‹ Histoire d'EspagneChapitre 19 sur 108 · CHAPITRE OnZIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE OnZIEME

et ils eurent le temps d'assembler des forces considérables qui défendirent Lebrija, si bien que le détachement dut s'en retourner comme il était \enu, vers les campagnes de Xerez, où son chef lui avait donné rendez-vous. Dans les aldéas de la route ils avaient pris cependant de nombreux troupeaux, et ils les emmenaient à Algésiras. Hais le même D. Fernando Perez Portocarrero fit un appel général, et la bannière de Séville accourut à lui sous les ordres de plusieurs chefs renommés: D. Alvar Perez de Guzman, D. Pedro Ponce de Léon, avec beaucoup d^autres chevaliers qui étaient dans Utrera. Ils coururent après l'ennemi à marches forcées, et le joignirent enfin dans une vallée où il avait parqué les troupeaux enlevés aux chrétiens. Un combat acharné s'engagea, qui dura longtemps sans avantage marqué d'aucun côté ; mais à la fin les chrétiens eurent le dessus. Lés musulmans tombèrent presque tous morts sur le lieu du combat ; la plupart de ceux qui échappèrent à Tépée furent faits prisonniers dans la poursuite qu'en firent les Espagnols l'espace de plus d'une lieue. De retour sur le champ du combat, les chrétiens y recueillirent les dépouilles et les chevaux, et, leur butin recouvré, se retirèrent à Arcos.

Abd-el-Melek était demeuré avec le gros de ses troupes dans les champs de Xerez, où il enlevait les troupeaux et tout ce qui pouvait servir à la subsistance des siens, mal pourvus de vivres dans les villes qu'ils occupaient ; il attendait là le retour du détachement qu'il avait envoyé pour le même objet à Lebrija, et dont il n'avait aucune nouvelle. Le succès obtenu sur ce détachement par les chrétiens les enhardit à attaquer Abd-el-Melek lui-même, bien que plusieurs tinssent ce parti pour hasardé. Ils savaient qu'Abd-el-Melek s'était vanté de ne rien craindre de leurs armes, et avait dessein de prendre le château d'Alcala de los Gazules <. Tout

^ Une des nombreuses Alcala de la Péninsule.

128 HISTOQUS DB8PAGIUS.

cela, ymt k Tarmée de p. Alv^^ro, éiièqn^^ ^e 1loQ()^ed9iet aâelantado d^Xerez, qui lei^^ amenai l ]e.s milices dç |a v^Ie e( des campagnes voisines ou des troupes s'étaient levées à son appel, redoubla l'ardeur des chrétiens. Informa d*^pe ina-' nière certaine qu'Âbd-cl-Me^e);. s'avançait lentemept avecse^ bagages et les troupeaux dont il s'était comparé, en quête di) détachement de Lebrijai dQ^t il igq<\r^U la d^ffiite, et qq'i| CAinp^rait la nuit s^ivantç dans la véga de ^a^^na, près in rio Pa^tute, ils hâtèrent le pa^, marçhèrei^t tputç Iq nui^ ver? ce point, et, ayîfft qu'il lit jour, ils puireut vQjr les fcm d^ cfl^p ^es Africains, le long de I21 petite rivi^fe. lies cbrétieqf gfavirenf et se rassiemblèrei^t sur 1^ polline qpi domine k véga de Pagana, et dans ce mouverAçnt quelques-uRS d'entre en ne purent s'empècber de s;' écrier imprudemineut : « Santiago! Santie^ol » Ce crj ne parvint pas distinctement ai) c^p des musulmans, et le^ sentinelles arabica ne s'en émiireqt . ppiqt, pçns§nt qu'il partait de l'aTant-gardiB de leii^rs compagnons revenant de Lebrija avec le blé qu'ils y étaient allé quérir, et qui les avertissaient ainsi de leur retour, Pféano^qins quelques-uns des plus ms^tineux d'entre les Berbères, au nombre de cinq cents, montèrent à cheval ^ tout hasard. Ce monvement, se faisant avec quelque tumulte, comme dgà le soleil rayonnait 9ur l'horison, fit craindre aux chrétiens le réveil de la petite armée tout entière, et les engagea à commencer l'attaque incontinent, de peur de donner à l'ennemi le temps de se reconnaître. Ils s'avancè^*ent contre les cinq cients cavaliers musulmans qui étaient sous le harnais, et à Ii^ tétç desquels était un vaillant chef nommé Aliatar (AU- Atbur), cousingermain d'Abd-el-Melek, Un chevalier de l'ordre d'Alcantara passa la rivière, et, la lance en arrêt, marcha sur Aliatar, dans le dessein de l'occuper là, afin que les chrétiens pussent passer le gué plus librement ; mais Aliatar lui Innça un javelot si violemment et d'une main si sûre qu'il lui en traversa la poitrine jusqu'aux épaules; il tomba mort de cheval.

Page 1