‹ Histoire d'EspagneChapitre 12 sur 108 · CHAPITRE ONZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE ONZIÈME

forces de D. Jaan Manuel , avait pris pied d*ane façon menaçai) te sur les frontières de Mareie. Ismaêl passa le Gaadiana à quelques lieues de sa source, et prit d'assaut la forteresse d^Hnescar, Ores et Calera, villes de la lieutenance de Gazorla.

Le temps de la trêve, qui était , comme nous l'avons dit , de trois ans, étant écoulé, Ismaêl, qui savait les Castillans en mésintelligence entre eui , assembla ses troupes et prépara nne incursion qu'il se promit heureuse. Il alla donc , en redjeb 724 (du 23 juin au 22 juillet 1324), assiéger la ville de Baza, que les ehrétiens avaient prise; il établit et fortifia son camp ; « il attaqua la cité de jour et de nuit avec des machines et des engins qui lançaient des globes de feu accompagnés de grands tonnerres entièrement semblables à la foadre des orages, et qui faisaient de grands dégâts aux murailles et aux tours de la cité '. «

Il la pressa et la serra tellement qu'elle se rendit par capitulation, le 24 de redjeb (16 juillet 1324). L'année suivante, 725 , il alla avec une puissante armée, bien pourvue de macbiaes et d'engins , assiéger la ville de Martos : il l'attaqua depuis le 10 de redjeb (21 juin 1325) avec un feu continuel de machines à tonnerres , et s'empara d'assaut de la forteresse. Les Musulmans victorieux entrèrent dans la plate et y laissèrent à peine un homme en vie. Les rues étaient niiiselantes de sang, et tout était rempli de cadavres. Ce soir-

1 C'est la première mention que les Arabes fassent de ces globes de feu « aceompagnés de grands tonnerres entièrement semblables à la foudre des orages (rotumd, pluriel dérapa, tonnerre).» On ne peut mieux désigner les effets de la poudre à canon; et, de plus en plus, cette mention se renouvelle dans l'histoire des faits subséquent. Ce qui est hors de doute, comme Tout prouvé MM. Reinaud et Favé, c'est que les Arabes connaissaient et employaient dans le treizième siècle un grand nombre de composi- Hons salpétrées; mais il n'est guère possible de méconnaître ici, aui effets décrits, la poudre à canon elle-même. L'usage toutefois devait en être réservé exclusivement au siège et à la défense des places. La chronique castillane d'Alfonse n'en parle qu'à l'occasion du siège d'Algésiras, en 1342, comme nous le verrons tout à l'heure; nais elle en parte en termes tels que le doute ne saurait être permis

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là , ils prient leur prière du soir (azala d'almaghreb oa 4u coucher da soleil) sur les restes sanglans de la victoire, et, le lendemain, la prière d*el sohbi ou de Taube, sur le même tapis de pourpre.

Ismaël revint à Grenade, où il entra en triomphe, le 24 de redjeb (5 juillet 1 325), amenant avec lui, de Martos, de riches dépouilles, de belles captives et des eofans. Dans cette rencontre périt Ebn Othman (appelé Aben^Ozmia par Gonde) , jeune homme de la famille dont étaient les souverains de Marok et de Fez.

