‹ Histoire d'EspagneChapitre 23 sur 108 · CHAPITRE ONZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE ONZIÈME

de sea fis Vioftat don Pierre, da don Jaan Manuel, dedQn Juan AlfoDse d'Albuqiietque, ^ de tous les seigneurs que j'appellerai du parti portugais. Don Juan Manuel baisa la mm au roi, en s^ne de gratitude et de sounnssion ; il en^ voya sur-le*€bacap obercbei: sa fille à Yillena, où elle vivait retirée sous la protection du roi d'ArageoDi, depuis la rupture de son premier mariage avec Alfonse de Gastille, et d'où celai*ei n'avait jamais voulu consentir qu'elle partit, toute fiancée qu'elle étak depuis longtemps à Tinfant de Portugal dom Pierre, beau-frère du roi eastillan. Le traite fut tout d'abord exéculé dans celles de ses clauses qui pouvaient l'être : Coastanee fut conduite en Portugal par son père don Juan Hanuel, et ensuite à Lisbonne où elle était attendue du roi, de la reine et de l'infant; son mariage aveo celui-ci y fut eélébré daua le moîe d'août, le }Our de la Saint-Bartbélemi. Le roi de Portugal ratifia, ce jonr^là même, le traité de Sébile, et remit iloûa Blauca entre les mains de Martin Fernandez Portocarrero, qui la ramena en Gastille. Nous avons dit ailleurs quelles couses avaient fait annuler son mariage atec Vinfaut dook PieVre de Portugal, avant qu'il fût coueommé. Elle prit le voile, et finit ses jours dans le saonastère à» latk Haelgas de Burgos'. r

Cependant l'automne approchait^ L'amiral Pesano,.aveè ses galères génoises au service du Portugal, persistât à ne pas vouloir quitter Gadiz. instement inquiet, Alfonse fit pressex; réqoipement des galères neuves qu'il avait fait construire dans Varsenal de Séville. Il avait fait remettre en bon état tout ce qu'cm avait pu trouver de vaisseaux désarEiés dans les ports de r Andalousie ; il en avait fait venir quelques-uns des ports de la Galice et des Asturies, et de tout cela, avec les cinq galères qui lui restaient du désastre de Tenorio^ il était par* venu à grand' peine à composer une petite flotte destinée à aller veiller à la hauteur de Tarifa; il réunit ainsi environ

* Cl», de don Aloiisoel XI, t. 916 ; Rvydg Plia, et Rayiialdut^ ad ano.

156 ai8ToiRB d'espagtîe.

vingt galères et douze vaisseaux, et en donna le commandement en chef à frère Àlfonse Ortiz Galderon, prieur de Saint- Jean '.

Pendant cinq mois, aucane flotte chrétienne n*ayant occupé le détroit depuis k défaite de Tenorio, les yaisseaax d*Âboul-Hassan étaient restés maîtres de la porte des défilés (Bàb-el-Zekak). Déjà, selon quelques relations, plus de deai cent mille Africains avaient franchi le détroit en divers voyages. 11 en est qui portent le nombre des chevaux à soixante-dix mille et celui des gens de pied à quatre cent mille, nombre qui, s*il était vrai, aurait suffi à couvrir de musulmans la face de l'Espagne, mieux qu'au temps même de Rodrigue, où un bien moindre nombre suffit à la conquête et à la prise de possession de la presqu'île tout entière.

Aboul Hassan passa enfin en Espagne vers le milieu de septembre ; l'émir de Grenade vint le joindre à Algésiras avec une armée nombreuse, et, tous deux réunis, mirent le siège devant Tarifa, le 23 de ce même mois.

Ge fut une faute peut-être. Le mieux, ce semble, eut été de réunir toute l'armée musulmane, et de tenter la fortune des armes au cœur de l'Andalousie , au lieu de s'attachera ce siège; mais Tarifa leur parut à tous deux un point important à conquérir avant tout autre^ et ils l'entreprirent.

Il faut dire ici un mot de cette ville, dont la prise de possession et la conquête paraissaient si désirables aux deux émirs.

Tarifa est située par lés Se"" 00' 30'' de latitude nord, dans la partie la plus méridionale de l'Europe, sur le détroit, à 8 lieues de Gibraltar; elle a pour appendice une île fortifiée, au sud-sud-ouest ^. Son château , ouvrage des Arabes antérieur à la bataille du Salado, et en partie tel qu'il était lors de cette bataille, subsiste encore aujour-

* Y hablo (el rey) con frey Alomo Ortiz Calderoii prior de san Juau, que facsse eon eUas por mayoral (Chr. etc.. c. 216).

• LMle de Tarl& est litiiée dans U partie U p&us resserrée du détroit de GUiraltar^

GHAPITRB ONZlàftlB* 167

d'hai. La yille est environnée de marailles à tourelles avec deux portes, une qu'on appelle de la Her, Taotre de Xérez. La campagne qui Tentoure est très fertile et très verte, et abondante en arbres fruitiers; elle produit particulièrement des oranges qui passent pour les meilleures de TAndalousie. Elle a soutenu un siège avec succès, à la fin de 1812, contre nos armes. Les deux émirs la pressèrent de toutes parts, et Aboul Hassan fit venir de Geuta des machines et des engins pour en abattre les murailles. Mais, dit la chronique, il y avait dans Tarifa de bons chevaliers qui la défendirent bien. Alfonse Fernandez Goronel avait été, un peu avant le siège, remplacé par Juan Alfonse de Benavidès, bijo d'algo du lignage des meilleurs chevaliers. Les assiégés firent des prodiges de valeur. Quatre fois ils renversèrent dans leurs sorties une tour de bois que les Arabes avaient construite pour gagner le haut du mur de la place.

Le roi de Gastille ordonna, en attendant, au prieur de Saiot-Jean Alfonse Orliz Galderon, d'aller dans le détroit avec les vaisseaux qu'il commandait, pour rendre quelque courage aux défenseurs de Tarifa, et empêcher, s il le pouvait, le débarquement de nouvelles troupes africaines sur le rivage espagnol. Mais lorsque le prieur fut avec sa flotte à la hauteur de la ville, il s'éleva une si grande tempête que la plupart des galères ne purent résister à la violence de la tourmente, et furent jetées à la côte. Le prieur s'échappa avec trois galères, et les navires, ayant déployé leurs voiles, relâchèrent les uns à Carthagène, les autres sur la côte de Valence. Les musulmans coururent aux galères échouées, et prirent on tuèrent tous les chrétiens qui y étaient. Quelques-uns des prisonniers, pressés de prononcer la profession de foi musul-

large seulement d*iine lieue en cet endroit ; elle est éloignée de la ville de 1000 yares castUlanes, et elle a des bords très escarpés. EUe était séparée par un bras d'eau d'un courant très rapide du continent, auquel eUe a été réunie en 1808 par une chaussée d'une grande solidité.

