‹ Histoire d'EspagneChapitre 13 sur 108 · CHAPITRE ONZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE ONZIÈME

retardé Tassant jasqa*au leademain que, préyenu par ses éclaireurs, il ordonna de lever le siège, et marcha à la rencontre des chrétiens qui venaient au secours de la cité. Il leur livra une sanglante bataille où il enfonça et défit lear cavalerie, la mit en fuite, et la poursuivit lespdce de quelques lieues. Il s'empara également de Bonda, de Marbalya et d'Algésiras qui, peu auparavant , avaient été prises par ]es Africains aidés d'Othman et d autres vassaux rebelles. Othman £1 Bada l'avait occupée au moyen.d'intelligences, le treizième jour de djoulhedjah de Tannée 729 (8 octobre 1 329); mais en cette occasion le vaillant Mohammed recouvra tout ce que la discorde civile lui avait fait perdre, et tout ce qui s'était révolté pendant sa minorité. — ^Nous rapportons ici telle quelle cette notice un peu confuse de Coude, sur le règne de Mohammed lY ( Abou-Abdallah Mohammed ben Ismael), sixième roi de Grenade.

Mohammed, poursuit-il, marcha contre les chrétiens avec sa cavalerie; il campa à Turon près de Teba, et il envoya ses éclaireurs à Wadilteba pour empêcher que les chrétiens donnassent de Teau à leurs chevaux. Alors se rendirent le rocher et la forteresse de Pruna, et Talcayde qui la livra %'en vint avec ses troupes au camp de Mohammed. L'émir commanda à ses généraux d'aller au fleuve avec trois mille chevaux, et d'attaquer le camp des chrétiens; avec trois mille autres il alla se placer dans une embuscade à une lieue de ceux-ci. Ces trois mille cavaliers entrèrent vigoureusement dans le camp des chrétiens, les mirent en grand désordre, et leur firent un grand carnage. Bientôt, suivant Tordre qu'ils en avaient reçu, ils commencèrent leur retraite afin de les attirer dans Tembaseade du vallon ; mais les chrétiens furent prévenus et n'allèrent pas à leur poursuite plus d'une demi-lieue, jusqu'à ce qu'ils eussent reçu les renforts que le roi Alfonse leur envoya; ils marchèrent en bon ordre de bataille et entrèrent dans le camp des musulmans. Il y^ eut entre les deux armées vni. 6

S3 HiflvoiaB fr'BsrAoïa.

ane sanglante bataille, où il périt beaucoup de monde des dMix côtés. Les chrétiens enletèrent quelfoe» tentes etftrenl priaonniers quelques musulmans qui n'étaient pas sur leurs gardes daoïs le camp ; là-dessus ils s'en retournèrent au siège, et ceux de Teba se rendirent par capitulation à condition qa*il leur serait permis d'en sortir saufs avec armes et bagages. Les efarétiens occupèrent également Priego, Gaflete^la tour de Ub Gaevas et celle d'Ortejicar '.

Dans le Maghreb, au rapport d*Ebn Abd el Halim, les Me^ rynites s'étaient élevés à un haut degré de puissance , et setn^ blalent devoir renouveler les merveilles des Atmoravideset des Almohades. C'était une dynastie berbère, de la tribu de Ze^ netab.Nous connaissons ses fondateurs, mais c'est ici le lieu de parler de ses derniers rois. Le premier qui marqua au eom- Bdencëment du quatorzième siècle fut le sdltau Abon-Babieh Souléiman bcn Abdallah ben Abou-Yakoub Tonsouf ben Abou-Tousouf Takoub ben Abd-el Hakk \ Il avait commencé

^ CoDde, ni« parlie, c. 20. — Le récit de cet auteur est ici eitrêmement confuSi tt aucune date ne réclaire ; aussi ne le suivrons-nous pas plus loin.

* La pli110sO|ilile des ndms a son importailce en histoire, et supprimer les réfSretim IradiUotanelles et les généalogies, dans Thistoire arabe partieulièrettent, c'est tout simplement supprimer la pbysiouomie de cette histoire.Tout au plus pourrait-on se résoudre à écrire les noms qu'on lit plus haut en en traduisant la signification èomme n suit, si on Taime mieui : le sultan Père-de-Rabieh SouIelman, fils d'AblalUh, fils de Père-d'Takoub Ytf usouf» fils de Père-d'Yousouf Yakoob (m voit ipie e'est vice versa), fils d*Abd el Hakk, au lieu de dire purement en aralM Aboa- Rabieh Soulelman ben Abdallah ben Abou-Yakoub Youssouf ben Abou-Youssouf Vakoub ben Abd d Hakk, ce qui est absolument fa même chose. — A chaque pas, pour la plus grande clarté d'un récit, on sent l'utililé du précepte de Polybt :Ne rien o0M(fr6» Nous sommes tous un peu, nous autres historiens, comme le second kalender des J^ille et une Nuits : « Madame, pour obéir à votre commandement et vous apprendre par quéllfc étrange aventure je suis devenu borgne de Toeil droit, il liut que Je y«iis conte toute Thistoire de ma vie. » Je dirai, quait à moi, sans faQOO à mes lecteurs ce que Walter-Scott disait plaisamment aux siens dans Tépigraphe de son Pe^'eril du Pic : « Si mes lecteurs venaient jamais à remarquer que je suis par momens ennuyeux, ils peuvent être persuadés que ce h'est pas sans quelque raison iéebée. » Vouloir qae je «upprime ou abrège les noms artiies d'une bistoin arate, «'ta aonma A l'on demandait i nos officiers de l'année d'Afrifue de ne pas appeler