. Parmi les femmes captives était une belle personne qui charmait tous ceux qui la voyaient. Mohammed ben Ismaël, fils du wali d'Algesiras et cousin-germain de Témir, Tavait arrachée d'entre les mains sanglante^ ^eiç soldats, et il avait en beaucoup de peine à la délivrer. Dès que Témir Ismaël Teut vue , n'ayant pas le pouvoir de faire quelque chose de plus ^igne d'un roi, dit assez bizarrement le chroniqueur musulmuQn , il la prit pour lui et ordonna despotiquement de la conduire à son harem. Mqhammed fut très blessé de cette tyrannie, et il s'en plaignit hautement. L'émir, qui ne souffrait point de reproches, lui ordonna de se taire et de sortir de sa présence , et , s'il ne voulait pas demeurer à Grenade , d'en sortir et d'aller se joindre au parti des rebelles et des ennemis de son seigneur. C'est l'éternelle histoire de la belle Ghry* séis. « Le jour de l'entrée d'Ismaël, dit Gonde, fut un jour de grande fête. Toute la ville le reçut avec des acclamations de triomphe; les rues sur son passage étaient couvertes et tapissées de riches étoffes de soie çt d'or, et l'on brûlait dans toutes des arômes qui parfumaient l'air avec suavité. Tout le monde était au comble de l'allégresse ; le seul vrali Mohammed était triste, dépité, mugissant comme un taureau, et dans son profond chagrin , il résolut au fond de son cœur d'en tirer une vengeance complète. Il confia ses peines à ses aml^, qui étaient nombreux et très notables, et tous cherchaient à

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le 'Coasolear le mieux qu'ils pouvaieat. U déeoumt aus plat intimes sou dessein et sa ferme résolution de se venger» et ih lui jurèrent de Taider dans toat ce qu*il entreprendrait. Le cœur inquiet de Mohammed , agité de Toffense faite à sim honneur, d'une rage jalouse et d*une furieuse et juste indignation , n'atait pas de repos ; son esprit était ainsi oombatUi et tel qu'une mer orageuse. Il ne voulut pas retarder sa vengeance projetée afin de ne pas donner à son rival le temps de jouir de sa proie. Trois jours après l'entrée du roi, celuici étant dans l'alcaçar de ]a Albambra, Mohammed se présenta aux portes du palais avec son frère et quelques amis, les plus vaillans, tous avec des poignards cachés dans les manches de leurs robes (aljubas) et armés de coites de mailles sons leurs justaucorps. Ils dirent aux eunuques et à la garde qu'ils vou*^ laient parler à l'émir à sa sortie, et qu'ils attendaient là pour cela. L'émir i» tarda pas à sortir, accompagné de son visir ; aussitôt Mohammed et son frère s'avancèrent comme pour le saluer au seuil delà porte, et, prenant son moment, Mohammed le frappa de trois profonds coups de poignard à la tèle et à la poitrine. Ismaêl tomba en s' écriant : « Traîtres ! • Le visir tira son épée pour défendre son maître et se défendre lui-même ; mais il fut aussitôt tué par les autres conjurés. Tout cela fut perpétré avec tant de promptitude, que lorsque les eunuques et les gardes arrivèrent , les meurtriers étaient déjà hors du palais et la plupart en sûreté. •

Ismaël fut porté dans la chambre de la sultane mère ; les médecins soignèrent ses blessures, mais elles étaient mortelles. Le second visir ayant appris quels étaient les meurtriers fit beaucoup de diligebce pour les arrêter; mais la plupart étaient d^ hors de la ville : ceux qui, plus hardis, étaient restés, furent décapités, et il les fit pendre à des crochets aux murailles. Quand il retourna au palais, il trouva toute la garde ameutée, et le général Othman, partisan secret des conjurés. Celui-ci demanda comment était l'émi^) et tout

