CHAPITRE VINGT-DEUXIEME
Guerres civiles entre les Musulmans andaloos. — Guerre» et intrigues de l'émir de Séville Mohammed. — Résurrection prétendue d'Descham 11 el Mouwayyad. — Rèrolution de Sam gosse. — Chute d'El Mondhir ben Yahya. — Souleiraan ben Ahmed heu Houd lui succède. — Mort de Djuhwar de Cordoue. — Suite de la guerre des émirs. — Guerre entre les émirs de Tolède et de Cordoue. — Trahison par laquelle l'émir de Séville s'empare de Cordoue. — Mort de Mohammed, fils de Djchwar. — Situation respective des chrétiens et des musulmans.
ne 1031 a loso.
Noos avons laissé les émirs musulmans qui s'étaient partagé les dépouilles du khalifat, travaillant chacun, avec plus ou moins d'habileté, d'adresse ou de puissance, à édifier leur souveraineté sur un coin de terre de notre Péninsule plus ou moins favorisé de la nature, dans l'intérieur des terres, aux bords des grands fleuves, ou sur la mer. La guerre est la condition essentielle, inévitable, d'une semblable situation où chacun tire à soi, et il était impossible qu'elle n'éclatAt pas bientôt entre des princes si prodigieusement divisés d'intérêt. Nous avons parlé déjà de ces inimitiés qui vont maintenant mettre nos émirs aux prises entre eux r. Nous avons dit que, pour conjurer un horoscope menaçant, tiré à sa naissance par un astrologue, l'émir de Séville avait résolu l'anéantissement de la famille d'El Bersily (Mohammed ben
« Sur les guerres civiles qui suivirent la chute du khalifat de Cordoue , les meilleurs renseignement, bien que recueillis avec pe,u de choix et de critique, se trouvent dans Coude, flous l'avons suivi en beaucoup de choses, sans né* gliger toutefois de consulter le petit nombre de sources à notre portée, telles que Casiri, El Makkori, Ebn Abd el Halim, etc.
Abdallah), sabeb de Carmona. En 1034, il l'y avait attaqué et tenu dans une sorte de blocus, dont les rigueurs finirent par devenir intolérables. Craignant de tomber entre les mains de son ennemi , El Bersily s1 échappa avec un petit nombre des siens, et alla implorer l'appui de l'émir de Malaga, Édris ben Aly, et envoya son fils au vaillant saheb zéirite d'Elbira et de Grenade, Habous ben Maksan ben Balkyn ben Zeïry. Celui-ci vint à son aide en personne avec un corps de cavaliers d'élite; l'émir de Malaga lui envoya son wazir Ebn Bokynah avec une bonne armée. La politique autant que les liens de parenté les engagea à prêter assistance à El Bersily; tous deux craignaient les projets ambitieux d'Ebn Abêd, et ne voulaient pas laisser à sa merci un saheb indépendant placé entre leurs états et les siens. Ebn Abêd, de son coté, ne s'endormit point, et, sachant quelles forces se réunissaient contre lui, il envoya son fils Ismaïl et son armée d élite à la rencontre des alliés du saheb de Carmona. Ismaïl rencontra une partie de leurs troupes avant qu'elles eussent opéré leur jonction ;il les attaqua et les mit d'abord en déroute; mais le saheb sanhadjite de Grenade et le Slave Ebn Bokynah eurent le dessus dans une affaire qui s'engagea peu de jours après entre les deux corps d'armée. Les Sévillans perdirent contenance, tournèrent bride et abandonnèrent le champ de bataille dans le plus grand désordre. Dans leur retraite, périt en combattant Ismaïl, fils de Mohammed; les soldats de Malaga lui coupèrent la tête et l'envoyèrent à leur émir, qui était valétudinaire, et se trouvait alors dans les montagnes de Yabaster1.
La nouvelle de cet échec affligea vivemènt l'émir de Séville. Craignant que Djehwar ne formât une ligue contre lui avec les trois émirs ses voisins, et pour en imposer au peuple et donner un moins odieux prétexte à ses guerres et à ses