‹ Histoire d'EspagneChapitre 22 sur 108 · CHAPITRE ONZIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE ONZIEME

tirerait de cela deux avantages : le premier, de les avoi)* à son aide et à son service ; le second, non moins grand, de ne les avoir pas contre lui.» Car les Génois, ajoute le chroniqueur, eurent de tout temps la coutume d*aider qui les paie, sans tenir compte ni de la chrétienté ni d'aucune autre raison'. »

Il leur demanda en conséquence pour son amiral Egidio Bocanegra, frère du doge (dtio;) Simon Bocanegra (le premier citoyen de Gênes qui fut revêtu de la dignité de doge créée l'année précédente). On convint qn*il irait avec quinze galères, et que le roi de Gastille lui donnerait mensuellement pour chacune 800 florins d'or, et 1 ,500 pour la capitane que devait montait Famiral, sans compter le biscuit pour la nourriture de Tescadre entière; Les Génois s'engagèrent à fournir au même prix, au roi, autant de vaisseaux qu'il en Youdrait. Dans ce même voyage, mais au retour, Ley va avait mission d'aller solliciter près de Benoit. XII, à Avignon, les indulgences de la croisade et les autres auxiliaires spirituels que les papes avaient coutume d'accorder en semblable occurrence aux rois chrétiens. Benoit XII les accorda pour trois mois à Alfonse, par une bulle du mois d'août. Enfin, Alfonse requit, du roi d'Aragon Pierre le Cérémonieux, par le même ambassadeur, l'envoi d'une nouyelle escadre, aux termes de leurs récents traités d'alliance ; mais, craignant que Pierre ne le pût, faute d'argent, Martinez de Leyva fut chargé de lui dire que le roi son seigneur en avancerait la paie pour trois mois à titre de prêt à la couronne d'Aragon. L'Aragooais promit douze galères sous les ordres de l'amiral catalan En Pierre de Moncada. Ce En Pierre de Moncada était fils de En Ot (Othon) de Moncada et de Constance de Loria, fille du grand amiral d'Aragon et de Sicile, Boger de Loria ^.

Il faut tenir compte à Alfonse de sa prévoyance : il agissait

^ Porque los Genoyeses tuvieron siempre costumbre de ayudar à quien le diesse

y sobre esto no catavan christianidad ni otro bien ninguno (c. 215). 2 ZanUy Anales de Aragon., t. ii, ad ann.

t&4 HIST01R8 D^ESPAGNE.

là en boa politique. Mais toat cela exigeait an temps et des délais considérables ; les vaisseaux promis de Gènes ^t d'Aragon n^arriTaient pas, le temps s'écoulait. Il sentit Turgence d'une plus étroite alliance avec son beau-père, et il lui envoya une ambassade pour le renercter d'abcnrd des premiers secours qu'il en avait reçus à la prière de la reine dé Castille, et pour négocier près de lui un traité de paix définitif qui mit un terme à tous les différends qui s'étaient élevés entre les deux couronnes. Le roi de Portugal accepta avec plaisir la propositicm du monarque castillan, et donna de Santarem, le 31 mai, ses pleins pouvoirs pour conclure la paix avec la Gastille à trois principaux seigneurs de son royaume: Gonçalo Yaz, trésorier de Yiseu, Gonçalo Yasquez de Moura, et Gonçalo Esteban de Tabarès. Ils se rendirent à SéviUe, et le roi de Castilie, ayant donné de son côté les mêmes pouvoirs à Martin Fernandez Portocarrero, qu'il avait nommé depais peu son majordome, et à Ferdinand Sànchez de Valladolid son premier secrétaire, la paix fut concliïe aux conditions suivantes : « Qu'ott ottUierait tous les sujets de guerre et les dommages commis dans ces derniers trayps, de part et d'autre; que les deux puissances se restitneraiient réciproquement toutes les places qu'elles s'étaient prises, et qu'elles avaient gardées malgré la trêve conclue entre elles à la fin de 1 338 ; qu'on se rendrait tous les prisonniers qui avaient été faits des deux parts durant la guerre ; qsie le roi de Gastille permettrait de bonne foi de conduire eo Portugal Constance, fille de don Juan Manuel, pour y être mariée à l'infant dem Pierre, ee à quoi le roi de Gastille s'était si singulièrement opposé jusque-là; qu« doûet Blaoca serait rendue k la Gastille avee les viUes qui eonstitusient sa dc^; ; que les deux rois, enfitt, 8«raiei|t si étroitement liés^ qu'aucuni des deux ne pourrait, sans le consentement de l'autre, faire de trêve avec le roi de Marok. » Ce traité fut dressé à SéviUe et signé le 10 juillet par Alfonse, roi de Gastille, assisté de la reine Mune sa femme.

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