74 HISTOIRE D*BSPÂGlfE.

le monde qBi étnt aax portes demandait la mèine chose: le ▼isir répondit à tons que l'émir était vivant, qae 'ses blessures étaient légères, et qn*on le verrait bientM gnéri; avec œla il les rassura. Il entra ensnite dans la chambre d*Ismaël, et le trouva expirant; il sortit de nonveaa et dit à la garde ainsi qu'an général Othman que Témir allait fort bien. Il alla par la ville, parla à ses amis, et leur dit de se rendre au palais pour soutenir et défendre ce qui convenait an bien commun et particsKer d'eux tous. Il retourna avec eux aa palais et les laissa dans la conr avec les gardes : il entra et trouva l'émir expiré. Alors il envoya dire à Othman et aax aittres cavaliers, alcaydes et scheikhs, de venir dans la salle, où rémir voulait leur parler. Othman craignit qu'Ismaël ne sût quelque chose de ses intelligences secrètes avec les conjurés, et il regrettait d'autant plus de n'avoir qu'un petit nombre de ses amis; cependant, dissimulant ses craintes, il entra dans la salle avec les autre cavaliers : là, lorsque tous furent rassemblés, parut le visir, avec le fils aine d'Tsmaël qu'il leur présenta. C'était Mohammed, jeune garçon encore enfant (il n'avait pas douze ans). Le visir leur dit alors que l'émir voulait qu'ils reconnussent et proclamassent pour son snocesseurle prince Mohammed là présent, que l'émir se sentait mal, et ne leur parlait pas à cause de ses blessures. Tous jurèrent obéissance à l'enfant, et à la fin de la cérémonie il lear annonça la mortdel'émir. Othman, qui craignaitde plus grandsmalbeors, se réjouit beaucoup de la reconnaissance proposée et ne fat point affligé de la mort du roi, dit notre auteur. Il fut le premier à dire aux gardes : « Que Dieu exalte le roi notre seigneur (almelek-mouleyna) Mohammed ben Tsmaël î » Tous répétèrent la même acclamation, se répandirent dans les mes, et le proclamèrent avec joie. C'est ainsi que le soigneur varie les heures, ajoute l'auteur musulman. Au commencement du jour font était effroi et craintes, h midi et dans la soirée des cris d*aUégresse et de fête éclataient partout. Ainsi finit te

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grand roi Ismael^-beii-Féradj-benTNaser, soriiomiiié Abopl* Walid et Aboa-Saïd : le leademaia mardi, aa niatia, il fat enterré ayec beaueonp de pompe dans le cimetière de sa famille, et sar son tombean fut mise cette épitapbe :

« C'est ici le sépulcre da roi martyr (scbayd), xionquérant « des frontières, défenseur de la religion, l'illastra, le choisi,

• le réparateur de la famille des Naseria, le sultan jnste, le » protecteur, le résolu, le héros de la guerre et des batailles,

> le noble, le généreux, le plus fortuné des rois de sa dynastie,

> le mieux partagé en piété et en zèle pour Thonnenr de Dien; » épée de la guerre sainte, muraille des peuples, forteresse » des généraux, appui des nobles; le soulagement des pauvres, B le compatissant pour ceux qui craignaient Dieu, le dompteur

• des superbes, diligent dans la Toie de Dieu, le prince des « Musulmans Aboul-Walid<-Ismaël,fils du protecteur élevé^du

' * yainqneur choisi, noble vengeur, agrandisseur de la famille

• Nasride, colonne de la dynastie Algalibia (des vainqueurs,

• par allusion à la devise de Mohammed I^*", surnommé El ^ Ghaleb), le pieux, le compatissant, Abon-Saïd-Faradj, fils

> du noble et illustre défenseur des défenseurs de l'Islam, » ornement des princes Algalibis, honneur, élévation de sa » race, le saint, le pieux Abou*Walid-Ismaël-ben-Naser : que » son esprit soit sanctifié en béatitude et soit rafraîchi par la « rosée de la miséricorde! qu'il lui soit accordé une ample » récompense pour prix de ses combats méritoires et pour » son martyre! Dieu le fit conquérant des peuples,vainqueur B des superbes rois ses ennemis, et il thésaurisa tous ces

• mérites jusqu'au jour fixé que Dieu lui destina, afin que, le

> terme étant venu, il scellât son règne par de bonnes œuvres: » qu'Allah le reçoive et le place dans un lieu de récompense et » d'honneur, lieu qu'il lui tenait préparé à cause de son saint

> zèle! Il périt (que Dieu le pardonne ! ) par trahison, mais » avec gloire et dans la ferme et pure confession des rois ses » aïeux , et il fut élevé dans les demeures de réternçlle féljicité.

