‹ Histoire d'Espagne, 5Chapitre 87 sur 282 · CHAPITRE VINGT-DEUXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE VINGT-DEUXIÈME

rances que faisaient concevoir les vertus du fils calmaient les regrets que causait la mort du père ; mais les temps étaient durs et ennemis des pacifiques vertus dont brillait cet émir. Aussitôt qu'il fut monté sur le trône, il se proposa de s'arranger avec l'émir de Tolède et le saheb d'El Sahlah, croyant que la guerre ne pourrait être fort heureuse contre de si puissans ennemis ; mais ceux-ci, lui ayant répondu avec hauteur et mépris, il chargea son fils £1 Walid et le général Hariz bcn £1 Hakem ben £1 Kascha, caïd de la frontière de Calatrava, de continuer la guerre. Ayant rassemblé leurs troupes, Hariz et Walid coururent les terres de leurs ennemis, où ils firent de grands dégâts et de grands ravages; mais sans rien terminer. On était en l'année 436 de l'hégire (1045). En cette même année mourut à Dénia l'émir M oudjéhid, émir de Mayorka, saheb de Dénia et de Gastillon, et beau-père d'Abêd.

Quels étaient cependant à cette époque les rapports des chrétiens avec les Arabes? et quelle fut l'influence, sur ces rapports, de l'avènement d'un roi de la maison de Navarre sur le trône de Léon? C'est ce qui ne se manifeste pas d'abord d'une manière très sensible.

Souléiman ben Yahya ben Houd, émir de Saragosse, soutenait en ce temps-là, c'est-à-dire vers 1045, dit une chronique musulmane, avec beaucoup de fermeté et d'énergie, la guerre que lui faisaient les chrétiens d'Elfrank et des frontières orientales de l'Espagne. De quels rois dépendaient ces chrétiens, ou de quels princes, c'est ce que peut faire deviner cette dénomination de chrétiens d'Elfrank et des frontières orientales que leur donne le chroniqueur arabe, sans que d'ailleurs on trouve aucun détail sur ces guerres, soit dans la chronique des comtes de Barcelone par le moine deRippoll,

ratique, exercé par deux conseils, Ton religieux et Pâotre erril, comme qui dirait par le chapitre métropolitain et le cornet! de départe-

soit dans les documens relatifs à la Navarre. Il est hors de doute, néanmoins, que l'émir de Saragosse Souleïman Ebn Houd fit vers ce temps une véritable el-djihed contre les chrétiens de son voisinage, catalans et navarrais. Il recouvra les forts de Bardanya, dit l'historien arabe, et causa les plus grands dommages aux ennemis; mais, tandis qu'il était occupé à la sainte guerre pour l'exaltation de l'islam, il mourut couronné de triomphes (en 438 — 1Q46), et sans doute le Seigneur paya ses pieux exploits de la récompense des justes dans les saintes demeures du Paradis1. On mit à sa place son fils Ahmed Abou Djàfar, surnommé £1 Moktader, qui imita les vertus de son père ; le zèle de la religion le retint dans des guerres continuelles, que l'auteur arabe se contente de mentionner ainsi d'une manière générale.

Pendant ce temps, l'émir Abèd, de Séville, continuait en Andalousie la guerre contre le sahebde Carmona, Mohammed el Bersily, et contre ses alliés de Malaga et de Grenade; il y avait entre eux de fréquentes incursions, dans lesquelles on prenait les villes, on ravageait les campagnes, on pillait les troupeaux, et les succès de la guerre étaient mutuellement fort balancés. D'un autre côté, l'émir de Tolède, voyant que les généraux de Cordoue couraient ses terres et ravageaient ses champs, voulut faire un puissant effort et une terrible diversion sur le territoire de Cordoue. Il écrivit pour cela à ses alcaïds et à son gendre Abd el Melek el Modhafer, fils d'Abd el Aziz, l'émir de Valence, et au wali Abou Ahmer hen £1 Feràdj qui tenait Conca pour cet émir, afin qu'ils levassent pour lui des troupes à Xelba, Alarcon et Conca. £n même temps, il convint d'une trêve avec ceux de Galice et de Castille,afin d'être plus à l'aise et de faire cette guerre avec pins de vigueur. Abd cl Aziz, de Valence, conseilla à son fils de ne refuser à l'émir de Tolède rien de ce qu'il lui demanderait,

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