CHAPITRE ONZIÈME
Cei^ isignes d'amitié fureut tpès funestes à Mobammed. tes fils^ ^Qzmia/selon les récits espagnols, conspirèrent contre sa Tie en b^inb .d'«in homme qui avait mangé aveedes cl^téfiens, le regarddtit 'avec horreur comme ui> profane qui a?ait' déshonoré sa i^eligion. Mais il faut chercher ailleurs, comiûe on le verra,* la cause de 1 acte de vengeance auquel il est fait dlkision ici. Cest encgre là un épisode de la rivali& secrète ou patente'- des' deux races africaine et arabe. Mohammed portait^'' au sortir de :1a tente du roi chrétieny une riche veste dont Âlfonse Itii avait fait présent, et cet objet surtout'^excità la colère des Africains. Cependant, il retourna à. son camp au bprddu Guadiaro;- Abd-el-Melek rentra dsns^Algésiras, et Alfônse, renvoyant par mer ses machi)ies de guerre à Tarifa, leva le siège, et alla camper le même se;r à Puerto-Xlano. C'était le 25 août, et ce fat là qu*il 9pprit dans la nuit qàe le roi de Grenade Mohammed ben Ismaël avait été tué parles ûls d'Ozmin, à son retour ^u bord du Guadiaro. .
D'après les 'mêmes récits, Bedv?an, Tun des wasirs de Mohammed, le voyant mort, s'échappa du camp, courut à Grenade, et alla droit à l'Alhambra qu'habitaient deux frères de Mohammed appelés par la chronique d' Alfonse Farrachen et Juzaf, y fit reconnaître et proclamer émir le second, qui était le plus jeune, et le ramena sur-lechamp avec une élite de cavaliers au camp devant Gibraltar pour l'y faire proclamer à son tour^ Cette habile manœuvre eut un plein succès et les meurtriers du roi eux-mêmes, dit la chronique d' Alfonse , reconnurent et proclamèrent ce jeune homme.
Voici dû reste comment les Arabes^ avec le peu de préci*sion qui caractérise leurs récits, au moins sous la plume et. dans la traduction de Gonde, car je n'ai pas le texte origir nal sous les yeux et je ne ne le puis autrement contrôler, racontent cette singulière aventure.
« Sçr ces ehtxefeites^ diseat-ils, le nouveaii roi. de f»; AboulHaisan, paçsa lé détroit etâ'emparâdejBibràltar copjme fl*ttn bîjBn qui lui âppart'èuait.réiçjf Mphafloned vit/dematt- Vtfs <tell Cfe passage; iiiafe îl né \oiilut:ço*nt roftipre ^v^tî *e sùUan si pufesaut et sî guerrier^.dôiat l'a refiptnttiéé éWt é^h iôH gi'andé tant en Afritjne qu'^ii Andalousie, et il laiVèçrlvlt des lettres par lesquelles 41 lût cé^att de bon.gré la f^^eréSte Qu'Aboul Hàssàti avait Vctipéie pàt force ;-Ûs.4etteû|rferéht ainsi alliés. Mohammed alla ôl(rt^ au^pays dfeiCordouë'; toit te siège devan^ Castro deljeiio, 4 rassalllit jour etMi^, tliais les assiégés se. défendirent Vîgourensèitfent ; en sorte (Ju'îl leva le camp, traversa le pays eu le^avageaBt,e|; revint ]pâr Cabra à Grenade. .*, '^ ^
i^ Les chrétiens tùarchèïrent pcu-âprèsàvecdfegràttdesïotces fcur !a fofteressè de Gibraltar dtyht iLregpettaieût si vi;rement la péfie èttiui était la clé de TAnd^usie. Les généraux d'Aboul timûiï défèttdfficht bien la plaqÈ; mais Topiniàtreté des cbrétiens les réduisit peu à peu à réxtrémiié, et leurs provisions s'achevaient, en s^rte qu*îls ti'avaieut pas même d^*espoîr de feéôdurs du côté dé l'Afrique, parce que les éhrétieos tenaient la forteresse assiégée par mer et par terre, et que leprs galères croisaient continuellement dans le détroit et ne laissaient ^as arriver de viVres aUx assiégés. Ceux-ci firçnf dire par quelques fiigriîfs à l'émir Mohammed de Grehsade à q^elk extrémité les àvlaieM