7B HIMOHa D*l$PAeifE.

^ II uaqttM, que Diea soit satisfait de lui! datas une lleuiie ^ bienheurèttsÀe mx premiers rayons de Taube du jour de > djouinaiyde Ift lune de schawal de l'année 677: il fût •^ proclamé le jour de jendi 27 de schai^al de l'année 713, » et fat tué le jôttr de lundi 26 de l'insigne lune de redjeb « de Tamiée 725. Loné fioît le roi véritable qui, tandis que • totites ïeft créatures finissent et se succèdent, seul demeure 1» immuable et éternel ' ! »

ttftnaél laissa quatre fils : Mohammed , Tàlné, qui lui succéda, atait dou^e ans ; Farad] , le second, qtii mourut en prison à Almiérie, ainsi qte nous le verrons; Abul-Hedjadi,quilai succéda ati royatlkne, et le plus jeune, tsmaët, qui fut exilé en Afrique. Les vfâaSts d'Ismaël avaient éléle général Abou- Abdallah-MobatHraed, fils de Aboul-Fasch-Naser-ben-ïbrahitoel-Febri , d*une des plus nobles maisons de l'Andalousie, et son . Compagnon Abôul-flassan-Ali-ben-M asoud-el-Mohàraby , égaleïii^nt noible et riche habitant de Grenade, mais fort artâbitieux et qui chercha à perdre son collègue pôtir avoir seiil le eôtnmandement àln^l que les grâces et la faveur du roi, ce qu'il tint à bottt d*obtenir; Son Càdi fut le frère dû Wâzir le scheikh et alfaki Abou-Bekr-Yahya-bfen-Masoud-beil-Ali,qui conserva la judicature pendant toute ta vie du rot. Bes khàtebs ou secrétaires furent Abou-Bjaftir ben-Sèfwàù de Malaga, qui l'avait servi auparavant comfne kâdt, tant à Malaga que dans ses campagnes et à Grenade ; le roi prit ensuite pour ^crétalrele docte alfaki Abonl-Hassan*ben-Aldjam, Grenadth de la principale noblesse de la ville. Il avait pour capitaine de sa garde d'Algarbis, garde qu'introduisit ce roi, Othman- Abou^Saïd, fitsd'Abilali-Edris-ben-Abdelhac, général d'une grande valeur et de beaucoup de prudence, issu du sang royal de ceux de Fez.

« Ce vertueux roi, dit en finissant son biographe, dans le

I CàiiH, I. Il, p. 290, e. t.

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temps que se&guerreslelui permivent,éleva ft^fireDadede belle» mosquées, conistriHBit des fontaines, plantff des jardins, amé^ liora la pelioe de la cité; distribaa les corporations^ distin^ gna les classes ; et dans les momens qu'il dérobait à ces sé^ rieuses occupations, 11 se distrayait à la cbasse des oiseaux, à des exercices de chevalerie et à d*autnes jour d^adresse. »

