‹ Histoire d'Espagne, 5Chapitre 90 sur 282 · CHAPITRE VINGT- DEUX · texte numérisé non relu

CHAPITRE VINGT- DEUX

risques. Il eut alors recours au sabeb de Garmona, qui lui envoya des chevaux pour le sauver, et qui , après l'avoir accueilli et bien traité pendant quelque temps dans sa maison, lui donna une escorte pour se rendre à Tolède ou à Cor doue, là où il se croirait le plus en sûreté. Abdel aziz préféra se mettre sous la protection de Mohammed ben Djehwar de Cordoue, lequel lui fit un très bon accueil, tel que le méritaient sa noblesse et sa loyauté; car, dans tous les temps, les membres de cette famille avaient été de fidèles serviteurs des émirs d'Espagne, sous les règnes florissans des Ommyades.

Le fils de l'émir de Sévjllc cependant , Mohammed ben Abéd, ayant achevé la conquête de Djézira-Schaltis (444 — 1052), alla prendre Oksonoba et son port connu sons le nom de Santa-Maria d'Algarbe *, que possédait à titre héréditaire Mohammed ben Saïd, ainsi que Xilbe (Silves), qui était une de ses dépendances. Dans cette conquête le futur émir de Séville vint à connaître et s'attacha un noble jeune homme appelé Mohammed ben Omar ben Houssein el Mahri, de la caria de Schombos, près de Xilbe ; il était beau et plein d'esprit, érudit, bon poète et fort poli. Toutes ces qualités furent appréciées par le jeune Mohammed, qui ne lui cédait en rien, et après la conquête du Gharb il l'emmena avec lui à Séville où l'émir Abêd ben Mohammed fut également charmé de son esprit; tel fut le commencement de la faveur d'Ebn Omar, qui trouva l'occasion de montrer ses talens et de se rendre célèbre tant en Espagne qu'au dehors.

Abêd ben Mohammed donna la possession de Libla en fèautê au général de cavalerie Abdallah ben Abdelaziz, comme récompense de ses bons services, et non parce que son père l'avait eue. C'était une récompense bien méritée, car l'attachement de ce général pour 1 émir de Séville fut tel , que, pour le servir, il alla jusqu'à faire la guerre au saheb de

i Sainte-Marie des Algarves.

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Carmona, qu'il assiégea dans cette même ville où, peu auparavant , celui-ci avait reçu et recueilli généreusement son père fugitif et poursuivi. Il pressa tellement cette place, que les habitans, ne pouvant plus souffrir les calamités du siège, et las des fatigues d'une si longue défense, résolurent de rendre la ville, ne voulant point, disaient-ils, mourir de faim pour qui ne les savait pas défendre. Mohammed el Berzeli , averti de leur projet , sortit en secret et nuitamment de la ville pour s'enfuir à Malaga. Instruits de sa fuite les habitans livrèrent la place et se déclarèrent vassaux de Àbèd ben Mohammed el Motadhed de Séville.

Mohammed ben Abdallah el Berzili , saheb de Carmona, vint donc à Malaga implorer le secours d'Édris ben Yahya, qui le reçut comme un ami et rassembla ses cavaliers et ses troupes pour marcher à son secours. Mohammed el Berzili se rendit à Ecija, qui lui appartenait encore, réunit sa cavalerie à celle d'Édris de Malaga, et s'avança contre les troupes de Séville, qui cherchèrent à éviter une bataille et ne se présentèrent que pour des escarmouches où les braves combattaient avec des succès variés; mais il ne lui fut pas possible de reprendre la cité de Carmona, ce qui était le but de l'expédition : après beaucoup de combats et d'escarmouches , l'émir Édris s'en retourna donc à Malaga, et Mohammed el Berzili dans Ecija,4a dernière ville qui lui restât de la petite souveraineté que son père était parvenu à se faire dans les temps d'anarchie qui avaient marqué la chute du khalifat de Cordoue.

A peine Édris s'était-il reposé de son expédition qu'il fut obligé de marcher au secours de son ami et allié Habous de Sanhadja, seigneur de Grenade, lequel lui fit connaître les trames suscitées contre eux par Abéd de Séville et fomentées par ses parens ; il l'avertit en même temps de se tenir lui-même , en particulier, sur ses gardes contre Mousa ben Afàn, qui avait des intelligences avec ses ennemis, bien qu'il

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