réduits lés ^hrélîeti^, fet le firent prier de tt^nit les sieConrî¥ comme ^llié dé leur seigneur .Aboul iHassati. Mohamife'ed **assembla promptement ses cavaliers poul? allef sedourir les Africains ainsi bloqués dans Gibraltar. Il arriva à Algésiras, et delà il alla devant Gibraltar et combattit beiireusement contre les Chrétiens, qu'il .vainquit et • força à lever le siège ; il secourut les assiégés ; mais,' en. jeune 1)4imme vain et enflé de ses. triomphés, il plaisanta les généraux efrttains, leur disant que les chrétSèns étedeât de très bons cavaliers qui n'avaient pas toultt %e tnéié^r av^ des barbares
GHAPITRK ONZIÈME. 103
d* Afrique, parce que tons les Ândalous le tenaient a désbonnenr^ qjîe les chrétiens avaient été fort courtois et fort polis avec lejjrs compatriotes les Grenadins et qu'ils n'avaient pas, comme on^ avait pu le voir du haut de la forteresse, refusé de rontpire leurs lanqes avec eux, et leur avaient cédé le champ ainsi que la gloijre et le mérite de donner du pain aux pauvres étoffâmes Africains. Ces plaisanteries blessèrent les généraux berbères, et, ayant appris que Mohammed songeait à congédier ses troupes pour aller visiter Aboul Hassan, ils conçurent le perfide dessein de le tuer. Mohammed renvoya donc I^ cavalerie de Grenade et il ne resta avec lui que le petit nombre de ceux qui devaient raccompagner dans son voyage en Afrique. Les vindicatifs Africains payèrent quelques assassins qui Tépièrent, et qui, le lendemain, au départ des Grenadins, le voyant gravir la montagne accompagné d'un petit nombre de ses garaes , s'emparèrent de certains ^défilés escarpés qu'i| devait traverser, Vattaquèrent et le^ percèrent de coups de lancés, à Tendroit le plus raboteux du chemin, ou il ne pouvait retourner son cheval et où ses gardes ne pouvaient Taider, car ils marchaient tous cavalier par cavalier à cause du rétrécissement et de la raideur de la montée. On dit que le premier qui le frappa fut un esclave de sou père, nofflîné Zéyan. Ainsi mourut ce jeune émir, le mercredi 13* jour de djoulhedja de Tannée 733 (25 août 1333). «es gardes et ses soldats qui campaient plus loin furent bientôt instruits de Tassassinat de leur seigneur par le petit nombre de ceux qui raccompagnaient et qui descendirent la montagne en fuyant. Quoiqu'ils fussent peu nombreux, ils cherchèrent à venjger sur-le-champ la ift,ort de ^eur roi ; iftaiis les éSpfiàmSf 3e défi4nt d'ieux, avaient fermé les portes de la foiieh» resse. Le eopps de Mohammed demeura abandonné et nu sur la montagne où il fut ï'eciiçilli le lendemain .par sou fj^re. J.V était à peine âgé de dix-neuf ans, et jiyçitHT/égoélwalliiûs, et
104 HISTQIRB D*1SSPA01IE.
cinq moifl. On Tenterra dans on jardin près de Halaga,et Ton plaça, snr son tombeau Tépitaphe suivante : \
« C*est ici le sépulcre du noble sultan, fort, magnanime; ;
«libéral, Ulustre, Abou-Abdallàh Mohammed, d'beureose
» mémoire,' de la race .royale, prudent, vertueux^ insigne » guerrier, vainqueur, chef d'armées victorieuses, de Fantique » et illustre race des Naseris, prince des fidèles,' iils du sultan > Aboul-Walid ben Feradj ben Naser, à.qui Dieu veuille par- » clonner et accorder le repos ! Il naquit (que le seigneur » se complaise, en lui!) le 26 de redjèb de Tannée 625, et U » mourut, (que Dieu lui pardonne !) le 13 de djoulhedjah de » Tannée 733^. Louange et gloire au Dieu très haut et seul » immortel ! » .