Mohammed, fits dlsmaël, surnommé' Abou*Abdallah,pro^' damé roi le jour même de la funeste mort desen père, étant si enfant et si peu âgé (il n'avMt pas plus de douze ans), so» WBzirAbouI*Hassan-ben-Masoiid; et le général de la cavalerie d'AIgarbies, Othm{m,'gonveniaieiA pour lui. Peu de temps après mourut le irazir Masoud, qui avait également servi soEf père, et à son emploi snocéda, le troisième jour de ramadhan de l'année 7.25, Hohammed«el-Mahrouk de Grenade, homme politique et fort ambitieux. Les circonstances étaient très favorables pour satisfaire sa passion et sa vanité. Aussi, pen^ dant le temps que Mohammed se gouverna par ses conseils, ce wazir parvint-il à opprimer ses égaux, à abattre la principale noblesse, à obscurcir le mérite qui se distinguait, et à écarter du trône jusqu'aux frères mêmes du roi. Il vint à bout d*exiler le prince Faradj à Almérie, où on le mit dans mie prison dans laquelle il finit par mourir : le plus jaune frère Ismaël, sons de vains prétextes, il Tenioya en Afrique, eu il demeura expatrié durant la vie de Mohammed son frère. En un mot ce vf azîr El-Mahrouk rempKt la cour et le royaume de discorde «t de mécontentement. Le général Olhman fat aussi du nombre des mécontens et il quitta Grenade avec le dessein de passer en Afrique et de quitter le service du roi, qui se laissait eidusivement guider par les conseils de El Mahrouk et ne faisait aucun cas de ses représentations et de ses plaintes. Mohammed avait d'excellentes qualité»; il était fort beau de corps, et d'un esprit délié, d'un commerce agréable, mais grave, même en ses jeunes ans, éloquent, magnî-* fique et extrêmement libéral, robiiste, d'une grande dextérité

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en fait de chevalerie et en toaie sorte d'exercices d'adresse et d'armes; il était grand amateur des joutes, des parades et de toornois, et il n' aidait point d'égal dans tons les jeax à chevaL II aimait aussi la chasse, et il était fort curieux des généalogies et des races de cbeyaux généreux : il n'y a?ait pas pour lui de présent plus précieux que celui d'un cheval, et il en entretenait un grand nombre pour récompenser ceux qui se distinguaient dans les exercices équestres ainsi qu'à la guerre ; il était également appréciateur des savans et des beaux esprits ; il aimait les vers, et se plaisait à lire d'élégantes poésies et des histoires chevaleresques et amoureuses* En Tannée 726, son général Othmau fit une invasion dans les terres des chrétiens, ravagea le pays, et leur prit la forteresse de Buta, qu'il assiégea et réduisit en un jour.

Aussitôt que le roi eut l'âge de se gouverner lui-même et assez de discernement pour connaître l'ambitiqn de son wazir £1 Mahrouk, il le destitua de son emploi et le fit placer dans une prison sûre. D'autres disent qu'il l'envoya en pèlerinage à la Mekke. Par cette mesure résolue de lui-même, car personne n'osait rien dire au roi contre le puissant wazir, il inspira une grande crainte à ses courtisans, et non moins d'espérances de sa valeur et de son intrépidité, que de soa amour pour la justice. Il nomma à la place d'£l Mahrouk Mohammed ben Yahya el Eidjati, homme estimé de tout le monde. Au commencement de l'année 727, il eut le dé* plaisir d'apprendre que son général Othman , qui était parti de Grenade avec son fils Ibrahim, ayait soulevé les Yilles du pays d'Andaraz, où l'on proclamait son oncle Mohammed ben Feradj ben Ismael qui était à Telemsen d'A-* frique, et l'on disait que ce prince passait déjà en Espagne avec beaucoup de monde qui le suivait. Sans perdre de temps, le roi partit pour châtier les rebelles; il combattit contre eux avec des succès variés parce que l'àpreté du pays les favorisait, et que les talens du général Othman les soutenaient;

CSAPiXEE (HIZlilfB. 79

nui» ik aliment teajoars fuyant le» troupes del*ési}ff.IbiNibiift^ le flls d'OihiBau, ^a^ par ordre d« son pèffe,à SéViUs eicHar les chrétieBS contre 8a patrie. « Étrange fareur ! dit rantew mosulmaea, comme si les ennemis avaient beaoia de teb ee»* seils, eux, toujours occupés à nous nuire et méditant notre mine. Le diable leur présenta cette belle oeeasioa et ila M profitèrent. Leurs troupe de frontière eniMihîrrat et coururent la contrée de Yera, et cette cité ae readit^ ainai que Olbera, Pran% et Ayamoote. Aux environs d)e Cordoue, aur les bords du Wadalorza,Mobmmned combattit contre leachrétiens commande par D. Manne) ( tise^ D. Smf^ Manuel )^ seignaor de Alho^a^ au pays de Mnrde. La bataille fnt très sanglante, et les musulmans y perdirent la fleur de leur cavalerie. Mohaounedse lotira à Grenade, et considérant que le v^aasir El Slahrouk avait été la cause de cette f lAale guerre civile, le jour mèmii qu'il entra à Grenade il le fit décapiter dans sa prisoQ, le 2^ |our de mobarram de Vannée 729^ '.