158 tUSTOmiB D^ESMÔHE.

mane ', apostasièrent, à la persuasion d*Aboal Hassan^ qai, tout joyeux, disait que, comme sa religion était la véritable, Dieu envoyait des tempêtes et des bourrasques pour la favo* riser. Il y eut là plusieurs martyrs obscurs qui, refusant d'apostasier, furent égorgés. De ce nombre fut Juan Alonso de Salcedo. On Temmena en vi« à dessein de lui faire em^ brasser le mahométisme ; mais il donna dès preuves singulières de courage et de constance. Aboul-Hassan, à qui ii fut présenté, employa inutilement les promesses et les menacés pour lui faire abjurer sa religion. Salcedo fut décollé, et mérite de compter au rang des martyrs^.

La nouvelle de ces préliminaires désastreux fut portée à Alfonse,à Séville, et, selon le bon usage de Gastille, dit un historien, il convoqua les prélats, les grands-maitres des ordres militaires et les riches-hommes. Ils s^assemblèrent à son appel dans une salle du palais de Séville, et le roi, mettant sa couronne et son épée sur une table, leur dit que, comme ils ne pouvaient pas ignorer tous ses embarras depuis qu'Aboul- Hassan avait assiégé Tarifa, il les avait mandés pour les consulter sur les mesures à prendre en cet extrême péril et sar ce qu'il devait faire pour sa propre gloire et le bien de ses états , ajoutant qu'afin de leur laisser une libert(5 plus entière de décider pour le bien commun, il croyait devoir se retirer, et les laisser maîtres de la couronne et du glaive. Quand le roi fut hors de la salle, la plupart furent d'avis qu'il fallait secourir Tarifa, aux risques même d'une bataille, et que ta gloire du roi y était intéressée. Quelques-uns, considérant cependant combien Tennemi leur était supérieur en forces, furent d un avis contraire : ce serait commettre aux hasards d'une bataille le sort de la monarchie entière; perdue, la ruine totale de la Gastille et de toute l'Espagne pourrait

* n n'y a pa> d'autre nieir<pifDteu,0tHMtom«C est Mm pMp^^^

* Chr. de Rey don Alonso el XI, c. 248.

(«ÂPITRE OSZdSttE. 159

s'ensoivre; malheur auquel la prudence conseillait de ne pas s*exposer. Le roi rentra pour connaître leur résolution ; et, ayant appris que les senlimens étaient partagés, il se déclara poar le premier parti, et fit par là pencher la balance. Il fut résola dans rassemblée qu'on entreprendrait courageusement de faire lever le siège de Tarifa, quelque chose qui pût arriver, et qu'on inviterait les rois de Portugal et d'Aragon h prendre part à une expédition qui touchait de si près au salai commun des chrétiens.

Snr cela, et pour déterminer le premier de ces deux rois avenir en personne, Âlfonse XI pria la reine doâa Maria de solliciter la venue de son père. Elle voulut bien se rendre elle-même en Portugal à cet effet, et Alfonse IV, ayant appris le départ de sa fille pour venir le voir, alla au-devant d'elle et il se^encontrèrent à Évora ; il prit l'affaire à cœur, et promit de venir joindre le roi son gendre à Séville, dès qu'il aurait réuni un corps de troupes suffisant. Alfonse M s'impatienta et se rendit lui-même en Portugal. Il vit son bean-père à Jurumena, et il en reçut l'assurance que, dans quelques jours, il serait à Séville avec les siens. Le Castillan s'en retourna là-dessus pour tout préparer pour le départ.

Vers la mi-octobre, presque en même temps que l'étendard de la croisade, que le roi de Gastille alla recevoir avec tons les évêques et les seigneurs réunis auprès de lui, le Portugaisjarriva enfin à Séville avec l'armée peu considérable, mais composée des principaux seigneurs portugais, avec laquelle il venait porter secours à son gendre, et l'on ne songea plus qu'à se mettre en campagne.

Depuis quelques jours , l'inquiétude du roi de GastilTe était des plus vives. Il avait reçu la nouvelle que deux chevaliers s'étaient rendus de Tarifa au camp d'Abou'I Hassan, et il craignit que ce ne fût avec la mission de capituler. Dans cette crainte, il eût voulu pouvoir sur l'heure secourir la^ place. Hais comme pour y jeter des secours il fallait

160 HISTOIRB d'ESPAGAB.

traverser, les armes à la main , les rangs serrés des mafmlmans dont les tentes coayraient tont le contrefort du détroit de Tune à Tautre mer, et par conséquent courir les chances d'une bataille rangée contre une armée si supérieure en nombre à la sienne, il résolut d'attendre le roi de Portugal et les troupes auxiliaires qu'il amenait à son aide. Cependant, il envoyait journellement de Séville à Tarifa des messagers avec des lettres dans lesquelles il mandait aux défenseurs de la place que d'un jour à Fautre il marcherait à son secours, et qu'avec lui serait aussi le roi de Portugal ; en conséquence , qu'ils ne se décourageassent point de la perte de Tescadre ni d'aucun autre revers ; qu^en très peu de temps il seraft avec eux. Il leur ordonna aussi de ne point sortir de la forteresse pour escarmouchcr avec les Arabes , parce que de ces sorties il pourrait leur arriver malheur, et qu'un de leurs compagnons blessé ou tué leur ferait plus faute à eux qu'aux Arabes cinquante. Ce fut sur ces entrefaites, et peu de jours après que le roi de Castille fut de retour du Portugal à Séville, que le roi de Portugal y arriva avec l'élite de ses chevaliers. On donna aussitôt l'ordre du départ , et on prit le chemin de Tarifa par le Guadaira, Utrera, Locas, Cabezas de San-Juan, Guevas de Toyos, rio Salado, Guadalete, Berrueco de Medina-Sidonia jusqu'à la pefia del Giervo ( Hijarahyel) qui est près de Tarifa. L'armée des deux rois chrétiens était de dix-huit mille cavaliers et de cent vingt mille gens de pied, nombre de beaucoup au dessous de celui de l'ennemi.

Les détails que donne à cet égard la chronique sont pleins d'intérêt.