CHAPrraE okzibmb. 83

à régoer après la mort de son frère te soltaQ Aboa Tlpabet Amer, qoi moamt aux environs de Taoger en safar 708 (1 308), Son règne fut célèbre, et Geuta devint tous lui redou* table à TEspagne. Il mourut à Tezi en redjeb 7 10. Abou Saïd Otbman ban Abou^Yonsouf Yakoub ben Abd*rel-Hakk eut Tempire après loiicle de son père, et jouit d'un long règM. C'eat à celui-ci qu'avait succédé Aboml-Hassan Ali.

A^ commaucement de Tannée 1333, Abd-^el-Melek, fils aine (très jeuue et contrefait O d'AbouIrHassan Ali fila d'Otbman, passa en Espagne à la tète de sept mille ohevaux ; il descendit à AlgésiraS; lieu qui, de tout temps, avec Gibraltar, avait servi de débarcadère aux armées musulmanes. On aperçât de Tarifa le passage des musulmans africains, et on en informa promptement le roi de Gastille, qui ordonna à Alfonse Godefroi Tenorio, son amiral, d*armer une flotte à Séville, et d'aller garder le détroit, pour empêcher que les musulmans d'Espagne pussent recevoir d^ Afrique un plus grand secours de vivres et de troupes. Mais la marine castillane était dans Tétat le plus déplorable, et il fallut quelque temps à Tenorio pour équiper une flotte composée de douze mauvais vaisseaux ; quand il arriva au détroit, les Africains n^a valent plus rien à faire passer en Espagne. Sa présence n'y fut utile que pour donner quelque espoir d'être seeourus aux assiégés; eap déjà les musulmans d'Algésiras et d'Afrique s'étaient réunis et avaient formé le siège de Gibraltar. ILa chronique d'Al^ fonse, écrite par un courtisan de son fils bâtard pour glo^ rifier ses actes quand même, accuse formellement ici le gou* vemeur de la place, Vaseo Ferez de Meyra, d'avoir eipptoyé à s'acheter des terres en Andalousie les fonds que lui avait

m leurs noBf la Arabes et les Berber» anxfudt Us oqt joarndlemfnt affmrp ; og se rrpend toujours d'avoir laissé dans Tombre telle ou telle' partie de la vérité d*uBe nomcDdature, sous prétexte de noms barbares. Strabon a quelquefois sacrifié k cet euphémisme, et on le lui a justement reproché. 1 El.Ahdab(le Bomu).

84 HISTOIRE D BSPâGHE.

envoyés le roi pour pourvoir à rapprovisioanement et à la défense de la place ; mais elle ne met pas à cette accusation une grande insistance, et on dirait qu'elle Tinveate pour le besoin de la cause, savoir pour justifier le roi de n'être pas arrivé assez tôt au secours de Yasco Ferez de Meyra. Alfonse avait chargé, il est vrai, les grands-maîtres des ordres militaires et les riches-hommes de secourir Gibraltar avec leur monde; il promit dy marcher en personne avec le plus de forces qu'il pourrait mettre sur pied ; mais il demeura si longtemps absorbé par ses guerres anti-seigneuriales enCastilleet par ses amours, que Gibraltar fut réduite en peu de mois à la dernière extrémité; les vaisseaux africains fermaient avec tant de soin l'entrée du port, qu'Âlfonse Godefroi Tenorio n'avait pu, avec les siens, jeter ni vivres ni farine dans la place, quoique par plusieurs moyens ingénieux il eût cherché à le faire, sans pouvoir réussir à tromper la vigilance des ennemis, et Abd-el-Melek, du côté de la terre, tenait la ville si bien investie, que les assiégés souffraient plus de la famine que des assauts. On en vint jusqu'à manger le cuir des boucliers ^ La situation était tellement critique, que le roi se décida enfin à y pourvoir. Il partit de Tolède, et envoya porter à Vasco Ferez de Meyra, gouverneur de Gibraltar , et à Alfonse Godefroi Tenorio , son amiral ,* la nouvelle de son départ pour le détroit. En même temps il cherchait des alliés partout, tant sa politique déloyale et violente avait créé d'isolement autour de lui. Gonçalo Alvarez d'Almaçan, son écuyer, alla, à ce qu'on dit, sans ordre avoué du roi, mais, à ce que tout indique, avec un ordre secret, trouver D. Juan Manuel, au service duquel il avait été autrefois attaché, pour l'engager à servir le roi dans cette guerre. D. Juan Manuel promit, si le roi lui payait une

> Uegaron a muy gran aquexamieiito de hambre, que comian los cuero* de loi escudos ooch06 (Chr. de D. Alonso el XI, c. 119).