De. Tautre côté de la pierre fut placé un antre éloge de ^ ses vertus, et une prière à Dieu de lui en accorder la récom- '' pense ; de rafraîchir sou ' tombeau par de doux zépl^it*s; de ^ Tarroser d'une paisible rosée et des nuages féconds de sa ^ démence; de le vêtir et de le parer des précieux vétemens ^^ de sa miséricorde, et de le placer dans les éternelles et hea- '^ reuses demeures du paradis <. ^
Youssouf P' (Aboul Hedjadj), d'après le même auteur, ^ qui diffère en ceci du récit d'ailleurs très vraisemhlable delà ^^ chronique d'Alfonse, était campé sur les bords du' Guad-al- '( Sétaïn, qui traverse la plaine d'Algésiras, lorsque Tarmée -^ qu'il ramenait à Grenade le proclama roi dans sa tente, le --^ même soir. Cette élection fut approuvée par le visir et par ^i le divan de Grenade, et le premier acte de son gouvernement >
^ La chroDlque d*Âlf6iiSe (c. 130) place le meurlre du roi de Grenade Mohammed au S& d'août; et Ebn el Khateb rapporte de même (voyez Casiri, t. n, p. 29o) «pi'il eut lieu le 18 du douzième mois des Aral es de Tan 733, date qui coïncide parfai- ^
tement avec nôtre 25 août i333. Cet auteur ajoute que ce fut un. mercredi, ce \
qui est aussi très exact. U dit que les meurtriers furent des capitaines africains, sans Utn meotioii des ais d'Oimia.
GHAPlfRB OlâlElÉB. 106
ta
fat à'énvoyef derambas^adei^s à ^éA\lé confirmèr.lavtrève de quatr^^ads^toDclhe devant Gibraltar avec les jC])rétiQi^ par son frère, la veille de sa mort.Çglfe trêve fijt observée de fait' par les AfrJcaîBs/ mais ce ne fut qn^un ^ et demi après, en là35, qu'A'bonl Hâsi^an Ali en envoya demander /la confirmation solennelle. Les ambascCadenrg marocains présentèrept en cettC' occasion au roi deCastille, de la part de leur maître, de riches présens, deà épées garnies d*or et de pierre^ précieuses, des pièces d'étoffes d'or et âe soie^ enfiQ.'des chevaux^ des cbaii](eauz, des faucons et des autruches. Celles-ci avaient de^ plaqires d'argent penijantes autour' au cou, sur lesquelles étaienftfgravés des vér^s à la louajige de leurs vertus; car on sait qiue les Arabes estiment moins l'autruche pour les belles plumes dont sa croupe est parée, que pour sa.sobriâé et son utilité dans les voyages. { *' ' \
« Nos chameaux nous portept avec rapi|)\té, dit une l(&sside africaine;* leurs lèvres sont blanchissantes d'écume^ et la corne de leurs pieds s'est verdie en foulant Je rogl et le yanem. . ' ^ '
» Les autruches du désert, couvertes du hai'nais, rivalisent Bvec eux de vitesse, et leprs renés flotteni; de front avec celles de nos chameaux. »
Nous avons vu précédemment * les actes de violence intérieure etles trahisons qu'Alfonse XI ne cessa d'exercer contre lès seigneurs après son retour de Gibraltar. Il avait alors vingt-deux ans à peine, et il mena de front, dnrant les années suivantes, ses querelles avec les seigneurs et ses amours adultères avec Éléonore de Gnzman, le tout sous les yeux de la reine, jusqu'à ce que de tout cela même sortit, en 1336, une vive guerre entre la Castille et le Portugal. Ce fut à l'occasion de D; Juan Muflez. de Lara et de D.* Juan Manuel, que la rupture éclata. Ayant fait j^rier Alfonse XI de Castille de
1 Voir ci-dev. , p. 48 et suivantes de ce volume.
(66 BÉnoiBE DJ&PA&HE.