Les deux rois partirent de Séville le 20 octobre et allèrent camper à une lieue au-delà d'Alcala de Guadaira. Ils se rendirent le lendemain à Utrera ; ils s'avancèrent ain^i à très petites journées pour donner aux troupes qu'ils avaient laissées à Séville, pu qui devaient s'y rendre, le temps néces-

CRAVllUE OlinBMS. 161

8aire pour recueillir de^'vivres et des mauiiioDs, et se pourvoir de tout. ce* dont elles avaient besoin pour cette campagne périlleuse. Ils furent, ce jour-là mêoie, rejoints à Utrert par le plus grand iK^r.ibre des troupes qu'ils avaient laiss($es à âéville. Us partirent d Utrera le lendemain, et se rendirent à Lotcas ; de là, le lendemain, ils mirent une journée encore pour arriver à LosGabezas de San-Jaan.'; en chaoui^ de ces lieux lés rejoignirent quelques compagnies qui detaient faire partie de l'armée générale. De -Las Gabezas de San-Juan ils partirent le jour suivant, et ne poussèrent qiie jusqu'à L93 Cuevas de To)rospts arrivèrent le lendemain presque à* ia source d'une petite rivière appelée le Salado, qui coule à la bautenr de Xércz, à une lieue a Test de cette vilte <. Ils u!en-^ trèrenti^as dansXerez, dit la chronique royale, peur épargner aux habitans les dommages qu unearmée- si nombreuse ne pouvait mauquer de faire, par son seul passage, à leurs jardins, à l^urs vignes et à leurs oliviers *. Ils allèrent can^per, le jour suivant, près du Guadalète. £t parce qu'un ti^s grand ^ nombre des compagnies qu'ils attendaient n'étaient pas encore arrivées, et parce qu'ils jugèrent convenable d'envoyer chercher à Xérez plus de vivres qu'ils n'en avaient emporté dftSévllle, ils s*arrêtèrent là trois jours sur laf ive gauche et au-delà du Guadalète. Us y furent rejoints par plusieurs

< ns*agit ici d'un Salado qui prend sa source au nord de^Médina-Sidonia, ?a fonner une Ja«une au nord-ouest au-dessus de Xérès, et se change en un faible tirant d*eau avant d'aboutir au ^uàdalquivir. — 11 y a plusieurs rios de ce nom de Salado en j^ndalousie^ outre celui tjui coule à une demi-lieue au couchant de Tarifa et dont nous allons parler tout à l'heure : 1^ le Salado d'Arjona, qui prend sa source près de Valdepenas, couvt du sud au nord, en passant par Torre de Don Ximeno, à l'est d'Arjona et au nord de ArjoniUa, et va se jeter dans le. Guatlalquivir près de Marmolejo ; 2^ le Salado de Porcjuna, qui prend aussi sa source près de' Valdepefias, court d'abord du si^-est au nord-ouest, et ensuite du sud au nord, passe à l'ouest de Porcuna, et entre dans le Gûadalquivir près d'Aldea ttel Rio ; 3® enfin, le Salado de Moron,quLva aussi se jeter dans le Gûadalquivir au-dessous d'AlcanlarilIa

2 Oironica dcl Rey don Alonso fl Xl, c. ?.:^i.

Mil. 11

162 a|[#Taiii^ ^'wÊ^à^jx^.

eom^dgcm qui venaient de Portugal ; le même, joar parat en yw da détroit Pierre de Moacada, cimiral do roi d'Ari* goQy avec les galères qde le roi d*Aragpn envoyait ornées Mxix frais da roi de Ca&tille.

Le ieqdemaia, les rois partirent de Jà avec lepr anpiée aa fKMBpplet>,et allèrent camper près de Medina-Sidonia » daos w» tieu appelé el BerruecOi et le jour suivant pr^ do roû^ a^an appelé Barruate ( le rio Barbate). l^e jour spivapt, andelÀ 4A.rioGèlemin, sur le plateau dlnial^i^ puis encore» le ^ppr suivait , tant le camp avait de peiqe h se woomr, yrjts dtf rio Almodovar . Ils arriyèrejQt enfin le dimaneba 39 ^u soir, .avec toute leur armée, en un lieu appelé Hidji^ R«lj:el par les Arabes ( la Bocbe du Cerf), et Pejia 4^1 Ci^'o, quî m est la traduction littérale, par les Clastillans, à M^i tiiieiies e«»viron de Tarifa.

liés troupes confédérées de Gastille et de Portugal ws&sA Q$n| jours k faire ce trajet^c^M-à-dire à faire eowiron ^lagtr sept Jiienes 4 Espagne ; car on ne eoonpte pas pkis 4e 3évil)0 i Tarifa. Cette ville est située en effet à 27 UeBe$ de HnW^y à 15 au sud-est de Cadiz, et à 3 4 Tonest d'Algésàras^ Dfi Yejer à U venta de Taïbilla, il y a 5 henres et 1/2 de*ebeoia vilitaire, €t i heures environ de là à Tarifa, en trav^»>^ 4iffér4^0^ courons d'eaux et en passant par to^ ^eerio» (h:ameaux)de Rosalejo et de Porras. Ce fut par ce chemin que vinrent les deux rois.

Ar,rêtons-nous un momeut^ ^n cette bcure ^olenjoelli^, ^vec l'année «hrétienoe^à ia Peâa del €i«rvo, et disons «m mot de la composition de cette armée. Dans tous lesdénombremens, d/çpu|s Somère»:pn s'est contenté de marquiçir <" k» ^pitaines etlesiraisseftux.» ^

Il y avait d'abord les deux rçis de Gastille et de Portugal, les deux Alfpnse, *

Le premier, Alfonse XI, avait en ce moment vingt^nenf ans accomplis. Son compagnon de guerre portugais, son

(te I^p ^ors i^djf fçpt aii# «, 41^0999 IV, fi>p «y^U lui, mtoe 49e iqparaotervpvf (il ^\^^ pii jle 9 f^XWr 129| ),

pril p»wit p^rt dç ^a tff^no^m h Jl'^îtp^dijioD, n'^aif; 4j[^ ^w de vingtrrt'flp^an <

Dlî .cdW 4pi9 Mo^ulffwias ^qfirt (Berbères fitmiffli^mi^nU Zénèto, ll9si»Qi]4^ et 7^ari)L^, Ari»I)e8 pu Av49}w?(}t %UtmntUm rm4^\§meat vWJlwif , Tan wtrf^jwflwpt f^mPi Toasonf Aboal-Hedjadj de Grenade, Taotrei ^JI^QfilrQfi^i^ M\ U M^rUMite^ dim to»ftB )« Épr^e d^ V4g*t

Oa prodig4»i!t II ^ dftrqi^r, selop T^sag^ dm 4wlw* Iç» sqrqws left plus pwp^Bi : ^l FadHl, Vexcfi^Ui El 4ÇaM le sornurier; Ne^m ed Dyn^.r^U^ib de la rpjjgiop; «^ladtd ed Dmlnh, ^ai qw siiiH Je droit çjiepain # rfiwpire; m^is p^f eifii^lleaisç cfslui d^ #ff^f* ^J f^àJim (roi ^pbsl^tsst).