GOAPITaB ORZIÈHB. 86

certaine somme .qQ*il lui devait, de faire aœ incursion dans le royaume de Grenade et d'empècfaer par là Tonsouf d'aller seconrir les AfricaUis à Gibraltar* Alfonse s'eiécuta; mais il ne parut pas, plus tard, que cette diversion ait été de nature à retenir Témir grenadin dans ses états, et Alfonse lui-même vit plutôt dans cette juste satisfaction donnée à D. Jaan Manuel un moyen de s'assurer sa neutralité qu'une effective assistance. Il fut plus heureux d'un autre côté. Quelques seigneurs étrangers à ses domaines amenèrent des troupes pour le seconder. De ce nombre fut don Jayme de Xerica, qui vint d'Aragon trouver le roi castillan à la tête d'un corps d'almogavares aragonais et valenciens, et qui, lui ayant fait savoir sa marche à Fuçnte*Obejuna, le joignit à Constantina, où il fut reçu de lui avec de grandes marques d'estime. Don Juan de la Gerda, fils d'Alfonse de la Gerda, se rendit aussi de Portugal où il vivait retiré, auprès du roi df^ Castille avec un corps de bonnes troupes. Le roi arriva % SéviIIe,le 8 juin, et y entra avec don Juan Alfonse de la Gerda, don Pedro Fernandez de Gastro; don Juan d'Albuquerque, grand-mattre de la maison de Tinfant Ferdinand, dont il commandait les troupes et avait l'étendard ; Martin Fernandez de Portocarrero, grand-maître de la maison du roi, avec son monde et son enseigne; Garcilaso de la Yega, grand-maltre de maison de don Sancho, à la tête des troupes qu'il devait fournir; don Jayme de Xerica ; don Roderic Alvarez des Asturies; don Buy Perez Ponce;. don Ferdinand Rodriguez de Yillalobos ; don Juan Garcia Manrique, don Gonçalo d*Aguilar et don Gonçalo Martinez d'Oviédo.

Il trouva, déjà réunis à Séville et 1 y attendant avec leur monde, les grands-maîtres de Saint-Jacques, de Galatrav^ et d' Alcantara, et le commandeur de Lora, de l'ordre des chevay iiers de l'Hôpital de Saiot-Jean de Jérusalem, en Tabsence du prieur de l'ordre; l'archevêque de la ville; D. Louis de la Cerda,D. Alvar Perez de Guzman, D.Juan AlfonsedeGuzman,

86 H18I01B1! D'BSP3litllB.

el D. i^edro Ponoe de Léon, cbacuti avee les troupes qti'il

aVait pa raiiseibbier. Fea de temps après^ al*rivèreat les

tendes àe Jnën et des aotreft Tiltes et places de F Andalousie.

MUs w déploiement de forées, cette espèce de woisade, foft iMtile 4 trop^e lenlear avait présidé à sa formation, et qomd Alfénse arriva à Xeres de la Frontera, il reçoA «n Message de l'amiral de €iiisti}le Tenodo, par lequel û mandait ràôroi qn'fl voyait entrer au château de Gibrattar et en voyait «Mir à teot testant des Maures du 'camp des assiégeans, et qtaeles eèmbàrts avaient «e8sé;c|t!fe, dattsirignorance de ce qui s'y pAssaift) il av«ift fait detnandefr ^fA Maures de la mer Tétat de la plae^, et ^at Tun d'entre eux, très versé dans la lamgm vulgaire {tino muy ladino)^ lai avait répondu que Yasco Ferez 4e Meyra était Botti du château et était en ce ttiomeift dans latente de Tinfèint Abd-el-Melek {'del infmte Abimiikqué)y cft que, ce jour-là 'même, Yasco Ferez devait Rvrér le château.

Sut eéttè désiagréable nou'vélle , le roi titft conseil. Les avis furent partagés : les tms pensaient que si le château était déjà ati pouvoir dés Africains, le mieux était de s*en ttetourtier; les àtitrésdirètit'()ti'étant si près de <jibraltar, il était de leur UôUiieur de poursuivre leur chemin et de voir sur] les lieux ite^u*îl y aurait ^ftite. Le roi fut Ûe ce dernieff avis, et dit ^Ue sa volonté était d'arriver jtisqu*à Gibraltar; que s'il le trduvait encore au pouvoir des chrétiens, quand même il he irelsterait plus à fceùx-ci qu'une tour du château ', il la secourrait. Que s'il le trouvait au pouvoir des Maures, fl ferait en sorte qu'ils ne pussent être seconrus ni par mer ni par terre, et qii'aTec l'aide de Dieu il espérait le recouvrer. Ils'partirent là dessus; ihais, arrivés aux bords du Guadalète, un 'Hutrë meésage de l'amiral survint, et leur apprit que les Maures étiBdent dans te château diepuis le matin, et avaient

« l7iiÉaliMaiiaeIi9Maio.