ceièer les bpstilités ehv^ çeildcsgi 8âg&6tifs^tjâe)nettre «o .Jprme ^û soaoclale de ses ao^urs pubiiqirès A^e Étép« ; n(^e^ iDJaneoees^à la Jrçiqe^de Ûaslilte et à lui, Âlfoiiee' ly d<r P^rtiigal/spQ pèfe^ ^tfons^XI fit à ia*-iiiwière "une in* soleate réponse j spr qoèi^'an ambassadeur j^ortugais fut envojfé'Of&âelIement à^Burgbf;^ poçtei^r d'une déclaratioa de guerre de la part du roi de Portugal aiv roi de H}astiMe; el les boBtilibés conimeneèrent aussitôt sur les/rontières ài^ 4ei)x ro^aume^. Noû9«ne. suivrons pas^ici dans toàs leurs dëtaijs lés Yiciasit«des,;Jes alternatives ^e ^îyiceès et 4e revers des arïnes^ portugai^s et câstillanejL'^Toar^.ttmr les armées des. QejUi^ rois furent victorieuses et vaincues ; les frontières dea^deui rojaumes . désolées ;..J^ villes, sur ces froQttèreSt prises et, reprises. « Gotnlne le roi' de Gasyilç ne vjpùï^t rien épargner^ dit un historien, pour fairc^ repentir le Portugais de )t|^ aVÔir déclai'é la guerre, Âlonso Joffré (Gp; defroi) Teii.Qrio se mit en mer .par son ordre avec une bonne flotte, et^omniit de grandes hostilités sur .lés eôies de TÂlgarvè. T?t^ùr «'opposer à ses entreprisfes,lfe roi dé Portugal fit au plfis tôt armer sa flotte à Lisbonne; et en donna le commandement à Eiaimanuel Pesano, Oéi|pis de nation. S6r la nouvelle du départ de celui-rci, Àlfonse Joffré. Tenorio quitta TAIgarve, et fit voile vers Lisbonne. Les deux îDottes tétant rencontrées, commencèrent le combat qgx dura tout le jour, ei dans lequel on fit de part et d'autre lés plus grands efforts pour obtenir fâ victoire. Enfin Alfotise Joffré aborda la^capitane pprtugaise, s'en rendit mattre, et fit prisonniers Emmanuel Peswip et tous ceux qui étaient avec lui. Il jeta ensuite le& grapins à la galère de Charles Pesano, fils de l'amirante de Portugal, qiii eut le même sort que son père «VBC tout l'équipage. Quoique ses Autres, galères combattissent aussi avec ardeur, ceUes'de Portugal en coulèrent deux à fond et en prirent quelques autres ; mais quand elles virent qu'elles avaient perdu laca^né etlegranfi pavillon rojal,
elles se^'àispei^renlf eCfi^airf'pirejlt. ^i'àm *Sar
doDQa ih èhàBS^ytn prlt)iaitf et ^ coula.six ^/(ifnd ; de^sprte que^tcwf dottvjprldeçloire^ ilVètoufna à SaçLucar de BaN ramei(la, lassant 1à mer tèiâte du sang^qaWataH.répapda de. part çt d'àiitr^» II entra àvec^a A^e dans le Grùadalquitic^ «l.où iriDfoisifi4 le rd dîi saccès Ue.ses armes , et cette DotjtTelle fat fri» agréable a«mo^âVque castillan, à qni il fit saveiF^e Jo.nr qri'it e^mpbit armer à SévîUe. Le roi allarle recevoir, accompagna (Jé^l'archevêqùe de^^Rheims et dn sèâéol^al de Fran<^,^a\ paient vends poiir 'confirmer les traités goi avaient* été faits aveclcar maître. Alfonse Joffcé l^oriô étant arrivé ^avec la flotte, les galères qu'il avuit prises et les jj^sonniers', le roUiu fit une réception dés pins brillantes,' et «ordonna de placer le grand pavillon de Portttga> dans Téglise catfiédral^, oà il QX rendre à Dieu des actions de .grâces. «Ray dePiûa assure qu'avant Q.ette victoire rei6poiiée pjjr V^toirante TenorîQ, le roi de Portugal avait mis en dierï sons les ordres de tïonçalo Camello, une autre flotte sur laq«ieUéll y avait deux mille combattans. Il ajoute que Camellp étaBt.descenân à terre, alla l'empareride Lepe, malgré* l^é^tance de^la garnison, "tet au grand l'egret de D. Niiûo -^ortocarrero ; qu'après avoir pillé celte place, et ravag!^ la campag&e, il p^ssa à G^raleon, dont les faubourgs furent brûlé^ et saccage ;. que, de retour à Lepe, il avait Toaiu mettlre le fen anx vigies, mais queD. Noûo Portocarrero s*y était opposé ayec les troupes qu'il .avait ramassées, et loi avait livré un sanglant combat dans lequel on avait perdu beaneoup^de monde de part e;!t d'antre ; qu'enfin les deux années s'étjint séparées, Ie6 Castillans avaient fait prisonnier D. GooçaloCatnello, et les Porttrgais D. Nuflo Portocarrero, qui était àiert de ses blessures irois jours après '. » Ces sneeès balancés dorèrent jusqu'en 1S38. En cette
t SiDopds de la Hteloria de Espaîia, ad ann.