U «lirx>qi%Q^ dAtfppjSie uomfnfi les prjpfçlp^m: seigo^ïur^ qaiftétaieiit ranges soqs 1^ bpi^i^;riQ^des dea^ rpis chr^tiepç; Vff^U roi de CâstUli^ ^içnt don GU AlbprnpXy^rchisv^Vfl de Tolède ; don M4rtûi Fernande^ dp Grez, ^ehev^qgjf dff SaialTJacqaes; don Fernando lello, 4rchey,ègi^p dp jSéyillpi don Jaan de Saavedra, éyéqae de Fal^p^ce ; dpq AUPn^P dP Vkdn^a, évèque dd Mapdoftedo ; le^graï^çfe-wi^ti'^ de Ssip);- Jaequw et de Calalrav4, Alfonçe MçJ^pde;^ à^ Gftf^a^fk i^f\im Koftez da Prado ; te lieateoQSt dn prieur dp Sitin}>;e§^i 4f^ /oui Sfanael, ém luan Knjbe^ de Lar^, 4ap Ppdfp ^pf<f Quidesde Cattro;d0a Juan 4lfop$o d*4)J|pq^f3rav)p4 ii^oji) luande la Cerda, don {MÀgo X^ppy dp H^rp; d§n fi#y (Sftnr çdez,doiiJaa!B AlfonâedeGuvwan, dopP^p Ppppe d? l^n, àtm Âlvar P^fiiz dé Gttzméni àim. Bppri^ue iQemîiiai^ ,; dPR

^ Pierre, surnommé le Crael, et justement dlflRimé <tâm Phfstoife pour les eritrit»; H était né, comme* nous Tavons dit, le 3Ô août 13â4. ' Pierre |y <l*Ara^ était né le 15 s^eipbre 1319.

164 HISTOIRE b*£S^AGNB«

FerdinaDd Aodrigaez de Vîllàlobos ; don Diego Lopez d« Haro; don Kerre Nunez de Guzrftati, don Lope Diaz d'Âlmazaï/, don Juan Garcia Mahrîque, don Gonçalo d'Aguilar, don Gooçûlo Raîz Giron, don Gonçalo Martiner de Boza, don Alfonse Tellez de Haro, et nombre d*autres, tant deBiseaje, des Astaries, de Gali(:ïe et de Léon, qne de la vieille et de la nouYélIe Gastilte, du Guadalajara et de TAndaloûsie, outre don Gonçalo Garcia d* Aragon ; enfin tous les Guzman en titre qu'Élëonore avait fait pourvoir d'emplois éminens par torft le royaume.

Lé roi de Portugal avait avec lui dom Gonçalo Pereira, archevêque de Braga; dom Alvar Gonçalez Pereira, prieur de Crato; dom Gil Fernandez Carvalho, grand-maître de Tordre de Saint 'Jacques en Portugal ; le grand^maître d'Avis; dom Lope Fernandez Pacheco, seigneur de Ferreirà*; dom Gonçalo Gomez de Sousa, dom Gonzalo d'Azevedo, son pr&iûier portë-étendard, et un grand nombre d'autres. Venaient ensuite les grandes compagnies dés villes, chacune avec sa bannière et son cri : Zamora, Salamanque, Giudaâ«-Rodrigo, Badajoz, Séville, Carmona, Ecija, Cordoue, Jaen, Arcos, Xerez, etcDe Portugal il n'était venu avec le roi Alfonse IV que mille hommes à cheval, et ceux-ci étaient-, dit Id chronique, dom Alvar Gonzalez Pereyra, prieur de Crato; dom Estevan Gonçalez Leyron; grand-maître d'Avis ; dom Juan Gfaristis, dom Diego de Sousa, Lope Fernandez Pacheco, Bay Gonçalez deCastil, Pay de Mera, Fernand Gonçalez Cogonino et beaucoup d'autres chevaliers,' chacun- a veé environ cent vingt-cinq chevaux. Le roi de Grenade en avait sept mille et le roi de Castille dut en donner à son beau^pèré un certain nombre, et il lui envoya la bannière «t les vassaux de l'infant don Pierre, premier héritier de la coiironne de Castille et de Léon^ Sa l>annière était portée par don Nuâo Fernandez de Castrillo. ' \ *

' Aussitôt que les chefs niur^ûlmans surent la venue de 1 ar-

mée dtfétiçfioe^ ils levèretit 16* siège d6 Tarifa ,.miient le feu à leur» balistes et à leurs catapultes, et assirent leur camp séparément dai|s un cerro, ou ils résolurent d'attendre lea chrélieps> .

Dès que ceux-ci furent arrivés à la pefla del Gicrv9, U dimaDche 29 octobre 1340, ils s'apprêtèrent à donner la bataille le jour suivant, sans s'effrayer de la formidable rnnUir tiide des ennemis, quoiqu'ils eussent-appris là, avec oertitude^ que ceux-ci avaient cinquante mille chevaux et , dit-on-, six, cent mille fantassins ; c'est au moina le chiffre qu'on a généralement admis. Le plan de la bataille fut que le roi de Castille attaquerait l'émir de Marok, et le roi de Portugal Xémt de Grenade. Gomme nous l'avons dit, le roi de Portugal avait avec lui mille chevaux, et l'émir de* Grenade en avait sept mille; il fallut qu' Alfoûse. en donnât trois .mille à soujbeau^ père avec un grand nombre de ses meilleurs chevaliers.

Sur ces. entrefaites était arrivé au dé^roit Pierre 4^, HoDcada av«c la flotte d'Aragon, et,ayec troîs' galères et douze navires, Ie*prieur de Saint-Jean.*Le roi 4e C^stiillQ l£ur envoya Vordre àfi débiMcquer le lendejuaiB t,aus> laucs hommes , et d'attaquer les Arabes par le flanc; il eut*" voya un ordre semblable à la garnison de Tarifa, avec,. un détachement de mille cavâli0rs.el de quatre mille fantassM)s pour la renforcer* ia nuit était arrivée Iprsqne ceuxtci-mar^ obèrent sur Tarif a; et^ quoiqu'ils&ussent pris un détour pour tromper re^nemi, ils ne purent passer sans éfcJCfi aperçus.. Ils farent attaqué^en chemin par deux mille cavaliers.africains» près du ria Salado^ et durent s-ouvrir un pasi^ge répée.à, la fflaia, ce qui ne put s'effectuer sans un combat, dans lequel périrent trois chrétiens. £nûn, ils arrivèrent sans autre reacontre et entrèrent à Tarifa. Les Berbers, selon leur usage» cou|)èrent là tète aux ^ trois chrétiens tués, et l'euvoyèient à ÂbQuUHassan, auquel ils trapsjafiirent avec ces tàtes la faussa nouvelle qu'ils n'avaient la\s^ pat^r aucun chrétien à Tarifa.

106 tUSTOIBB l>*]SSPA;^m.

G^[)éiidttAty le roi ne pouvait eo* triac(aiIlMer an momelHi dsM le doute si les chrétiens avaient oo non élé interceptés «ti!i gbés 4a Sàlado. Mais lorMiu'il fat déjà ^os de niouit sans qa'il eût reçu aucan avis^ il estima qu'ils avaient fait bonne fonte.