planté leocséteDdavâs aa hast des tours; qa'ikaifaiMt rangé trate leur Adte dans Tarsenal d6 la ^ilie de Clibraltar ; enfin, qM la garnison et les habitans en sortaient libres. En «ffet, Yasoo Perez, manquant de vivres dans la place, était «lié traiter desa reddition avec Abd-^MIelek, et avait otitenn ponr eandîtion que tons les cbrétiens en poerraient «ôrtfr sains ^ saufs. La ville et le cfaâtean de Gibraltar se rendirent, d*^*^ près «08 calonls, le (5 on le 16 juin 1333. Il y avait, dSton, dans une toardu roi des vivres ponr cinq jours encore, et si Vasco Ferez avait tenu bon, le roi serait arrivé à temps pour reiiipècber de se rendre. Mais cela est difficile à faire accorder avec «e qne nous a dit plus baut la cbreniqûcf d'AIfonse elle-même, que tel était Fétat de misère de la ville qu'on 7 était réduit à manger le cuir des boudiers, et témoigne seulement du dépit qu'éprouva te roi d'être venu trop tard. La vârité est qu'il s'était arrêté trop longtemps à dè^ soins tout personnels (on ne peut même pas dire djnasti* qiMs), à dresser des actes pour assurer l'état de ses enfans (bâtards), et à d'autres occupations de plaisir et de caprice, non moins inutifles ou funestes à l'Etat. Pour son excnse tout an plus pourrait-on allégner son extrême jeunesse, car ce roi, déjà père de plusieurs enfans (bâtards), et même d'un fils légitime (^Ferdinand, qui mourut peu après) n'avait pas atteint encore sa vingtnleuxième année.

Bien de plus accrédité au reste que la prétendue trahison de Yasco Père?. « Ce prince, (lit la nouvelle cjironolpgie historique des foîsd'Ëspagne en ipftrIanft.d'Al{6!ii8e XI, eut le malheur de perdre, l'an 1333, Gibraltar^ que !e gouverneur Hvra auXiMaures^ après f[uoi il se.retira en Afrique. » Jt£^,ch^Q^ique idu roi, d'fiilleuiis iort évidemment bostile>à rPere^deMeyra, ne dît rien <|ui justifie cetfte assertion (rtpétée par presque tous le,8 historiens d'Espagne), à savoir que Vasco Parez pass^ .«nA{rèqfie,«nd -autres /termes trabîtKÛese borneà k<blànier en termes généraux d'avoir rendu trop tôt Gibraltar, lorsque

88 msiXMRB D'ESPA0]!IS.

son devoir était, dit-elle, d'y moarir poar le roi ; et elle ne parle ni de sa retraite en Afrique^ ni de sa punition, ui oiéme de sa disgrâce, quoique celle-ci puisse naturellement s'inférer de la situation d'esprit où le roi, d'après sa chronique, devait être à l'égard de l'alcayde qui avait, quelles qu'eussent été ses raisons, si mal à propos capitulé pour la gloire du roi <•

Le roi, tout dépité de cet échec, poursuivit néanmoins avec son armée la route de Gibraltar, conformément à ce qui avait été décidé dans le conseil de Xerez, et eut d'abord, avant d'arriver devant, la ville qu'il voulait reprendre, quelques escarmouches sanglantes avec les troupes africaines d'Algésiras.

La chronique de Yilasan raconte vivement cette campagne. Après, dit-elle, que l'armée du roi Alfonse eut reçu les manitions qui lui étaient nécessaires, et que le roi eut réglé lesquels des siens seraient à Tavant-garde et lesquels à Tarrière-garde, ils partirent des bords du Guadalète et furent au vado de Sera, et le lendemain en un lieu appelé Patrite j Alvarite. Le lendemain, qui était le jour de la Saint^Jean, ils arrivèrent à Alcala de los Gazules ; le roi mit eneore un antre jour à franchir le port de cette Sierra, et alla camper au bord du rio Guadarranque. Le jour suivant, comme il passait cette rivière pour se rendre à Gibraltar, les Mores qui habitaient Algésiras avec l'infant Abd-el-Melek se por-

' Si el pusiera en su Yoluntad de hazer, dit la chronique, lo que era tenido de bazer, que era de entregar d castillo à su seSor o morir en d, cno oviera por esso A morir, que pudiera partir aquella viandas (les prétendues provisiçns pour cinq jours qu'elle dit qu'il y avait dans la tour du roi, et que les Maures, d'après elle, y trouvèrent) aquellas gentes, y uvieran cinco dias que corner, y à los quatros les aceorriera el rey,' y asi no ahincara el de tan mala ventura eomo blzo que lo cobraron los Moroa, y maguer que d en esto tiizo grau maldad, pero gran dano truxo d retardamiento quel rey bizo en quanto el castillo estava cercado. Vasco Ferez, uvodessafueiamlento, porque passava el tiempo qiîc el rey embio â derir que era Ilegado à Sevint, y que le socorreria, eomo qulera que por esto el no déviera haaer lo qtte tafso (Chr. dd Rey D. Alon^ d XI, c 119).