108 HÏSTOlllte ÛESPÂGIŒ.
aiipée, le papi», touché des maljti.eufs ètMu scaudàle' de cette guerre, envoya FévêquV de Rbodez' pour Ira varier en sou noui^ là réc6ncilialiôi> des deux' rois/.Le^égèl'sç rendjl à SéYille,où. AlfônsjB* était alors a\ec r'archcVêqu^ de Rgeims fit le sénéchal deFratipe. Tcms deux joignirenf leurs instances ♦pour porter le roi à la paix, -et «e purent riei? obtenir, ilfomsiede Caslille pérsista^àfairç la guerre à goû/beau-père, e{|tra dans les Algarvés, ravagea leifcainpagties de Gasffô-Marin,de'flFaro et dç.Loulé, brûla Tacseiial et le chantier de Tavjra* et se retira. ensuite* par Alcoutim^ D'un autre côté, le Toi de Portugal fil^une irruption en Galice par radÀ:el)j^t du foyaurae. Il assiégea Salvatierra, et ^rit- cette yîlle "investie pendant hnitjourffj mais Vé(sco Ôsores, qui en était gouverneur, l'avait bien ^pourvue de troupes et de Vivres, et le Portugais, désespéraiit'de la pouvoir prendre en assee'peu -de temps, se désista de son entreprise et se retira en Portugffl, non §a'ns mettre.lé féti, chemin faisant^ à quelques places moindres qui se trouvèrent sur son passage, tes historiens espagnols, en ceçvsuspects, disent que dofii Pe4ro Ferdinand de Castro, qui était adeîaùtado de la frontière de Galice,. eût pu TécEasér, s'il feût*. voulu, ayant avec lui et sora ses ordres beaucoup de troupes et boa npmbre de seigneurs léonais et galiciens , mais qu'il ne voulut point mafl^cher contre îe roi de Portugal en con^déràtion de ce 'qu'il avait été élevé avec ce roi, alors infant,à la cour de son père le roi Denis; de sorte, ajoutent-ils, que la plupart des seigneurs retournèrent chez eux assez mécontens.
Cependant, l'archevêque de Bheims et Tévèque de Rhodez vinrent trouver le roi de Portugal presque sur le théâtre même de cettie expédition ; ils se rendirent dans l'fintre- Dpuro-y-Mifio, et le virent à Braga, en présence de D. Gofl' çalo Pereyra, archevêque de cette métropole. Le légat remit
< Ki non le grand-maitre de Rhodes, comme le dit Mariana*.
ttJSAPIljRK OICIIÈMK. 109
aaco^ une lettre d^ Benoit XII et Texboitkà doi^nçr au pape la joi^ de Toir deux rois illitâtres et'qué.toul devait rappi*ocher, réuirir leiu's armes contre les ennemis de là chrétienté dont les derniers agrandassejnens effrayaient» à bon droit le soQYQpin pontife. Al|pnse de Portugal^ qui connaissait bien. son ^doe, se Édontra .d'abord peu disposé à un accomtno déEdept;.mai^ vaincu parler instances du légat et deTarohevéque de Bheims, il consentit à négocier, et donna à cet effet de pleins poûvcSrs à r.archevéqiie de Braga Gonçalo Pereyra, à Paye de Slayna, son-grand mérin, eUà.Pierre de Sem, son . graod-chAPcelier. Le légat envoya en conséquence au rai dé Castille un message, pair lequel âl lui faisait connaître. W dispositions"^ peu près pacifiques de son beau-père, et le priait de lui faire savoir êû quel endroit il souhaitait recevoir les plénipotentiaires' de Pdftugal. Alfonse de Castille leiir assigna à tous Mérida pour y tenir les conférences nécessaires à la pacification des deux royaumes. On était à la fiir de 1338, le légat prit les devants avec rarchevêque de Rheims, et tous deux vinrent trouver à Mérida Alfonse dcr Castille, à qui ils* représentèrent fortement la nécessité de. mettre un termcà cette guerre. Virement pressé par le légat, le roi de Castille consentit à négocier, pourvu que dofla Constance Manuel ne passât point en Portugal sanason consentement. Gonçalo Pereyra et Lope Ferdinand Pacheco, seigneur deFerreira, pour le roi de Portugal, ouvrirent les conférences . avec le légat et le roi; ils ne purent s'entendre sur les principales conditions de la paix, tant les prétentions du Castillan parurent exorbitantes aux envoyés portugais ; mais de part et d'autre on convint d'une trêve de dix-huit moi8,quifut signée par le roi de Castille à Mérida, et ratifiée par Alfonse de Portugal au coounencement de 1339. Par les soins du légat nne trêve fut aussi ménagée entre Alfopse XI et D.Juan Ma-nuel, après quoi le roi de Castille ne songed pins qu^à ses amours. Toute l'année s'écoula en fêtes et en frivoles parties