Le lutidi^ 30 oetobi-e, avant qoe le soleil fût levé, Tarehe^ vé<{ue de Tolède eélëbra la messe dans la tente du roi, et le roi eoffimunia avec toutes ses troupes» La même chose firent les autres oorps de Tarmée^ chaeun dans ses quartiers re»* peirtils^se prépardtit à la bataille eomme de yrais ehrëtiens. Anssitét tous s'apprêtèrent, et Taritiée se rangea en ordre de bëlàille Ml premiers rayons du jour, à peu de distance de reiinemi.

Ceux de Tarifa^ séihnt levés aussi avant le jonr, ootnma*» nièreïit, et, sortant de leurs fiiurailles^ se rangb^etit devaot la plaèe en ordre dé bataille. Les mnsulmann étaient aasst pi*éts au ëODàbat de leur côté ; mais Âbdul-Hàssan se troabla ^siMëment à l'aspect de ces troupefe cbréllennes rôftgées en si b(m ordi'è devant tarifa» Bientôt^ le toi de Gastille se miteA âiOBvettiènttlveôtoute sa divisi(m& la gauche dÂbônl-Hassan, et lui' ehléVtr la plage delà mer jusqu'à la bouche du Ba^* Udo. Le roi de Portugal, avec 1er sienne, prit place à Tautre ettféniité^ devant le camp-du roi de Grenade. Arrivée sur la AVe droite du Balado, Tavant^arde dé Caititte It^nvà toti« les gués occupés par lesmuduloians, et s'arfèta» Seuls deux soldats Ttiéprisèi'edt le péril^ passèrent leau, et attaquèrent k» Arabes; mais il suceoDdbèfent aussitôt. La chronique, tbute pÀftiale contre tous ceux qu'Alfdnse n'éii&aît (Mis, sccttsèici gl'ftvetkient D.Juan Manuel de n'avoir voulu passer le Salado,- ni en ce moitoent, malgtë-lës ordres du roi, ni plus taM, lomque tous l'en pressaient et que quelques-* uns lui fai^ sàient honte de son inaction. Élait'-cé prudence de là part de ee Chef? était-oe l'effet de œs ^entiuiens pour lé roi qu'il méprisait? on ne sait. Mais la chronique ^ule ne peut tfimeber

GHAPITBÏ OWlimÈ. 167

lu question : ^« huMie éirt tfsiblii êOdttie D. Jttttti Wmtttï et Dépende pâ$ ftèolement éi!i~c^ endroit. I/etpressîOn d^cëfté bàiae, frdidemeht répandue dios l'oeavre du chrMi(jtiéar lotîtes les fois ^illl s'trgit du prittee de Vitlenâ, edt pillée dé sou (fiatre, eomttie d*éebo eti édio, jusque d.and lès bî^ôif eft les( t>Iuà modei'nes. Ferreras surtout adopte toutes léd tiCM^ sationâ qu'elle porte ou iusiune eotitre D^ Juan MaoueT; et ouest allé jusqu'à dire qu'il avait eu des iuiellrgeitced àveo les mûsulmaus, dans lecauip desquels il eomplait ded ttttis. Par les pins indulgens il n'est aecnsé que d'avoir voulu, par Qne politique égcâste, faire sentir au roi, en oette renoontré comme toujours, le prix de ion appui.

Quoi qu'il en soit, les deui frères Lassos de la Vegu firent honte de son inaction au petit-fils dejlaint Ferdinand, en vaillans, mais en zélés courtisans. Ils passèrent eni^ihèmes intrépidement le Salado aur un petit pont de bois, avec leurs pennona et leurs hommes, au nombre à peine de huit cents, attaquèrent bravement un gros d'ennemis composé de plus de deux mille cinq cents chevaux, qui gardait le pc^tit deratflre côté du Salado, et le culbutèrent. Les cavaliers bèfbèrés revinrent impétueusement pour reprendre le terrain petdn ; mais les Castillans qui a'en Aaîent emparés !ès reculant de pied ferme, et maintinrent libre derrière eux le passag^e du pont; un fort détachement fut en ee moment envoyé par le roi de Gastille au secours des deux Lassos, qui en avaient grand besoin, car Tun des frères, Garei^Lusso, était déji blessé, et se soutenait avec peine , bien qu'il ne Voulût pas quitter le cotnbat.

Cependam^Ve même qUe 1>. Juan Manuel et t). Juan Huflez de Lara, B. Aifonse Helende2 de Gui^man, grand mailre de Tordre de Saint- Jacques, n'avait pas voulu passer le Salado, et 11 faut croire que c'était, comme lès deux premiers, par d^autrês raisons que eelleâ qu'exprime la ehroni- <jue. Quand le roi arriva près d'éni et les eut vus ainsi arrt*

1^ m^XOlBS l>'a»Hà<JWE.

tés^il leqr donoa ordre de jse porter en aviaiit, etite. firent monvoir leurs bannières, passèrent le rio et entrèrent dans la bataille.que d'autres gens plus loyaux, au dire des historiens courtisans, soutenaient déjà. Ceux qui portaient leurs bannières prirent leur chemin autour de quelques collines, sana doute pour éviter les épais bataillons berbères qui enoombraient la vallée. Tous les soldats.de leurs compagnies les suivirent, croyant que c'était Tordre des chefs, et viarçat doniier dans la partie du camp d-AbouUEassan ou étaient ses femmes, gardées par un corps de Zénètes. Qeui-ci ne purent soutenir cette attaque inattendue, et firent un moavement rétrograde vers Tarifa- Ce fut alors que la vaillante garnisôp de la place prit par derrière le centrer des ennemis; ce centre se composait de trois mille chevaux et de huit mille fantassins, nombre triple peut- être de cel^i deaassaillans; ce mouvemept inattendu Tébranla ; il nç put soutenir le combat, et se dispersa dans les bois yoisins, non sans laisser un assez grand nombre de morts sur la place. . En ce moment le roi de Gastille passa le Salado avec sa bannière et ses menées. Pedro Ruiz Carrillo, qui portait l'étendard de Gastille^ coi>rut vers qn petit mont qui était devant lui, sans prendre garde qu'il laissait le roi en arriçre avec quelque chevaliers seulement. Les musulmans, dont le plus grand nombre était réuni dans cette vallée avec Aboul-Hassan, profitèrent de cet instant, et se portèrent contre le roi et le peu de chevaliers qui l'accompagnaient : la décharge de dards qu'ils , firent sur l'escadron royal fut terrible ; une flèche alla se planter à l'arçon de la selle d'Alfonse, qui, s'animant dans le péril, dit aux siens : «^ Frap[pe#les! ne suis je pas le roi Don Alfonse? Aujourd'hui, je verrai ce que valent mes fidèles, et ils verront, ê.ux, ce que je vaux. » Disant cela, il donna de réperon à son <*heval, et il allait se jeter dans la mêlée, quand l'archevêque de Tolède D. Gil Albornoz, qui fut tout ce jour là aux côtés du roi, l'en empècba, faisant

