‹ Histoire d'EspagneChapitre 10 sur 108 · CHAPITRE OVZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE OVZIÈME

Le commeneement da régne d'Ismaël fat marqué par une assez vive guerre entre Grenade et la Gastitle, et ce fiit daug an des épisodes de cette guerre que périrent les deui jnfans de Gastille (D. Juan et D. Pierre). Ayant eu avis qu'un corps de chevaliers chrétiens d'une sorte d'ordre militaire formant comme une Sainte Hermandad, qu'on appelait frontetos de Martes, avait été envoyé par le roi de Castille, ainsi disent les historiens <, pour écarter un grand convoi de provisions qu'il' envoyait à Guadix à la prière de Témir déchu, « avec qui les chrétiens avaient amitié'. » Ismaêl envoya sa cavalerie pour s* emparer de ce convoi et châtier ceux qui le condoisaient: ils se rencontrèrent avec les chrétiens àHisn- Aiiay, et on en" vint aussitôt aux mains ; mais les Musulmans furent obligés de céder le champ devant la multitude de leurs adversaires: il resta parmi les morts quelques-uns des plus hra^es campéadot^ et croisés chrétiens, et mille cinq cents cavaliers musulmans. Ce fut là, ajoute l'Arabe, la bataille de Fortuna, bien funeste aux fidèles; elle eut heu au commencement de 7 1 6 (mars ou avril 1316).

De l'issue de cette bataille provint, suivant le même auteur, l'audace des chrétiens qui, dans la même année, assiégèrent (je donne les noms tels que je les trouve dans Coude) Cambil, Matamenos, Bedjidja, Tiscar, Bute et AlhaMrar, et cou-

^ C'est sans douteiinepréoccupaUonouune habitude toute inoii«rchiquei(|tii fait aiori parler du roi de Gastille Alfonse XI, en 13t6, comme d'un héros prenant des déterminations, envoyant des secours, etc. 11 avait cinq ans et quelques mois en cette année.

* Entre les divers grïefe reprochés au visir El-Hadji figurait aussi celui d'6tre Mekl avec les chrétiens. On le traitait de perfide (voyez Casiri, 279), d'ami secret j[des eiirétiens, d'usurpateur de l'autorité souveraine, d'ennemi des Musulmans, etc. Au contraire, « Ismaël était fervent dans la foi, dont il était un ardent et impétueux défeveur, » et l'on raconte* qu'en une circoastanee où l'on traitail devant lui, trop sukrtfiement peut-être^ des fondemens de l'islam, fatic;ué des disputes théologiqiies des faquis et des alimés (oulémas), il se leva et dit : —« Je ne connais d'autres prmcipcs qu'une ferme et sincère croyance au Dieu Tout-Puissant ; et, ajouta-t-il en tirant et en faisant resplendir son cimeterre, voici mes argumen» ? »

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rurent et dévastèrent toute cette frontière. Ismaël leva des troupes pour contenir Timpétuosité des chrétiens; mais ceux-ci se retirèrent à son approche. L'émir, afin de profiter I de cet appel des troupes, fait, à ce qu'il semble, avec quelque

r solennité, donna Tordre de marcher contre Gibraltar, qu'il

eût voulu enlever aux chrétiens de peur surtout qu'il ne le fût par le puissant émir des Mérinites d'Afrique, maître de Ceuta; mais ce fut vainement qu'il en entreprit l'attaque: les Fronteros de Séville se portèrent par terre au secoues des assiégés auxquels ils envoyèrent également des secours par mer ; en sorte que les Musulmans levèrent le siège et ne voulurent pas s'aventurer à une bataille : alors le prince Pedro arriva en cavalcade, courut le pays depuis Jaen jusqu'à la

montagne et arriva à trois lieues de Grenade, passa à Hisn* ^ AlhasS qu'il attaqua et dont il brûla le faubourg avec beau- , coup de provisions qu'il y avait : il se rendit à Pina, dont il ^ prit également le faubourg ; et à Montexicar il dévasta et .| brûla un superbe verger ; il arrivait là quand Ismaël marcha ^ contre lui ; il n'osa pas l'attendre et se retira, abandonnant . une grande partie du butin et des prisonniers. Il s'enre- ^ tourna par Gambil à Jaen et à Ubeda ; mais peu de temps ^ après l'ennemi obstiné revint envahir le pays, mit le siège. devant Belmez, village fortifié par la natnre, l'attaqua de ^ jour et le prit de force ; les habitans se retirèrent dans le château où il les assiégea aussi et les attaqua avec beaucoup de machines et d'engins. Les troupes de frontière allèrent au secours, mais elles ne purent attaquer le grand nombre des ennemis, et, comme ces campéadors se retiraient, ceux du château perdirent tout espoir et se rendirent. Enflé dé cette conquête, l'ennemi alla assiéger la forteresse de Tiscar. Elle était bien gardée par son alcayde Mohammed Hamdoun; mais, à la faveur d'une nuit très obscure, les chrétiens gravirent la

* Un autre auteur dit : Hisn-AUioz.

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