dçichasscjde cbâto^u'en çhârka/Sevj)yantsana.#uerrç,dit lé .èhrotoique royale,. U.youlut. faire œuvW.de dietaJëFie et donna plusieurs. tournois. où lui-^iQ[éiiie*ne ïïédaîgjpayâi de s^ Hïêler*à là mafl^ière des icbevafliers jte la taBje ronde *- Il ^r dqnna un^ntr'autres à ValladoliîT; que* son paDégjri&ïe eu. titre Vilas&n décrit avec minutie.- Il y appela p^f jéttres^toses l(es chevaliers de h hajîAe rouge. C'était un or4re^ plugmffitâire que religieux, que Içi-m^mJ avait fondlé, et Kjai s'agl^elait ainsi du signé qui distinguait ceux qui €ix.fa\gaient partie. Il invfe en outre à y prendra pa^ftous les autrfes tîJieValîers et éçuyers (hijos d'dlgo) dç.ses royfeumçs et ordonna que tous vinssent à Valladolid avec l^urs armeg. et. letyrs. î^evaux. Il fit à cet effet dresser deux tentes dans lé chanjp qui est au sud de la* ville,. et au son de la torneles chevailersde la bande rouge se rangèrent autour de l|^prémière de ces fentes, tandis qu'un égal nombre de chevaliers et d'écuyers hijo&-d'algo .preixait place autour lie la seconde, lés uns et les aatres armés de toutes pièces et njontés sur des chevaux maguiftquement harnachés. Lui-mè(ne, déguisé, se ùiêla à ^eux de la bande rouge., La lutte s'engagea vivemeiit entre les (Jeux partis et ils en vinrent à se donner de grands coups çle lance et d'épéiè de part et d'autre, comme dans un combAt véritable. Plusieurs tombèrent avec leurs chevaux. Tous combattaient à visière baissée et sans se connaître, avec des écus unis, sans armoiries et sans devises, et comme la mêlée devint générale, quelques-uns donnèrent au roi de grands coups d'épée sur son chapeau de fer que rien de distinguait de celui des autres combattans *.
. t'était là encore un,e manière de faire sa cour à cette tléO'
^ Como cluiera que en aquel tieoipo estuviesse stn giierra, siempre se tfabajaTt enofficio de cavallena, haziendo torneos, y ponicndo tablas redondas, y justando ' (Cbr. de D. AlfooM eljûnceno, e. 141).
2 niecon al rey grandes jespadadas en cima deiac^Uina,,iio ,^).cûnocieodo. — Et quand il ne faisait pas cela, ajoute notre auteur^ il courait les monts ( y qnando esto no bazia, corfla niontes\ il imitait Nemrod.
ooredebuzojfn^ui Mserçait sar laruôçsi fif^f inlÂiimpe' Il frenSii â'ailieuFs c»as scru^lè, an mUieu de cea eounseB et . de ces tournois «t ^ ce8*cbafises qui %vor2/toiêQ{'Bj^ diaiîj;Milj'oii et ses a|iiouh,'de8 châteaux et clefs terres aux seigneurs qui lor.déplaisaippt; pour en fEiire*des aj^anagés è ses bâtards, et coAtintiait, malgré, ses pfomessés, à laisser la reine dan^ ^i^ abandon àf peu près complet; ^ ^ * ; ' .
^ous^ôypn^ iciia^(9Q pUisir le pepe Benoit XII s'inq^iVâer de ^çes désordres, et parlant à nn fils de TÉglise s'attacher h lai eii faire ap^^oliquement apercevoir rénormitë. Le pfape peat<,^r de semblables matières, cauoniqueident intervenir, et commander à qui croit ou prâefid être chrétien et cathô-, lique. Qu*il & agisse d*un empeYottr ou d*un roi, il.nlmporle. i^Ia fais mal, mon fils, ^ je teoommande, au nom de k régie da Christ, d^ôbserver e^ qi^ cet de aon essenœ. Que peét^ oa ?oir, dans une semblable ÎQJonctian morale, qui blei^ ia liberté? Déclarez , qiie vous ne orojres point et qM vous ne voukx obéir qu*à vos passions oU k vos intérêts, ou soumettez- vous k ce que le Christ ordonne. C'est \à toot le secrefr dé Tantorilié légitime des papes, quand elle ne prétend s'exercer que par les voies de la per»wiswu et du commandement pastrasl <•
^ Une citation fien&JecaQvenabte id, qui montre exactémeftt l'eispHt du ClnlisiJQ^ nisme dans les questions çociales. L'eselaye d'un chréj^ien de Colosse ^'était sauvé, n Alt rencontré à Rome parsaiirt Paul, qui le conrertitiàl'ÉvaBgite.L'apOtreluiisonaeiUa 4e netottriier auprès de «on «naître. Nais, «alecevrayaiA* llleQlwfveaid'uwlelMe ^ il intercéda pour Onésime avec la plus tendre charité. « Bien que j'afe en Christ te pouvoir de te commander, étant ce que je suis, Paul, avancé en â^, et même prisonnier pour 3é9us-Christ, cependant j'aime mieux le prier par charité. Je te prie donc pour mon fils Oi^ime. Reçois-le comme mes propres entrailles. Peut-'être, s'il a été séparé de loi pour quelque temps, c'était afin que tu le recouvrasses pour toujours, non plus comme un esclave , mais comme étant foi^t au-dessus d*un esdave, «avoir comme un trère chéri jjartidilièrement de moi , et combien plus de toî, H selon le monde et selon le Seiçneur^ Si donc tu noe regardes comme uni avectoi, Tcçois-le comme moi-même. » Sainît Paul, écrivait ces lisnes dans la ville dont les lé- Shlateurs tenaient les esclaves pro motttUs, pro n%iUi$t pro guadfvpedibw, pour
1 1% HISTCMRB D'ESPAGHI.