dBAPiraB^ onzDEMB. 89

tèrent vers loi dans la matinée. Ils marchaient pas à pag, suivant l'armée castillane, et prêts an combat, et ils ponvaient bien s'élever josqn^à six mille cavaliers. Quelques-nns dai chrétiens de Farrière-'garde sortirent des rangs, et, passant la rivière, allèrent escarmoucber avec cenx des ennemis qui, en assez petit nombre, s'étaient écartés des leurs ponr s'approcher de la rive droite du Gnadarranque, le long de laquelle ils marchaient. Dans les rangs des chrétiens était un frère-chevalier de Tordre de Galatrava, nommé Gonçalo de Messa, lequel, voyant un de ces cavaliers arabes armé du carquois, qui avait passé seul la rivière et osait décocher des flèches aux chrétiens sans s'inqniéter de leur nombre, marcha droit à lui, lui porta un coup de sa lance, blessa le cheval, et, frappant rhomme de son épée tranchante sur le cou, loi détacha la tète du tronc; elle roula à quelques pas du corps, qui, décapité, demeura un instant encore à cheval avant.de tomber à terre. Mais aucun engagement général ne s'ensuivit, et le roi de Gastille fit même défense à qui que ce fût de chercher le combat sans un ordre exprès de loi ou des ch^s principaux de l'armée.

Ainsi l'armée castillane marchait vers Gibraltar, suivant la rive gauche do Goadarranqoe, tandis qoe les troupes africaines marchaient sur Fautre rive, en ordre de bataille. Arrivés en nn lieu appelé la Sierra Garbonera, très rapproché de Gibraltar, Tavant-garde et le centre (la ddantera et la casta-^ nera) des chrétiens étaient déj^ passés au-delà et toochaieot à Tarénal do rivage, que leor arrière^garde {çaga) était parvenoe à peine ao sommet de la Sierra. Les Africains, à ce a|pment, traversèrent le petit fleuve et marchèrent à la suite des chrétiens sans les attaquer, attendant, à ce que tout faisait deviner, que larrière-garde de ceux-ci fût tout entière occupée à descendre sur l'autre versant, pour s'emparer à leur tour de cette Sierra, du haut de Idquelle ils fondraient ensuite sur les chrétiens {harian espoionadacon lo$ chfistMWs).

Le roi don AMairne de Gastilk comprit, dit la cfaroniqne, queles Mores i'aTant saiTt de ttè& près sans l'attaquer Jo»ftte-ià, Imr ioteotiofl devait ë;re de le faire en cet endrok ; il tstwfû r.of dre à «eax de la deTsiileDa ^1 étaient arrivés sar le mage deyawt ia Tille de Gibraltar, d'y asseoir lear camp, et efaefset soèdats j dressèrent leurs tentes ; àceui dala çaga il eBTOjaf cidre de s'arrêter «m montent an sottmetde la Sierra, et, isi »lies Mères les attaqoaîtntidelee repousser .et de iespornsm^re jusqu'au rio ffiuadarranque^ leur défiendaiit, qnaod ils seraient ttrriirés là, de passer outre. En même temps il (donna à eeuK qui formaient ie cenife (dans ieqnel étaient le gvandHnaÉtre de Oalatrava, ie6<x>B8eils de l'érièché de Jaen^ liope Siiiz de iBaeça,IH Sancbez de Benavides, Garcia HeleadezdeSotomayeir et plusieurs antres dieralîers distûigoésj, r^Qvdve ée tourner la orète du mont ^ de se tenir prétsi dcmaer sur les derrières de l'ennemi, s'il effectuait le mouvement ipi'on supposait étue dans «ses projets.

delà ordonné de ia sorte, les «chrétiens de J'arriëre-garde ^oMravencèrentà descendre lentement un assez ^rand espace de chemin, et les Africains montèrent inoentkient au sommet de ia Clarbofiera ai^iee leurs troupes en lM>n ordre. Dès qu'ils furent arrivés là, ils commencèrent A pottsser de ^andes clameurs, et se portèrent précipitamment sur la pente du «ont à l'^attaquedes cfbrétiens.DansIe même t^nps, legrand^-maitre de GaAatrava avec ses moines-dievaliers et les menéeadel'évè- «bé de Jaen était arrifvé et s'était posté au sommet de la ^erra. Attaquée, l'avant'-garâe (^retienne se retoorna tout à ooap, et oeÉrtraignit les Husnlmans >à rebrousser diemia yers le haut de ta crête où les attendaient les hommes de l'évéché de Jaen ^ du grand-mattre de Galatrafva; un vif combat s'ensuivrt, ^etDveu, dit la chronique, voulut que périssent là d'entre les Hores jusqu'à cinq oents^cavaliers; les autres prirent la faîte; les chrétiens les poursuivirent et passèrent à leur Mite le rio Gttadwranqae jusqu'au rio f^êhnones, -qui «oale dans les