en cela la mène ^hose, disH)iit avec oompliyttanD&leç^faroDw quenrs, que cet antre archevêque de Tolède D.Bodrtgo Xi^ menez, à la bataille de las Navas, fit avec le roi Alfoase YIII. II saisit Jes réues du cheval, et lui dit : « Seigneur-, demeurez trauqyiHe, et ne mettez pas la^Gastille en pâril. Les Maures, seîgiieuf , sont à nons ; je m'en fie à la misérieorde^de DiQq, vous serez vainqueur aujourd'hui. » Au mèjne inPiant deseendaientde la colline les chrétiens qui avaient pris le camp dee Afri<iains, blessant et tuant «autant dennemis qu*il s*eft présentait devant eux. Les musulmans eommeneèrent dès ce moment à fuirde tous côtés vers la vilie d!Alg.é8fra^,.et le roi de Gastille à las poursuivre. La mémo chose firent dans les autres parties du champ de bataille les. chefs des troupes chrétiennes. Le champ allait se eouvrant^tl^ennemis morts*, et le Salado coulait teint de sang.

D'un autre côté et dans le même temps; combattait le rdi de Portugal contre le roi de Greiiade;- m^s la résiM^uce dm Grenadins fut moindre que celle des Africains. Après vm combat assez coprt, se déclara leur fuite vers Algésiras^ét ils se mêlèrent aux aotres- fugitifs. Les jd#iix. rois chrétiens 8'nnirent dans la poursuite de rennemi au bor4 du Guada]^ aiesi; leurs troupes traversèrent la petite* rivière, et captif Duèrent de doanerja chaise aux fuyards. Geux.qai teiour.u^ rent ou qui se perdirent dans cette célèbre bataille m^ntè-^ reat, dit-on, à deus cent mille ; exagération évidente. U e^ à croire que beaucoup.s'échappèrent par. des chemins détournés et se jetèrent dans le royaume de Grenade. Les prison-t niers aussi furent très nombreux, bien que leB auteurs n*en expriment pas le nombre ^ Parmi ces derniers était Abohamar (probablem^U Abou Amer), fils d'Aboul Hassan. C'était Je meilleur lancier (alrammah) de toute rarmée musulmane. Dans les tentes royales du camp africain les vainqu/eurs ti^-

1 Clir. dtl Rcy D. Alonso cl XI, 1. c.

1 70 nisfioiM D MpÀanifiw

refit jQMpi'à dei ftfHnnes et à des VBiin9».De ce aômbfte fimnl FafiiD«|tiIte dti re) de Tniiû et feitsme d'Aboul-Hassafl AU, utïB de see soeurs appelée MaimmUM^ el trois atftres femotn de ion bàrefti. Fathna était Id plus bodorée de tonte^ à tiii^ d'épooi^ etdetnère. Qaelqti^ autres femmes mnsahÉlaiKB el obrétteflues tûtm% aussi tuées^ et Ton mit à mort dcim di m fils eu bas âge <. Beaucoup d'autres feinmes feront faites prisonuièi'ea. On prit aussi un uèveu de rénrir, fils de son f#ère Ab<)u^Ali,qurâva)t été roi de Sedjelmesse : le roi de Ga»title les renvoya au Marocain plus tard, lom de la reddition d'Algésiras. Gelui-^ci et le Grenadin arrirèrent à Algésiras en** semble en fuyant^ comme lu nuit était presque tombée; mais ils ne s*jr arrêtèrent que peu dlostans, supposant que les chrétiens entrepreiiflrAleut aussitôt U siège de la place. Aboal" Hassan passa à Gibraltar, et le Grenadin à Marbella et de li à Grenade* L'émir africain poussait, dit^on^ des cris de tàge de sa défaite. Une, étrange crainte le tourmentait ausiâ. Il était laissé à Hai'ok son fils Abd^t'Babman, et il appréhendait que ce fils, atàbitieax et d'humeur entreprenante, ne e'emparèt de son royaume, si la nouveile'de sa déroute arritait atant lui-même en Afrique. Aussi ne se donna^t^l pas même ub instant de repos et 11 aurait TUuhi a'emfoarquer test de suite, mais il eraignit de tomber entre les moins de la £Mte cbnétienne. Il envoya plusieuro bateau)! en diveraes fois et de toitt côtés pour découtrir où était cette flotte, et Voyant Hbré le détroit, il entra dans nm galère avec une de ses fetamea et une partie de ses trésors qu'il atait laissés à Gibraltar, et débarqua sur la rite opposée avanC le jour.

Les antenne castillans accusent l'amiral aragMais Honcada d'aroir mal fait son dévoir en cette occaeion, et de n'aroir p0S en^pèché, e6mme il le poûyait f^ le deraît, disent<-ils, le monarque africain de repasser dans i^s états. Mate on sait qdé

^ Y mataroDle alll otrot do6 bijos que eraii moços pequenos ( tbid., 1. c. ).

cMt^mnis oniîrtttÉ. 17 f

é6B iKsiftttAtMtt^ sôift fAitiilièl^ë tax aMh (fa CdMHttn l^tfe éeui qui tiè fàiiréiiënt pBA ^Ker h fortune à ses désirs oti k née éhptiùeà. Moiièâda avait ordre, selon eux, dé Tciller à cela ttieax qail ne lé fit, dans Tintérét du roi à la siôlde duquel Ir était, bt gi Tëmir échappa, il eti fallait iitaputer U faute à Moti^ càdà et nOb &u roi. Le rOi don Alfonsè de GastiUe et dé Léoti, dit lu chronique, dès qu'il eut vu là nUlt venir, avait prèsséûti qué Viitûlr ittaroéaiti tenterait, cette Uuit-là lUême, de passer d*uné rivé à îautré, et il avait donné commânde- Ment 'exprès à Moncada dé veiller l^oignéusèment , pehdaUt tonte èetté nuit, à la garde du détroit; niais il né le fit point, aiôtité-l-éllé aitaërement, * bien que sa flotte fut armée aveé ihtgMi du îxi« de Gastitle <. « Abôul-Hassati trouva ainsi la mer ouverte 6 sainite, et le roi de Grenade put s'en aHer égaléinetit par nker à Itarbélla. Et ce né fut pas en cela sebletûent que l*aihiral aragonais se conduisit mal à Tégard du roi de GastiUe, èi V6û éU éroH le chroniqueur; le jour nfèmé de \û bataillé il ûe sortit point de sa galère, tli ne permit à péi^oûne de sa flotté dferdesceiidre à terré pour àidér lés chrétiens.

