et n'ayant nul droit sur le territoire de Palencia, qui dépendait du royaume de Léon. Cet acte porte les signatures de la reine domna Gimena, de Pierre, évéque de Lugo, et de Servand, évéque de Léon. Parmi les signatures des chevaliers on trouve celle de Ferdinandns Flaginiz ou Laïnez, au sujet duquel Mariana raconte une fable inadmissible, et que cette signature même réfute de tout point1.

Ce premier pas fait, et rétabli dans tous ses droits à l'ouest de la Céa, Bermude ne parait pas avoir porté immédiatement la guerre dans les états de son beau-frère Ferdinand. En 1036, nous le voyons encore paisiblement occupé à rendre la justice dans son royaume. Gyprianus, abbé du monastère de Sahagun, comparut devant le roi, pour se plaindre de ce que la villa de Saint-André, située sur le rio Araduey, dépendante de son monastère par concession du roi Bamire, eu avait été distraite depuis. Bermude, qui résidait cette année-là à Léon, fit vérifier l'acte de concession de Ramire en présence des évêques et des comtes de sa cour, et, ayant reconnu l'authenticité du testament allégué par le monastère, il lui fit incontinent restituer cette villa; ce dont il fut dressé acte le 20 janvier de l'ère 1074, et signèrent après le roi domna Sancha et domna Teresa, les'évêques Servandus, de Léon, Sampirus, d'Àstorga,Vistruarius, d'Iria ou Santiago, et Pierre de Lugo; et, parmi les seigneurs, Ferdinandus Laïniz et son fils Laïn Ferdinandiz. Mais une rupture ne

i Yoy. Fulgar, Bill, de Patencia, t» U*

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