campi^es d'Algésîrafi. Le roi vint pur la ykige, el qmid il vjppriX que les chrétiens ai^ûent passé jasqa'an Palraones et 8*étafiettt si imprudemraeHt avancés da c6té d'Algésiras où étaieiit rassemblées de aiombimNes 'troupes iafricaines, ilcravgnit an farosque retour de remetni con4«« les siens engagés dans ce péril «t avec qui il ne pouvait 'oommuniquer, et H envoya anssitôt an conseil de Sd^iille, à^don Pero Ponce de Léon, à don Juan Allonse de^tuEinaii, à des AWarPerez de Guzman^ à don Ëniâopte Eoriqpiez, qui tous étaient de l'a» vant-^gafrde arrivée et d^à <mmpée devant Gibrattar prob»blemeirt entre San^Boqne, Bnenavista, le Faerte dd Mirador 'et ia mer, Tordre de Menir, toul» affaire cessmte et sans retard, à liendroit cà^il était; etél devait être à peu.près^ si je ne tee trompe, là où est &âtuéeaurfourd'fam la Torre-entra los^Bios, tâtte entre les deux embooehnres du CruadarniDqae et du Palmoiie6,'âoîgnéesàpeine d^jenvirondeuxkilemàtreB; il «rdofiaa pareillemeiit que -vinssent frrësde lui miUeeifiq e^its (hommes^ pîed, arbalétrier ^t archers almogavares, et en peu d'htsures 1X)«IB vinrent là où le roi les avait appelés pour se porter avec lui an secours de ceux qui s'étaient jeté& trop a^nt vers Algésiras-Teiotefois, quand les arcberset les arbalélrienm ahnogavares -^tTrlivèreot, la mer était montée, et ils troirvteent ie'Ckiadarranqvesi grossi que les bomooes de pied ne 'pouvaient le passer; il fallut que les carvaliers qui étaient avec le ifoi et ceux qui arrivaidit du camp avec 'le conseil 4e Sétille tes paseaBsetit à la nage 9ffr leurs chevaux. Ce ne fut pas sans travail et sans peine, dte la chronique, ni même sans danger^ que 'ces bommes passèrent, et c'était faire heaucoup pour secourir les chrétiens qui étaient allés à la ponrsuite des Moré& ; d'autant plus que ceux-ci, qui allaient fuyant députe la ^erra Carbonera, dès qu'ils eurettt passé le rio Palmones, s'étaient arrêtés et rétablis en bon ordre, >èt semblaient prêts à repasser le Palmones pour attaquer les cbtétte^ qui ék^ient demem^ rassemblés sur 4a riveganéhe.

92 HISTOIBX d'espaghb.

De moment en moment arrivaient d'Algésiras de nouTeaax renforts aux Africains, et ils tentèrent de passer le Palmones en cinq endroits. Hais les chrétiens voyant Tennemi si nom* brenx, et craignant, s'il repassait le fleuve, de ne pouvoir lui résister et d'être contraints de fuir à leur tour, firent tout ee qui fut en eux pour défendre ces passages, et Ton combat^ tit dans la rivière même. Dans ce combat au milieu du Palmones, les musulmans tuèrent un chevalier distingué appelé RuyDiaz deRojas. Les chrétiens soutenaient difficilement la lutte, accablés qu'ils étaient de fatigue, et parce qu'ils étaient sous les armes et marchaient, combattaient ou couraient depuis bien avant le lever du soleil, «t pour n'avoir ni mangé ni bu de tout le jour ; la soif les tourmentait surtout, car Teaa du Palmones est très salée à l'endroit où ils étaient, et ils n'eu avaient ni ne pouvaient en aller chercher d'autre. Heureusement Famiral de Gastille, qui était dans la rade avec sa flotte, s'aperçut de leur danger et leur porta un utile secoues. Il descendit de sa galère dans une de ces grandes Jbarques appelées zabras^ avec cent, arbalétriers de sa flotte, entra dans le rio Palmones et se fit débarquer du côté où étaient les chrétiens, qui reprirent courage à la vue de cetauxiliaire inespéré. Bientôt arrivèrent les arbalétriers que le roi envoyait à leur aide, qui, joints à ceux qu'avait amenés l'amiral, se mirent à tirer une grêle de flèches sur les Berbères et les cfontraignirentà quitter les gués du fleuve sur lesquels on avait jusque-là combattu. Le soir vint là-dessus, et enfin la nuit, et les Berbères se retirèrent à Algésiras, tandis que les chrétiens retournaient pfès du roi, qui, d'une hauteur voisine du Guadarranqueoù il était arrivé depuis peu, avait vu les derniers mou vemens des siens dans cette fatigante journée; et quand tous furent réunis près du roi, ils s'en allèrent tous ensemble au camp de Gibraltar, où ils n'arrivèi'ent barrasses que fort avant dans la nuit.