Quoi qu'il en soit, les rois dé Gastillè et de Portugal regagnèrent dans )a nuit leur camp , ttssis, coifnhe ou Va ▼u, près de la Pefla del Ciervo, d'où ils étaient sorti* lô ttàtin pour la bataillé. Ils |[)àssè^ent â tarifa lé jOdr snitant, 31 Octobre, et lé roi de Castllle fit réparer les murailles et relever leâ àtmenas de la tour dite de ])on Juan, étk partie ruitiées par les efforts des assiégeans. Le lendemain Mercredi de bonne heure, àtànt' qu'il partît de k*efla del CiérVO, il brma deux chevaliers appelés TuU Gonçalo ftuyi de làYega et Fautre^arci Gonçalez dé'Grijalva, parce que, dit la chronique, ils l'avident servi très bien dans la bataille4

* Y naloquiso hazer, aunquc toda aquella flota venia armada de k>s dinero» del reydeCastilla.

1)7!] HISTOORK D Jfi^PA^iSIJS;

Ce qai donnerajt à penser qae ceux.qiH s'y coiMloi^eat aa grjé du roi furçiit en bien peti^ nombre, ptivqu*!! en trouva si peu de dignes du même honneur, si Toti ne connaissait }!bumeur diffiLcile et le eaf actère ombrageiix du roi , giM donnait tout à la faveur et selou soii caprice du moment, par des cousidérations indépendantes de ia valeur personnelle des bommes, et ne se rapportant qu'à lui. Les. djsux rois se mirent de là en marche pour Se ville le même jof^Vx 1^' novembre. .Ce brusque dépari était, molivé, d'aprëâ la chronique, par le manque de subsi^ance3) et ce futJà ce qui empêcha de tenter au moins la prise d'Algésiras. On n'avait de vivres dan^ rarmjée des chrétiens que pour .quatre jours, et on eii avait besoin pour gagner Xérez où ils comptaient pouvoir en trouver. Avant spn départ? le Castillan parla, dit la chronique, à l'amiral Don, Pedro de Moncada^ et le pria de^ depiearer- quelque temps encqre à. la. garde du détroit avec les galères qu'il .commandait^ P^i^^iM^), après tout, <^es galères avaient été armées de spn argent à liii,ÂlfoQse. Le roi de CastUle sentait, cppme on voit, le prix des choses, et son chroniqueur insiste à plusieurs reprises sur le droit tput particulier quç lui donnait sur ces galères et sur cet amiral cette panicularité qu'il les payait; Alfonse voulait en avoir, comme on dit, pour son argent ^ \

La chronique d'Alfonse m.et en parallèle la victoire da Salado avec celle que remporta Alfonse VÏII de Castille sur le Miramolin, en 1212, danslçs ci>amps de las I^avasde Tçlosa^.EUe les tient toutes dpiix .pour i|iir8culeuses,et pour opérées par le secours divin. En effet, dit à, ce* sujet .un historien, coniment est-il possible qu'une telle multittide de

I Y los reyes fueron de alli para Sevilia, y antes que de alii parUessen hablo el de Castflla con don Pedro *de Moacada alsiirante deî rey de Aragon, y rogolie que pues aquella galeras venian armadas de susdineros, que estuviessen en la guarda de U roar por aigun Uempo (Ibid., c. 254).

'^ Voir e. 255.

CH>fVI*HE OPi KrÈlÉE. 1/3

Maures agaerifis et VaiUans^ eomme* ceux qui combattirent là, u'aient taé que si peu de chrétiens, le combat ayant dune plusieurs beufes? Si les anges n «valent fait jouer leur glaive eiterminateur^ .y aurak-il eu, dans l'armée du Christ, ass^ de bras pour tuer deux cents mille hommes sans succomber à'Iaiatigue? C'est I9, sans nul doute, une exagération ou de patriote ou de courtisan. Mais il n'en est pas moins certain qae^^ies pertes de^l'ennemi* furent consi^dérables, son armée dispense, ^ déroute comfdète; que le9 ôhrétiens combatliireut longtemps avec avantage dans les vallons qui sillonnent le contrefort du détroit, formé, comme on sait, d'une série de petites collines amoncelées comme les vagues d'une mer bonleuse, dans les obliques sentiers, dans les ravins étroits et sinueux qu'elles forment entr'elles, à leur base; que de tous côtés les lances, les épées et les flèches des Castillans et dés PoMugais y «battirent les musulmans par milliers; La chronique porte, en* fermes peu précis, le nombre de leurs morts au chiffre qu'on a vu plus haut, de deqx cents fois mille personnes (podian ser lo$ muertos mas de dozientas vej&BS mil persenas). Suivant le même auteur, Aboul-Hassan^ dès qu'il fut revenu à lui, envoya près du roi de Castilté un Génois pour s'informer de ce qu'il on était de ^es femmes et de ses fils, s'ils étaient morls'ou prisonniers, comme aussi des autres Maures notables dont il ignorait la destinée ; et ce Génois dit qu'Aboul-Hassan, ayant fait rechercher les tables sur lesquelles avaient été inscrits le^ noms de tous ceux qui avaient passé en Espagne aveclui^onavait trouvéqu'il manquait quatre cents fois mille personnes. Ils étaient passés en cinq mois et sur soixante galères, et ceux qui en. revinrent purent être reportés- en Afrique sur douze galères en quinze jourç '.

'• TaRta Boortai^d de Moros hizo majror çl pprlento y milagro de no haber onierto sino 15 6 20 crlstianos, disent les historiens castlUans modecnes. La ctironique d'AIfoDse dit les choses d'une façon plus simple, quel que soit son désk évident de les grossir : — Y Dios, que fue vencedor en esta santa lid, tuvd por bien que no.

i 74 HO^TOPi^ nj^^MW

YfÀQiOQBmwt l^Ar^Sm raçpntept à leur tpar Offite (91^ lèbre bataille. Nops Içs Iai69çr4)as parler e^cm^veioiïDLt ;

Les cbrétiens qui jétaieqt assiégés (dans Tarifa) V0jmnt çè^ que jpur s'augmeuier le camp jdes musalmans, et lear malr tituda innombrable couvrir les monta|raes et les plaiiieg* lis enToyèrent des lettres pour répéter à l^ui^B rois la prière de les secourir, tant au roi de €astUle qu'à celui de Portogid. Celui de Gastilie était alors dans la cité de5é?ilie ; il assembli aufisilôt ses troupes et tint avee une puismnte arvéïç ; ^pebM de Portugal i^int aussi airee nm oay^lerie efaoisie ; ces û»x tjtm armvèrent avec une multitude infinie, et quand ils parviAreii à Hijarayel S ils aperçurent le canip des musulmans, qui ^mr sitôt s'ébranla contre eui, caries éelairaurs avaient aruMiM^ l'approcbe^de Teunemi.Iies deux émn commaiidaieiit Uw» vaillantes troupes, et \&^ deu^L tyrans naogèr^nt Jleuni eseir drons pour le combat ; mais, comme ou ^ait 44}^*^ (^uieber dii so]eii,iI parot aux uns et au» autre» que m qt^ is«stttt de jour était trop peu ppur se livrer bafailte, rt ils ne voilaient pas que la nuit déjà proebftine vint m^tx» tr^ve 1^ lenns hostiles desseins ; en sorte que ce soîr-lè les loampéiadares 9P quittèrent point leura rangs ; que Ton ne permit poiat ^'allfif escar mouiÀer avec les ennemis , et que les deu^ ar m^P )9e criâgnnrent et se respectèrent mutuellement.On pfusa cette npH

iiiiirie«$fii am vmàt <pnfize 0 y^f^^e chriatfspos é^lo^d^(^ m^Ui. -r- |ls'ag^« coptine on Yoit, ^ulement de vingt chevaliers, c'est-à-dire de vingt chefs, de vingt personnages considérables, et le texte du chroniqueur laisse le champ libre à Tioterprétation relativenient au chiffre des soldats et des ehéfe obscurs tués dans la batafile.