BéniAt XII ÎQsista.^rtont avçc énergie, dafisj^ lettres qu'il écrivit en cette occasion aii^ roi de Gastille, sa; le point le plàs déKcat^e sa conduite, et fit I^s pins grande efforts poiir faire cesser le commerce criminçl d'Alfopse avec "Éléonore de Gnzman. * .»
.«Avec tontes sortes de raison, nons gémissons çijr tdi, ^ndtre.très cher fils, lui écrit-lT, et nos entrailles paternelles s*éi|ic^nvent çonr toi de douleur, lorsque nous te Toyons, toi, qui^ ainsi que la dignité royale t'en fait une loi, dois régir et garder tes sujets et, toi-même sous Tantorité de la raison, en abjurer l'empire , et te soumettre, non sans grave péril, à la volupté, sous la domination de cette femme publiquement concubine .et adultère à laquelle tu t'es impndiquement uni, délaissant ponr elle notre très chère fille en Christ ta« femme légitime, abai^donnée et n^éptisée. Plaise à Dieu, fils très aimé, que ta royale circpdspectipp t'engage à ronipre
les liens du péché où té tient. cet amour , etc. » Il lai
rappelle ensuite la sainteté du mariage, institué par Dieu même, et; en invoquant le témoignage de l'histoire, tous les maux que les bâtards ont faits- aux empires. Il lé prie en conséquence de revenir à une meilleure vie K II lui écrivait ceci en juin 1338. Il l'exhorte, quelques mois après, à faire une paix durable avec son beau-père et à tourner avec lui leurs armes contre les infidèles (le 4 des noues d'octobre 1338)/ Il écrit une lettre dans le même sens, le. même jour, à Alfonse de Portugal. Il cherche enfin à le
rien^ pour des animaux, pour des morts, et daus le même temps à peu près où l'einpereur Claude fut obligé de défendre par une loi aux riches de Rome d'abandonner dans nie du Tibre leurs esclaves usés par la vieillesse. U commandait selon la foi, non more regio, sed pisccUorio. Et Ton voit d*où il entendait Urer soh droit de ^mmander à Philémon, ^tant ce qu'il était, sawir « Paul avancé en âge et même prisonnier pour Jésus-Christ. > »
^ Colligi autem et ad memoriàm reduci satis potest de lacili , quot et quanU dispendiosa et pemiciosa pericula propter bastardos in illis partibus retroactis tempus conUgerunt. Rogamus igitur, etc. . . . Dat. Avin. iv id. janii anno IV.
réomcUiçr ^vec Q. Jwn Itt^puel, et lui p»^ en tpv^e^ (814 ocmvepablçs de ce prmçe, illustre petit -fil» 4^ saint F^K^^- Baod, par conséquaqt son grand-oncle, et 4ont il Iç ^Yd\\ l'ennemi juré ^
Tons les jours cependant on recevait dfi& j^çiw^llft^, ^m PQsitives des prép^ratife que le rqi de Al^folf tsflf^W pq)}ç passqr W Espagne. Des avis certains en avaiejRt ^ ()c|fln^ ^ ilfome; léi^ir rassemblait c^ tout^ parts dey troupes (9t 4m ▼aisgeau^, et la guefire mainte 0tait précisée ^ ^pi^ Q^ofà î^ç- 4«e da.QS. les n^rabout^ }esplus reculés dn désert.