Le lendemain le roi convoqua les chefs de Tarmée dans

CBAPITRE ORZmiB. 93

sa tente pour y tenir conseil sar les mesures à prendre dans la conduite du siège, et tous furent d'avis qu'il fallait assiéger le château et la yille tout autour de Gibraltar ; que le roi cam« pait avec toute son armée dans l'isthme sablonneux tandis que, du côté du mont et de Tiie, il n'y avait personne; qu'il était nécessaire de placer là quelques trou(ies, car s'ils restaient comme ils étaient, la place ne serait pas véritablement assiégée, et tous s'accordèrent en cela. Le roi ordonna à quel* qaes-nns des meilleurs chevaliers de l'armée de passer à l'endroit indiqué : de ce nombre furent Ruy Lopez, fils de Lope Dia2 de Baeça, et Ferdinand Yaû<^z de Meyra. Les principaux officiers de sa maison, les ricos-bombres et les grands-maîtres de Calatrava et de Saint-Jacques fournirent chacun à cet effet quelques-uns de leurs hommes. J'ignore de quelle île la chronique veut parler, mais ce ne pouvait être que d'une ile très rapprochée du rivage et touchant presque à la terre, à laquelle elle aurait été réunie depuis, à l'endroit peut-être où est aujourd'hui le nouveau môle, à moins qu'elle ne désigne par ce mot Vile la presqu'île même de Gilbraltar, ce que donne plus particulièrement à entendre toute la suite du récit , de la chronique. L'armée envoya des barques afin que les chrétiens se rendissent dans l'île par la mer, et tous entrèrent dans ces barques, et quand ils furent arrivés à l'île, à mesure qu'on les débarquait ils s'en allaient aussitôt au haut du mont qui est suf la ville, de telle sorte que quand sortirent de leurs barques les chevaliers, en dernier lieu, se-» Ion l'usage, ils se trouvèrent n'avoir avec eux que bien peu de monde. Les Berbères qui défendaient Gibraltar, voyant ces chevaliers si peu nombreux sur la côte, marchèrent à eux et les attaquèrent. Beaucoup se noyèrent en fuyant vers la mer, où ils ne trouvèrent plus ni vaisseaux ni barques pour les recueillir. Buy Lopez et Ferdinand Yanez firent bonne contenance, mais ne purent résister au nonibre et furent tués. Ceux qui s'étaient établis sur la montagne cependant y de-

94 HISTOIRE d'ESPAGIVE.

menrërent, msi9 le roi et Tarniée ne tardèrent pas à regretter de s'être jetés dans cette hasardeuse entreprise. Les livres leur manquèrent dès le surlendemain. Ils comptaient en recevoir par mer, mais un mauvais vent empêcha les navires qui devaient leur en apporter d'arriver. Dans cet état de choses, le roi convoqua le conseil des chefs pour aviser au moyen de délivrer ceux de leurs compagnons qui étaient allés se loger sur la montagne de Gibraltar, leur disant qu'il n'était pas bien de laisser ainsi ces chrétiens périr au pouvoir des Mores. Mais tous Ictt dirent que les vivres manquaient, et qu'il fallait battre en retraite, si Ton ne voulait pas que Tarmée tout entière mourût là de faim ; et quant aux chrétiens qui étaient sur la montagne de Gibraltar, qu'il fallait les abandonner à ta grâce de Dieu, puisque, loin de pouvoir les secourir, on ne pouvait se secourir soi-méme.Tous furent par suite d'avis de battre en retraite dès le matin suivant, chacun dans le même ordre qu'ils étaient venus.

Ils levèrent en effet le camp le lendemain matin, tristes et abattus, et marchèrent l'espace d'une lieue dans la direction de Puerto-Llano, le roi montrant une tristesse plus profonde, dit-on, que les autres, et causée surtout par l'abandon des braves qu'on laissait, au nombre de plus de quinze cents, à la merci des Berbères sur le rocher de Gibraltar, lorsque Sancho Sanchez de Bojas, chef des arbalétriers da roi, et quelques autres principaux chevaliers de sa maison, touchés de le voir si affligé, demandèrent comme une faveur qu'il tint pour bon d'ordonner à l'armée de s'arrêter là an jour; qu'ils essaieraient, quant à eux, de délivrer avec leurs hommes les chrétiens de la montagne ; qu'ils espéraient encore que les navires chargés de vivres qu'ils attendaient leur arriveraient dans l'intervalle, et qu'en tout cas on pourrait toujours bien rester là un jour sans danger ; que si les vivres n'arrivaient pas, on pourrait mener l'armée le jour suivant jusqu'à Alcala de los Gaznles, forteresse appartenant aux

cibrétiefDS, tt oft il teai* serait facile de se reMve potfr gagner ensQtte de là Sévilleet Cordoue.

On délibérait eneore, lorsqu'on découvrit tvtr la mer un navire de omx qu'on attendait chargés de tivres, et peu après Qn autre, suivi de six, venant de l'Océan, poussés par on vent favorable, le cap sur la baie de Gibraltar.Toute l'armée adressa des actions de grâces à Dieu, qui lui envoyait si à propos cet indispensable secours, et personne ne fit plus difficulté de retourner à l'arénal qu'on avait si tristement quitté le matin. Les huit navires arrivèrent ce jour là même, et répandirent l'abondanoe parmi les chrétiens. On arrêta qu'on secourrait le lendemain les chrétiens qai étaient allés se percher, comme des aigles imprévoyans, sur l'une des aires les plus abruptes de cet antique mont Galpé, de ce sombre écueil, qui s'élance avec audace du niveau de la mer jusque dans les profondeurs du ciel d'azur et d'or de l'Andalousie, sans que le sol sur lequel il repose contribue en rien à son élévation. L'Aragonais volontaire don Jayme de Xerica, Garcilasso de la Yega, Gonçalo Buiz son frère, Saneho Sanchez de Rojas^et quelques autres chevaliers et écuyers de leurs parens, se chargèrent de cette noble mission. Ils s'embarquèrent eux et leurs chevaux avec un corps de ces arbalétriers almogava'res si renommés à cette époque, et débarquèrent, selon ma conjecture, à une demi-lieue environ au-delà du vieux môle de Gibraltar. Les Berbères défenseurs de la place étaient accourus pour leur disputer le rivage, mais les arbalétriers de D. Jayme de Xérica les avaient bien vite balayés, et avaient ainsi rendu facile le débarquement des chrétiens. Ilsfirent tirer aussitôt leurs chevaux des barques qui les leurav^iiëntamenés, montèrent dessus, et se disposèrent à donner tous ensemble sur les mabométans. Hais les infidèles n'osèrent les attendre, et battirent en retraite vers la ville. Alors, D. Jayme de Xerica et Garcilasso de la Yega et Gonçalo Buiz son frère et gaucho Sandiez de Sojas et les antres chevaliers que le roi