— Quant au «biffre des pertes de renoemi, nous croyons c^ue le vérlta|»le .09 l'approchant, et c'est bien assez, se trouve dans ce passage de Villani, mentionnant cette victoire, très glorieuse après tout, dont le bruit était parvenu jusqu'à lui en Italie :

— Nel detto anno (1340), In cal«n di novembre, furono soonfitti i Saradni di Se^ta e dd altro paganesimO di Barberia e di Levante, ch' erano passât! di quà da mare Ui* numerabile quantità al soccorso di quelli di Granata, per lo buono re di Spagoa; • rimasene tra morti e- presi più di ventimilla cou molto Usatà e am^ di Saradai (GiovaniViU,l. xï,c. 119).

* La Roche du Cerf.

à jtttçjjdve iivéc impptienc^;, ayçç incertitnde et crainte Jfi yenne de Ymhç. jLes généraux doQoèrent leurs ordres ^m capitaines et Malides, et ceux-ci, dans leurs tentes, excitaient leurs trQupes au oombat, leur promettant la victoire si elles soutenaient «vec courage pt fermeté la sanglante lutte, A la Tenue de Tajibe i^t au moment pu le |our commençait à poindre, on f^tendit les trompettes desn^nnemis^ et la tçrre treipci];)!^ au fracas des tambours musulmans, pendant que le soq pAgçt i^ leJiJUeaet des cornets s^ confondait avec le bruit dut^hlil et du taKbir '. Entre les deu3^ camps coulait le Wadacelilo ; Içgs campeadpres cbrétiens s'avancèrent pour passer la rivière ; }^s vaiJUan^ ZanèjLes et Gp^iarea ainsi qne la cayaleri|P de Grenade accoururent à toute bride à }eur rencontré : les den^ armées engagèrent iç combat avec une valeur et une fermeté égdl^; mai^ au plus foirt de la sangligitQ b»t4ille x^mn^pcèpeut ^ se débander Qert^e3 kàbileb3 al^rabes, culbutées par lu cav^ilerie armée et couverte de fer qui les charge^, eu sorte qu'elle^ fu-^ rent mises et eu déroute et défaites par l^ ^un^mi$- J^a mém^ temps sortireut.de la cité les assiégés, qui s'empVèreutdu ^mp d'Aboul-Hassauy de son harem et de »e^ rlcbesse$, et au3i^t6t tons les A^aains abandonnèrent le champ de bataille que f^où" servèreut seuls m momeuteu^re les i^;}d4l9iU9 ico^pmaudés par Iwr émir Yous^uf , Celui-ci,yoyftnt la flpur de V^m^ ennemie charger sur les siens et les Afripaini^ fuir de Ibous côtés, commanda h ses enseignes de se replier en epfubattant vers Algésiras avant que toute Tarmée victorieuse lés

* Nous avons leu occasion <le <yre déjà ce que c'était que le tahlil et le tahbirj que des hérauts étaient chargés de répéter à haute voix dans les batailles, jusqu'à ee que Dieu eût fait Vamcre les siens, ou leur eût fait cueillir « la pakne du mar-* tyre. » — Le tahlil se di&ait prindpaleoieot au commencement d^ la bataiUe, ^qt )e takbir peQdaiit tout le temps qu'elle durait. Le tahlil consistait dans ces paroles : Il n'y a pas de force et il n'y a pas de puissance, si ce n'est en Dieu, en cet itre supréf/ie, en cet être ptùsm^' Et le talchlr 4ans jqçll^ç^pi : Pieu est gmndl Dieu esf grçLndl Û n'y 4 piM d*m4fe JPieu çue XHeu! Dj^v eft grm4l Pymf^ifrçind!

17<5 HISTOIRE I>*fiSl^AGl«E.

enveloppât, et c*est ce qu'ils firent, laissant de sanglantes traces de leur retraite. Aboul-Hassan se réfugia à Djébaltarik, et dans ce même funeste jour de la bataille il s'embarqaa et passa à Cebta. Cette cfufeHe bataille du Wad^celito eut lieu le lundi 9 de djoumada-el-awal de Tannée 741. Le champ demeura couvert d'afmes et de cadavres; œ fiit une mé^morable boucherie', et ce jour fatal passa en proverbe parmi les ennemis.

Les éclaireurs avertirent TémirYoussoufben Israael que les ennemis en multitude innombrable leur coupaient les passages de leur retraite ; il retourna donc à Grenade par mer, sur ses vaisseau)^, et débarqua à Xlmoune'Cab. Il y eut un grand deoil dans la cité parce que dans celte bataille avaient péri beaucoup de liobles grenadins, enfr'autres le principal cadî de l'Andalobsie, Abou-'Abdallah Mohammed El Askari. Après cette victoire le roi de Castille marcha sut* Calayaseb, ^assiégea et la battit afvec des machines, et ceux dé la cité intimidés se rendirent au roi Alfoose par capitulation, à condition que les habitàns sortiraient saufs. Priego et Benamexi se rendirent également par capitulation, car tout cédait à la fortune des -ennemis. L'année suivante les armes musulmanes furent également malheureuses ; les vaisseaux d'Afrique et de Grenade eurent, aux bouches du Wada-Menzil, une sanglante bataille contre ceiii des chrétiens ; les ennemis en brûlèrent un grand nombre, et les émirs qui commandaient la flotte périrent en combattant '.

De retour à Séville, les deux rois y, furent reçus proccssionnellement par le clergé el le j^eupîe, aux acclamations de la multitude, avec des cris et des pleufô de joie. Le butin qu'ils traînaient à leur suite était immense, quoique déjà

' Conde, hi« part.; c. 21. — Ebn cl Katheb, dans Casiri, t. n, rapporte les Wmes choses sivec moins de vagué redondance, il dit que le siège traîna en longueur ; qu;à l'arrivée des dirétiens la discorde se mit dans le camp des musnlmans,

Page 1