Au mooient mêpie OM Aboul-Qassan fmfài fâffs| l>ppg) dqi siens, il cherchait à s'assure^ des i^Uiéy I^ripii \9R çlKf^tiens eux-mêmes , ou tout au moins à enchaîner paip dei; traités le$; forces d^ cefix qn'pn intérêt |}q opmm^rc^ pi()PYait lui rattacher. Ost ic^ q^Q sç place un purieu:^ iv^U^ ^^ rémir africain, avec le roi de Majorque Jacques III, traité évideiQOient négocié dans ce but.
Quil me soit permis de dire un mot d'abord de ce roi de^ Majorque.
Jacques III avait succédé à Sancho ^on oncle, pel^i-ci^ étant malade, était allé, au rapport de Miintaner, en Cerdi^gne pendant les grandes chaleurs, en un lieu nommé Formiguières (dans le Capcir), où il se plaisait beaucoup, et il ; était mort (en 1326), laissant par testament le rpyaunnç de Majorque, le comté de Bonssillon et de Gonflent, et la seigneurie de Montpellier à son neveu Tinfant Jac^ues^ ^Is de Tinfant Ferdinand de Majorque (Eu Ferr^nd).
L'infant Ferdinand de Majorque, frère puiné deSanoho, roi de Majorque, avait fait avec Frédéric III , roi de Sicile, son cousin, le 10 mars 1308, surTappcl delà gran,4^ conip§gn|,ç catalano-aragonaise, une convention selon laquelle il alla en
1 n n'hésite pas à appeler D. Juan Manuel son fils chéri diketum fiUum nohUmn inncm Joannem Manuelis natum reeolendœ memoriœ Manuelis infamie^ ete. (Haynald., Ann. Eccl., ad ann.)
vm. 8
114 msTonifi dbspagne.
Morée pour y prendre le commandement des forces catalanes et niettre nn terme aux dissensions de leurs chefs. Il j était passé avec quatre galères; « et il venait de la part da seigneur roi Frédéric de Sicile, dit Muntaner, qui l'envoyait avec nn arrangement convenu entre eux, savoir : que le seignetir infant ne pourrait prendre la seigneurie de la compagnie ni d aucunes cités, villes, châteaux ou autres lieux, qu'au nom du seigneur roi de Sicile; que de plus il ne pourrait se marier en Bomanie sans la connaissance et Taveu du seigneur roi de Sicile, Et des lettres explicatives de cet arrangement furent expédiées par le roi de Sicile à En Bocafort, et d'autres semblables à moi; et de toute l'ost il n*y eut nul autre qui le sut '.
» Ainsi le seigneur infant vint à Gallipoli, et apporta un diplôme écrit, adressé à En Béranger d'Entença, à En
^ Void cette conTention telle qu'elle fut transcrite conformément à l'original, à la demande de Robert, fils de Charles II, sous l'inspection du cardinal GenUli du titre de Saint-Martin, dans la ville de Naples, le 23 avril 1308. L'original de cette copie, revêtu du sceau du cardinal, existe aux archives générales du royaume, sous le n"" 23 de la division J. 512.
Universis présentes litteras inspecturis.
Frater Gentilis, miseratione divinâ tiluli sancti Martini in montibus presbiter cardinalis, apostolice sedis legatus, salutem in Domino sempiternam.
NoveriUs nos vidisse, legisse ac diligenier inspexisse, in presentiâ testium et notarii fabscritorum, quoddam instrumentum piiblicum, non cancellatum, non abrasum, non vidatum, neque corruptum in aliquâ parte sui, omnique suspicion.e carens, munitum duobus sigillis cere rubee rotundis, pendentibus ad cordulas de serico rubeo et zallo. ($uit la description du diplôme.)
Cujus instrumenti ténor talis est :
In nomine Domini. Amen.
Anno incarnationis ejusdem millesimo Irecentîàimo sexto, mense marcii, decimo cjusdem, quinte indictionis, régnante serenissimo domino nostro rege Frederico tertio, regni ^us anno undecimo féliciter. Âmen.
Nos infrascripti judices civitatis Messanse, notarlus Berardus de Mileto, regius todus insuie Sidlie nolarius publicus, et subscripti testes ad hoc vocati specialiler et rogati presenll scripto publico,notum facimus et testateur quod, cum illustris dominus infans Ferandus, filius illustris domini régis Majoricarum, consobrinus dicU doiotni Bostri régis, obtcntâ licentiâ à dicto domino nostro rege recedendi de Sidlie parti-