96 HisTomis d'sspagke.

avait envoyés avec eax, allèrent as$eoir lenr camp et dresser leurs tentes au pied du mont, dans la terre vermeille (m la tierra Bermeja)^ et les chrétiens qui étaient au sommet da mont en descendirent et vinrent se réunir à^e nouveau camp qui bloquait Gibraltar du côté du sud, pendant que le roi le tenait bloqué du côté du nord; le roi envoya incontinent des vivres autant qu*il le put à ces compagnies, qui demeurèrent là cette nuit et le jour suivant.

Un nouveau conseil fut tenu'par le roi, ce même jour, dans le camp du nord : il ordonna que se réunissent dans sa tente tous les ricos-hombres, les grands-maîtres, les chevaliers et tous les conseils de la frontière avec lesquels, dit la chronique, il avait coutume d'arrêter toujours tout ce qu'on ferait, et leur fit part de son désir de voir continuer et presser le siège avec plus de vigueur. Il pensait que les Africains possédaient Gibraltar depuis trop peu de jours pour s'y être approvisionnés suffisamment, et qu'ils ne pourraient y tenir longtemps. Les ricos-^hombres et les conseils de la frontière, ceux de Jaen particulièrement, menacés de plus près par les armes de Grenade, opinèrent, au contraire, qu'il valait mieux s'en aller, dans la crainte qu' Abd-el-Melek ne se jetât sur leur royaume, pendant qu'ils seraient occupés là. Mais le plus grand nombre fut d'accord que le mieux était de demeurer au siège jusqu'à ce qu'on eut pris Gibraltar ; et le roi fit toutes ses dispositions en conséquence , envoya chercher à Seville, à Xérez, à Gadiz et à Tarifa, des machines de guerre pour battre les murailles, engagea chacun à faire apporter le plus qu'il pourrait de vivres au camp, fit mettre étroitement le siège en tous sens par terre, autour de la ville et du château, et ordonna à l'amiral de Castille de le bloquer par mer. La flotte castillane ne put en approcher à portée d'arbalète, parce que les Africains avaient jeté en avant du port de grosses estacades, formées de poutres flottantes, liées et retenues entre elles au moyen de cordes et.de chaînes de fer.

CHAFITRB pKZIÈMB. d7

Jl^s assiégés ne firent pas une moins vigbnreuse résistance du côté de la terre, cf repoussèrent si énergiqaement un premier assaut que. Garcilasso de la Vega, son frère Gonzalo Mil et beaucoup d'autres chevaliers en revinrent blessé». Frère Ailonse Ortiz Galderon, dit la chronique, prieur de l'ordre de Saint- Jean, qui avait demeuré à Shodes jusqueli, et qui venait d*ètre revêtu par son grand-maltre de la dignité de prieur de Tordre pour Gastille et Léon, arriva en ce temps auprès du roi. Alfonse s'attacha de plus belle à ce siège, et ordonna qu'on travaillât à démolir par le pied la toar de rHommagei ; il promit de donner deux écns d'or pour chaque pierre qu'on lui apporterait, tirée de cette tour ; et pour qu'on pût travailler à les en extraire, il fit construire des machines, appelées gâtas et manias^ pour protégeriez^ mineurs contre les pierres et les flèches des assiégés. Geoi qui s'offrirent à aller au pied de la tour étaient presque tous Almogavares. Ils réussirent à y ouvrir deux brèches; mais les Berbères firent du dedans, à travers les pierres enlevées, jouer leurs lances contre las mineurs, sur lesquels on jetait, du haut de la tour, de grosses pierres et du goudron enflammé qui mit le feu à leurs machines défensives, et on,le8 contraignit de la sorte à se retirer, •

Les vivres commencèrent de nouveau à manquer au camp des chrétiens vers la fin de juillet, et pendant seize/ours on y souffrit cruellement de la disette. On eut un secours inespéré le dix-septième jour; mais bientôt la famine régna si fort que la mort et la désertion éclaircissaient journellement les rangs de l'armée royale. Ceux qui fuyaient ou désertaient tombaient entre les mains des Arabes, et les prisonniers chrétiens ne se vendaient pas plus d'une dobla d'or sur le marcbéd' Algétiras: D'un autre côté, Fémir de Grenade saisit ce moment pour iie jeter avec une nombreuse ar^iée jusque sous lesmurs.de.

' La Torre del HoDHipiage. • '

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