Sur les Induits q^i couraient que des troupes venaient d'Afrique au secours des rebelles, il envoya son vramr El Kidrjati à A^gésiras, afin de prier son onele le vrali de cette dté de défendre le détroit, et de ne point laisser passer de bonpes d'Afrique où il sauvait bbeia qu'on lui cberefaait des muiemis. Peu de jours après l'arrivée du viraàr à Algéâras^Ua ae virent assaillis de troupes africaines ; les Andidous combattirent avec beaucoup de valeur, mmâ xk cédèrent au nombre, et les Afcicrâis s'emparèrent de cette cité, puis de Marbalia rt de Bonda, et le brave v^asir El Kidjati périt en combattant dans les cbamps d'Algésiras le 17 de re^jeb 729 (16 mai 1329).

La n<mvelle de ces échecs intimida les Grenadins : l'émir se prépara à se mettre en campagne,, et nomma pour son premier vnsir et hadjeb de sa maison, le général Aboul Naïm Redwàn, qui avait été élevé dans la maison de son père. Ce

* GODde, c. 17.

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générfil était grand politique et bon soldat et jouissait de beaaeoap de popularité et d'estime. Mohammed partit de Grenade a^eo une brillante troupe dinfanterie et dé ca^aierie, «■ffabit les terres des chrétiens et prit par la force des armes la ville de Gabra et la forteresse de Priego.Gomme, dans cette «ireonstanee, ses cavaMers le félicitaient et qu'il y avait parmi eax^beauooopde docteurs et d'bommesde lettres qui loutnent «renn sas dispositions et sestalens militaires, il leur dit: « Pourquoi tant d'applaudissemens! il semble que vous ayez trouvé le roi du savoir, comme cela se pratiquait là-bas, affx académies de Cordoue et de Séville. Nous n'avons rien de paËeit, à -Grenade, et les chrétiens sont mattres là. »

Avec des troupes peu nombreuses, et choisies, il fit une invasion sur les terres des chrétiens et se proposa la conquête de la cité de Baena. Ses généraux étaient surpris de oette onésolotion; beaucoup de nobles cavaliers la regardaient comme une entreprise téméraire et sous divers prétextes s'excusaient de l'accompagner; mais le roi jura de faire cette cbnqoète ; il marcha avec ses troupes contre cette dté et Tassiégea; les chrétiens, voyant ce peu de monde, qui ressemblait'à une légère cavalcade plutôt qu'à un appareil de conquête et de siège, sortirent pleins de confiance contre son camp et lui livrèrent bataille ; mais l'émir, avec ses braves cavaliers, les repoussa et les renferma à coups de lance dans la cité, les poursuivant jusqu'aux portes mêmes. Il marchait è l'avant-garde et il jeta sa lance, garnie d'or et de pierres précieuses, contre un chrétien qui, traversé par ello, eonti* nua de fuir sur son cheval, comme si de rien n'était; beaucoup de musulmans le poursuivaient pour la loi ôter ; mais le roi dit à ses soldats : « Laissez ce malheureux; s'il ne meurt promptement, qu'il ait de quoi soigner ses blessures; » et il les arrêta et les ramena au camp. Peu de temps après, la cité se rendit, et il continua de courir le pays; il abattit les murs de Gasares, et l'aurait prise s*il n*eût pas

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